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La fin d'une époque

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Joe Grogan, membre retraité, Région 5 du SEFPO

Des décennies de coupes dans le système de santé public de l’Ontario

Tout au long de ma vie, et en particulier depuis le début des années 1990, les gouvernements de l’Ontario, conservateurs et libéraux, ont eu la responsabilité de la restructuration de notre système de santé. Ils ont privatisé des parties toujours plus importantes du système de santé public et universel, faisant valoir que la communauté d’affaires pouvait faire les choses plus efficacement.  À cause de ce modèle qui vise à faire plus avec moins, certains établissements, tels que les foyers de soins de longue durée, ont adapté le modèle du secteur privé.  Le résultat a été que les employés, en particulier le personnel infirmier, les préposés aux soins, les commis, le personnel d’entretien et les médecins itinérants ont été beaucoup moins payés.

Au lieu de faire en sorte que les soins de santé soient une partie intégrante du filet de sécurité sociale que nous avons tous contribué à édifier grâce à notre travail et à nos impôts, de nombreux hôpitaux et foyers pour aînés ont adopté les valeurs et objectifs du secteur privé en exploitant leurs établissements avec une approche fondée sur le rendement. Bien qu’ils soient les gestionnaires d’établissements qui font partie du secteur public, ils les gèrent comme une entreprise. Les résidents deviennent des numéros qui doivent être traités aussi rapidement que possible. Les résidents et les membres du personnel ressentent souvent des sentiments de dépersonnalisation. Certains opportunistes considèrent de ce fait que les foyers de soins de longue durée sont une industrie en croissance pour le secteur privé.  Le résultat est que le profit l’emporte sur tout – les soins, le service, les inspections sommaires et les gouvernements faibles.

Les politiciens et leurs responsabilités

Le premier ministre Ford a fait, à bien des égards, un travail louable dernièrement pour obtenir plus d’équipement – des masques et des blouses pour faire face à l’épidémie de la COVID-19.  Il faut souligner que les problèmes qui frappent notre système de santé sont antérieurs à son administration.  Mais une fois élu en 2018, son approche a consisté à poursuivre les attaques contre le secteur public, et souvent contre les travailleurs, à annuler les augmentations nécessaires au salaire minimum, à sabrer dans les programmes de réduction de la pauvreté, à réduire le nombre d’inspecteurs en vertu de la Loi sur les normes d’emploi et à proclamer l’Ontario comme « Ouvert aux affaires ».  Sa politique reflète sa vision patronale et sa mentalité d’homme d’affaires.  Nous savions pourtant tous que les résidents des foyers de soins de longue durée et les patients des hôpitaux seraient extrêmement vulnérables en cas de pandémie.  Bien que nous éprouvions aujourd’hui tous de la honte pour les centaines de morts dans nos foyers de soins infirmiers, les politiciens, à tous les paliers, portent une bien plus lourde responsabilité. Ils contrôlent le financement de ces établissements.  Notre propre honte devrait être d’avoir accordé une majorité à Doug Ford.

Joe Grogan/prof. retraité, Collège Humber, de 1969 à 2003/Schools of Business and Liberal Arts