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Lettre du président Thomas au ministre Michael Tibollo concernant la santé mentale

Division de la sante mentale du SEFPO
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Suite aux commentaires du premier ministre Doug Ford concernant Zhebin Cong, un patient récemment enfui de CAMH, le président du SEFPO, Warren (Smokey) Thomas, a envoyé la lettre suivante à l’honorable Michael Tibollo, ministre associé délégué à la Santé mentale et à la Lutte contre les dépendances.

Le 25 juillet 2019

L’Honorable Michael Tibollo
Ministre associé délégué à la Santé mentale et à la Lutte contre les dépendances
77, rue Wellesley ouest
Toronto (Ontario)  M7A 1N3

Monsieur le ministre,

Rendant compte de la récente évasion de CAMH de M. Zhebin Cong, un éditorial du Toronto Star daté du 24 juillet citait les paroles du premier ministre : « On ne peut pas laisser des gens comme ça dans la rue. On les enferme et on jette la clé. » (traduction libre) L’éditorial poursuivait en soulignant que le premier ministre semble apparemment ne pas comprendre la notion de « non-responsabilité criminelle » et l’approche de notre système judiciaire concernant la possibilité de libération conditionnelle.

Monsieur le ministre, je ne doute pas que vous ayez récemment été nommé ministre associé délégué à la Santé mentale et à la Lutte contre les dépendances en raison, en partie, de votre longue expérience des problèmes de santé mentale. D’ailleurs, je crois comprendre que vous êtes candidat au doctorat en psychologie clinique. Vous avez déjà démontré votre approche logique face à la santé mentale en autorisant les médecins à rédiger des « ordonnances sociales », une mesure que j’applaudis chaleureusement.

J’ai moi-même été infirmier auxiliaire autorisé dans un établissement de santé mentale une grande partie de ma vie professionnelle. Ainsi, j’ai moi aussi quelques connaissances à ce sujet, et je suis choqué par la remarque du premier ministre sur NewsTalk 1010, y compris par le fait qu’il ait osé traiter M. Cong de « cinglé ».

Bien des gens ne comprennent pas qu’en raison d’une maladie mentale, certaines personnes peuvent faire des choses qui sont contraires à leur personnalité et, légalement parlant, ne pas être responsables de leurs actes. Certains estiment que la maladie mentale excuse les actes criminels et représente un moyen d’éviter une incarcération. Les remarques du premier ministre ne font qu’alimenter cette perception, qui elle-même augmente la stigmatisation et la discrimination liées à la santé mentale.

Et c’est pour cela que je vous écris aujourd’hui. En votre qualité de ministre associé délégué à la Santé mentale et à Lutte contre les dépendances, expert de la santé mentale et membre du barreau, que pensez-vous de tout cela et des commentaires du premier ministre enregistrés à la radio? Estimez-vous que la maladie mentale constitue une défense valable contre une accusation criminelle? Partagez-vous le point de vue du premier ministre, qui pense qu’on ne devrait pas accorder de libération conditionnelle aux personnes qui ont été placées en institution après avoir été reconnues criminellement non responsables? 

Dans l’attente de votre réponse, je vous prie d’agréer, Monsieur le ministre, l’expression de mes salutations distinguées.

 

Warren (Smokey) Thomas
Président, Syndicat des employés de la fonction publique de l’Ontario