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Déclaration du président du SEFPO, Warren (Smokey) Thomas, sur la désaffiliation d'Unifor et du CTC

OPSEU President Warren (Smokey) Thomas
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Chers amis du SEFPO,

Je suis fort préoccupé par la récente décision d’Unifor de quitter le Congrès du Travail du Canada (CTC).

Une telle décision peut déchirer le fondement même du mouvement syndical à tous les niveaux, et en particulier au niveau de la solidarité des travailleurs.

Le SEFPO est affilié au CTC par son adhésion au Syndicat national des employées et employés généraux du secteur public (SNEGSP). Notre confrère Larry Brown est notre président national et c’est grâce au SNEGSP que nous participons aux affaires du Congrès du travail du Canada, lequel compte 3,3 millions de membres.

Le CTC a été fondé en 1956 par des leaders avant-gardistes qui avaient en tête de défendre les intérêts des travailleurs canadiens. Il se fonde sur un profond sentiment d’organisation et d’équité.

On trouve des différences d'opinion dans n’importe quelle organisation politique. C’est une bonne chose. Par contre, agir unilatéralement pour enfreindre les règles ne l’est pas.

Au cœur de ce désaccord se trouve l’Article 4 de la constitution (statuts) du CTC, laquelle établit les règles de base concernant le droit des travailleurs de quitter leur syndicat pour en joindre un autre. Comme avec toute constitution, c’est au président qu’il incombe d’en interpréter les règles. À mon avis, dans la récente dispute entre la section locale 75 d’UNITE HERE et Unifor, le président Yussuff a correctement interprété les règles.

On se rappellera toutefois que dans tout conflit, il existe au moins deux points de vue.

Essayer de s’accaparer les membres d’un autre syndicat est la plus grande infraction qui soit, car notre mouvement est fondé sur l’unité et exige la solidarité.

Et ignorer les préoccupations du plus grand syndicat du secteur privé au Canada est tout aussi maladroit.

Aussi, déclencher une guerre fratricide entre syndicats est contraire à la logique.

Souvenez-vous que même si nous pouvons être des concurrents, nous ne devons pas devenir ennemis. Nous sommes confrères et consœurs et, en bout de ligne, notre objectif doit être de voir progresser les droits des travailleurs et d’organiser les travailleurs non encore syndiqués, plutôt que de redistribuer la donne.

Je suis d’avis que notre confrère Dias a soulevé quelques points intéressants sur l’état de notre famille syndicale canadienne et lui et son syndicat méritent certes d’être entendus.

Je le dis souvent, il y a toujours moyen de transformer une situation périlleuse en une occasion de faire mieux et comme avec la plupart des crises, ensemble nous pouvons y arriver.

Mes amis, le SEFPO et le SNEGSP occupent une place unique pour jouer un rôle de premier plan en aidant le CTC et Unifor à trouver un terrain d’entente. Le SNEGSP s’est beaucoup impliqué, dans le passé, pour apporter des changements à la constitution du CTC. Les changements qui ont découlé de ces efforts m'ont convaincu qu’il est possible aujourd’hui de résoudre ce problème.

Et c’est pourquoi la semaine dernière, j’ai accepté de rencontrer mon confrère Dias à Montréal, puis mon confrère Yussuff, afin d’essayer de mieux comprendre la situation et de faire notre part pour favoriser la conclusion d’une entente entre toutes les parties.

J’ai été heureux de voir que les parties ne manquent pas de bonne volonté pour couvrir toutes les préoccupations. Il n’est pas encore certain que nous puissions sortir de l’impasse, mais les dirigeants doivent s’engager à essayer. Pour cela, je demande à tous les dirigeants de garer leurs griefs, de s’asseoir à la table pour régler leurs différends et de trouver un moyen de parvenir à un consensus.

Ça va être difficile. Pour commencer, Unifor va devoir s’engager à abandonner tout projet quelconque de maraudage. Je crois qu’un comité d’examen de la constitution devra être établi.

La bonne volonté doit prévaloir. Et il faudra que tout le monde retrousse ses manches.

Le mouvement syndical s’enorgueillit chaque jour de négocier de nouvelles ententes. Ce conflit doit être résolu dans cet esprit.

Et je termine avec quelques mots typiquement prononcés au SEFPO. Serrons-nous les coudes. Parce qu’ensemble, rien ne peut nous arrêter!