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Un examen sur l’isolement pour nous jeter de la poudre aux yeux

Toronto – Le Syndicat des employés de la fonction publique de l'Ontario (SEFPO) réagit avec scepticisme à l'annonce, aujourd'hui même, du ministre des Services correctionnels, David Orazietti, de la nomination d’un examinateur de l’extérieur pour étudier le recours à l’isolement dans les établissements correctionnels pour adultes en Ontario.

Monte Vieselmeyer, président de la Division des services correctionnels du SEFPO, a déclaré que ce que le ministère veut étudier est déjà connu du personnel de correction. Le problème tient vraiment du manque de ressources, selon lui.

« Ça fait des années que nous disons au gouvernement que nous avons besoin de plus d'espace. Nous demandons des fonds et des ressources supplémentaires pour les personnes qui ont des problèmes de santé mentale, parce qu’elles devraient recevoir un traitement approprié plutôt que passer plus de temps en prison. »

« Ils n’ont pas besoin d’un examen indépendant pour l’apprendre », a déclaré Monsieur Vieselmeyer, un agent correctionnel au Centre de détention Toronto Sud. « Nous leur l’avons déjà dit et ils continuent de nous ignorer. Mais maintenant, le gouvernement commence à sentir la pression de certains groupes communautaires, alors il veut au moins avoir l’air de faire quelque chose, quand en fait, il dissimule des années de négligence. »

On isole un détenu pour quatre raisons principales, a déclaré Monsieur Vieselmeyer : problèmes de santé mentale, problèmes de santé, raisons administratives et besoin de discipline.

« Le gouvernement se concentre exclusivement sur le motif de discipline, qui est en fait celui pour lequel on recourt le moins à l’isolement », a-t-il dit. « En réalité, nous n’avons tout simplement pas l’espace nécessaire pour garder les détenus isolés pendant de longues périodes de temps pour des motifs de discipline. La plupart des cellules d'isolement sont occupées pour d’autres raisons. On finit généralement par réduire les sanctions disciplinaires pour permettre à quelqu’un d’autre d’être isolé pour motif de discipline, créant ainsi un va-et-vient continuel. Le précepte même de maintenir la peine d’isolement à moins de 15 jours n'est rien d’autre qu'une diversion.

Warren (Smokey) Thomas, président du SEFPO, a déclaré que l'examen pourrait être utile s’il encourageait enfin le gouvernement à écouter le personnel correctionnel de première ligne et à donner aux agents de correction les moyens nécessaires pour faire leur travail de façon appropriée.

« Mais après des années de famine dans nos systèmes correctionnel et de santé mentale, ce n’est pas de discours dont nous avons besoin, nous avons besoin d’action : un investissement substantiel soutenu afin de construire des infrastructures et d’embaucher plus de personnel. C’est facile d’adopter des règlements, mais quand ils sont impossibles à appliquer, cela tient vraiment de l’illusion. Et je pense qu’il est temps d’arrêter de rêver et de commencer à agir. »

Pour plus d’information : Monte Vieselmeyer, 705-627-1942

Connexe : Page d’index Services correctionnels en état de crise