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Lettre du président aux employés des Sociétés d'aide à l'enfance représentés par le SEFPO

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Chers amis,

En 2015, quelques jours avant les fêtes, la première ministre de l’Ontario, Kathleen Wynne, nous a tous et toutes surpris en annonçant qu’elle ferait tout en son possible pour réparer le système de protection de l'enfance en Ontario, même si cela signifiait de le faire « exploser ». La première ministre donnait suite aux conclusions du rapport de la vérificatrice générale sur la protection de l'enfance en Ontario.

Les préoccupations de la vérificatrice générale de l’Ontario, Bonnie Lysyk, concernaient les problèmes systémiques auxquelles font face les Sociétés d’aide à l'enfance (SAE). Madame Lysyk a déclaré que le SAE ne répondaient pas aux normes ordonnées par le ministère en ce qui concerne les rapports, les visites et les enquêtes. Elle a déclaré que de nombreux dossiers étaient fermés trop tôt. Elle a encore dit que les fonds attribués aux SAE pourraient être utilisés à meilleur escient pour fournir des services directs aux enfants et à leurs familles. 

Ces conclusions ne nous ont pas surpris. Les membres du SEFPO dans les Sociétés d’aide à l’enfance nous disent qu’ils croulent sous la paperasserie et n’ont que peu de temps à accorder aux familles et aux enfants.

Le problème est que les intervenants en protection de l’enfance font face à une restructuration soutenue depuis plus d’une décennie. Des changements ont été apportés aux mécanismes d’établissement des rapports, aux systèmes informatiques et aux exigences documentaires. Si le système exige plusieurs heures de déplacement et de formalités pour chaque heure directe consacrée aux clients, il est évident que les SAE doivent embaucher davantage de travailleurs pour faire en sorte d’accorder plus de temps aux clients.  

Le SEFPO essaie de le faire comprendre au gouvernement depuis des années. Une restructuration en l’absence d’un financement substantiel et d’une augmentation des effectifs ne fait que nous jeter de la poudre aux yeux, ou pire encore, sert de camouflage au sous-financement. Nous l'avons dit en 2012 devant la Commission de promotion de la viabilité des services de bien-être de l’enfance du gouvernement. Nous continuerons de prôner cette notion auprès de la ministre des Services à l'enfance et à la jeunesse actuelle, Madame Tracy MacCharles. 

Si la première ministre est sérieuse en ce qui concerne l’amélioration des services de protection à l’enfance, elle ferait bien de commencer par écouter ceux et celles qui fournissent le service et les groupes qui travaillent en vue d’éliminer les inégalités croissantes. Nous demandons à la ministre de mettre sur pied un groupe de travail communautaire compris d’intervenants en protection de l'enfance, d’enseignants, de conseillers des Premières Nations, d’organismes de lutte contre la pauvreté, de groupes de défense contre la violence conjugale, de travailleurs en santé publique et en santé mentale et de conseillers en logement, afin de recommander les réformes nécessaires au renouvellement du système de protection de l’enfance en Ontario. 

Les intervenants en protection de l'enfance sont souvent considérés comme des personnes vraiment spéciales, qui rendent un service que bien d’autres refuserait de rendre. Et pourtant, les enfants et les familles aux prises avec le système de la SAE sont nos voisins. Votre travail nous rappelle que la protection de l’enfance devrait être une responsabilité communautaire, que les parents ont une meilleure chance de réussir avec leurs enfants s’ils vivent dans des logements décents, gagnent un salaire suffisant et ont accès à des garderies, programmes de loisirs et services de santé mentale de qualité.  

Si la première ministre veut faire une différence dans la vie de nos enfants, il serait bon qu’elle prenne le temps d’écouter les intervenants en protection de l'enfance, afin de tenir compte de leur expertise. Tout d’abord, il faut verser de vrais dollars dans les services directs aux clients. Ensuite, le gouvernement doit aborder les problèmes de marginalisation et de pauvreté; sinon, certains enfants courront toujours un grand risque de tomber dans les filets de l’aide à l’enfance.

Si Kathleen Wynne tient tant à restructurer le système, il faut qu’elle l’édifie, pas qu’elle le démolisse. Et la première chose à faire est d’écouter les intervenants en protection de l'enfance dévoués et attentionnés qui défendent les enfants dans notre province.

Solidairement,

Warren (Smokey) Thomas
Président, Syndicat des employés de la fonction publique de l'Ontario