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Déclaration du président Thomas à l’occasion de la Journée nationale de commémoration et d'action contre la violence faite aux femmes, le 6 décembre

National Day of Remembrance and Action on Violence against Women Dec 6
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C’est un jour que les Canadiens n’oublieront jamais : le 6 décembre 1989. Ce jour-là, il y a 29 ans, un homme est entré dans l’École polytechnique de Montréal et a assassiné 14 étudiantes en génie, simplement parce qu’elles étaient des femmes. Cette attaque brutale et insensée, qui a souvent été appelée le massacre de Montréal, fut un véritable avertissement pour le pays : il était urgent d’agir pour mettre fin à la violence fondée sur le sexe. Force est de constater que cette action doit se poursuivre aujourd’hui.

Si beaucoup de choses ont changé durant ces 29 dernières années, la violence fondée sur le sexe est encore très répandue – dans notre pays, dans notre province et dans toutes nos communautés. La violence envers les femmes est une question de droits de la personne qui transcende les frontières et qui frappe nombre de femmes dans leur propre maison. C’est la raison pour laquelle nous devons continuer à honorer, chaque année, la mémoire de ces 14 jeunes femmes assassinées.

C’est pourquoi les mouvements tels que #MeToo et Time’s Up jouent un rôle primordial aujourd’hui. Ils nous ont également montré qu’il nous reste encore beaucoup de travail à faire pour mettre cette question au centre des débats et faire tomber les barrières auxquelles font face les survivantes de la violence.

La violence contre les femmes n’est pas un événement qui se produit « ailleurs » que chez nous. Dans la seule province de l’Ontario, 53 femmes sont mortes à la suite d’un fémicide entre janvier et août 2018. Des milliers de femmes et de jeunes filles autochtones ont été assassinées et ont disparues dans notre pays. C’est pourquoi nous réclamons justice pour toutes nos sœurs.  

Nous savons que nous sommes confrontés à des forces puissantes et destructrices, mais nous devons nous opposer à toutes les formes de violence envers les femmes. Nous ne devons pas baisser les bras face aux dirigeants élus qui alimentent la peur et la haine. On ne doit laisser aucune place à l’idéologie d’extrême droite. Nous avons le devoir d’agir et ce devoir inclut tous les hommes du SEFPO : si vous voyez quelque chose, dites quelque chose.

Cette année, bon nombre d’entre nous ont entendu le mot « incel »  pour la toute première fois. Il s’agit d’une communauté de « célibataires involontaires », connue pour sa haine des femmes. L’attaque au camion-bélier, qui a eu lieu à Toronto, nous a malheureusement rappelé que les théories misogyniques ne sont pas simplement dépassées et malavisées, mais également dangereuses.

En cette journée, nous avons l’occasion non seulement d’honorer la mémoire de toutes les victimes de la violence fondée sur le sexe, mais également de réitérer notre appel à l’action, à la justice, à l’équité et à l’égalité. Nous avons parcouru un long chemin, mais nous ne devons pas reculer.

Avec Doug Ford comme premier ministre, c’est un risque que nous courons. Les mesures de son gouvernement – et son inaction – ont déjà un impact négatif sur les femmes et les filles, à l’instar de l’abrogation du programme d’éducation sexuelle, qui mettait l’accent sur le consentement, de la refonte de la législation sur les normes du travail et de l’abandon du comité d’experts voué à contrer la violence à l’égard des femmes. On s’inquiète également de plus en plus pour les centres d’aide aux victimes d’agression sexuelle qui pourraient bien être les victimes du couperet de Ford, alors que leurs services sont en forte demande.

Vingt-neuf ans après, il nous reste encore un long chemin à parcourir. Plus de sept millions de femmes et de filles vivent en Ontario, y compris 70 pour cent des membres du SEFPO. C’est pourquoi nous devons être vigilants pour combattre les racines même de la misogynie. Sans justice, il ne peut y avoir de paix.

L’anniversaire du massacre de Montréal est une occasion importante pour le mouvement syndical et nos communautés de s’unir durant 16 jours d’action afin de combattre la violence fondée sur le sexe, démanteler les normes sexistes et remodeler tout le discours.

La famille du SEFPO est solidaire. C’est la raison pour laquelle nous dénoncerons et condamnerons ensemble la violence envers les femmes.

En toute solidarité,

Warren (Smokey) Thomas
Président du SEFPO