Skip to content
1400-200_300dpi_insol.jpg

Racisme systémique : essayer de donner du sens à tout cela

enSolidarite
Share on facebook
Share on twitter
Share on email

Quand vous entendez parler de « racisme systémique », à quoi pensez-vous? Parce qu’ils n’y ont jamais été confrontés eux-mêmes, beaucoup de gens doivent y réfléchir après coup. Malheureusement, pour nous, les membres des communautés racialisées, les Noirs en particulier, le racisme systémique est une pandémie à laquelle nous sommes confrontés depuis des générations.

Remarquez que j’ai employé le « nous », car je suis une personne racialisée. On m’a répété toute ma vie que rien n’est impossible quand on travaille avec acharnement et persévérance. Ce n’est pas tout à fait vrai, mais j’en reparlerai un peu plus loin.

Le SEFPO a organisé récemment une télétribune pour ses membres afin qu’ils puissent mieux comprendre ce que nos consœurs et confrères racialisés vivent au quotidien dans leur vie personnelle et professionnelle. Le panel était composé de membres et d’employés du SEFPO qui ont été aux prises avec les effets du racisme systémique et qui ont agi pour le combattre. Deux séances étaient organisées durant lesquelles les membres ont posé des questions et les panélistes ont parlé de ce que les membres et le SEFPO peuvent faire pour manifester leur solidarité envers les membres racialisés.

Honnêtement, en tant que Noir, je n’attendais rien de particulier de cette télétribune. Je pensais que le SEFPO posait un bon geste afin que ses membres disposent d’une plate-forme pour exprimer leur opinion sur un sujet qui frappe la communauté noire depuis toujours. J’ai compris que certains membres racialisés ressentent un profond sentiment de déception et de frustration, parce qu’ils ne sont jamais sentis véritablement inclus.

Après la télétribune j’ai discuté avec un président de section locale et un membre du Conseil exécutif pour avoir leur point de vue. Pour des raisons de transparence, je tiens à préciser que ces deux membres sont blancs, mais qu’ils se sont battus pour faire en sorte que nos membres racialisés ne soient pas laissés pour compte. Ce que j’ai retenu de ces conversations – et certains des panélistes y ont fait allusion –, c’est que les membres doivent s’impliquer davantage dans le fonctionnement du syndicat.

Que l’on me comprenne bien. Dire qu’il suffit de s’impliquer est une chose, mais j’ai constaté que les membres n’ont pas reçu assez d’appui pour accéder à des postes et amener un véritable changement dans notre inclusion au SEFPO. Cela fait écho à ce que je disais en introduction au sujet de l’acharnement et de la persévérance. Même si on travaille d’arrache-pied, lorsque vient le temps de joindre le geste à la parole, on s’aperçoit que le statu quo s’est encore imposé. Les politiques organisationnelles, en aucun cas exclusive au SEFPO, empêchent historiquement tout changement important. C’est un problème sociétal qui a été à nouveau mis en lumière en raison de tout ce qui s’est passé avec la COVID-19 et la violence policière.

Voici la question la plus délicate : les Noirs ne cherchent pas un passe-droit. Nous voulons être traités comme le reste de nos pairs. Cela a toujours été et sera toujours le but. Je comprends les enjeux politiques et je ne veux pas qu’on me donne un poste en raison de la couleur de ma peau. Je veux le poste parce que les gens avec qui je travaille savent que je suis capable d’assumer les responsabilités du poste.

Mon impression est que la Région 5, qui est composée des membres les plus divers du SEFPO, a toujours été perçue comme celle qui ouvre la voie en ce qui concerne l’inclusion accrue des membres racialisés. Mais qu’en est-il des autres régions ? Encore une fois, je ne pointe personne du doigt. Les membres racialisés s’interrogent légitimement sur cette question depuis des années. Je comprends que nombre de membres des minorités visibles vivent dans les régions plus urbaines de la province, mais cela ne devrait pas dissuader les membres racialisés des régions rurales à chercher à prendre les choses en main dans leurs sections locales et régions respectives. Il s’agit malheureusement d’un exemple de notre propre racisme systémique auquel nos membres font face tous les jours.

Je suis délégué syndical en chef de ma section locale. J’ai travaillé d’arrache-pied pour obtenir l’appui et la confiance des membres de ma section locale, mais il y a encore des jours où j’ai le sentiment que c’est toujours insuffisant. Lors des réunions avec des membres ou des employeurs, j’ai l’impression qu’ils remettent en question ma connaissance de la convention collective et mon niveau de formation pour répondre correctement à leurs préoccupations avec l’employeur. Parce que je suis noir, je n’ai pas droit au « bénéfice du doute » – un peu comme si les gens s’attendaient tout le temps à ce que je foute tout en l’air. Mais je continue d’aller de l’avant, parce que c’est ce que nous, les Noirs, avons appris à faire. Il s’agit malheureusement d’exemples de racisme systémique avec lequel nos membres vivent tous les jours.

Si vous souhaitez partager vos idées avec moi, n’hésitez surtout pas à me contacter. Ayons quelques conversations difficiles car c’est la seule façon de changer les choses pour le mieux.

Très cordialement et solidairement,
Michael Hamilton
mikeham088@gmail.com