Cercle Des Autochtones

La première Journée nationale de la vérité et de la réconciliation : Un pas en avant

Chaque enfant compte
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Ce 30 septembre marque la première Journée nationale de la vérité et de la réconciliation à travers le Canada; une journée pour réfléchir à l’héritage colonial et génocidaire des pensionnats pour Autochtones et pour s’engager vers la réconciliation.

Le Parlement a adopté une loi plus tôt cette année pour instaurer un jour férié fédéral le 30 septembre; c’est l’un des 94 appels à l’action qui figurent dans le rapport final de la Commission de vérité et réconciliation. Depuis 2013, le 30 septembre est également connu comme la Journée du chandail orange – une journée qui vise à sensibiliser le public à la maltraitance des enfants et aux crimes commis dans les pensionnats pour Autochtones.

Sous le couvert de l’éducation, des centaines de milliers d’enfants des Premières Nations, des Inuits et des Métis ont été arrachés à leur famille pour être placés dans des pensionnats pour Autochtones. Les enfants autochtones ont été forcés à s’assimiler et tout a été fait pour éradiquer leur identité.  En détruisant leurs cultures et langues, ces institutions ont en définitive volé leur vie et esprit.

Les enfants et les petits-enfants des survivants des pensionnats continuent de subir un traumatisme intergénérationnel. Cela se produit lorsque le traumatisme causé par une oppression historique est transmis d’une génération à l’autre.

Pendant plus d’un siècle, le gouvernement canadien a appuyé le système des pensionnats pour Autochtones qui coupait les enfants autochtones de leurs familles et communautés. Le gouvernement fédéral, l’Église catholique et d’autres églises, en tant qu’administrateurs du système des pensionnats, ont commis un génocide. Des générations d’enfants, ceux qui ont survécu, ont quitté ces institutions et sont retournées dans leurs communautés sans avoir les connaissances, les compétences ni les outils nécessaires pour faire face à ces deux mondes. Aujourd’hui encore, ces survivants continuent de vivre avec les effets de leur institutionnalisation dans les pensionnats.

Depuis la découverte des premières tombes non marquées au pensionnat pour Autochtones de Kamloops, en Colombie-Britannique, les communautés autochtones, les survivants des pensionnats et leurs familles ont été traumatisés et confrontés au chagrin et à la douleur de cette terrible vérité.

Bien que ces « découvertes » aient choqué nombre de personnes, elles confirment la vérité que beaucoup connaissent depuis des générations. Il s’agit de la même vérité que la Commission de vérité et de réconciliation a entendue directement de la bouche de plus de 6 500 témoins.

Il ne s’agit pas d’une histoire ancienne que nous pourrions simplement dépeindre comme une page sombre du passé. Le dernier pensionnat pour Autochtones a fermé ses portes en 1996 au Canada. Il y a seulement 25 ans.  Nous devons employer les mots qui conviennent pour en parler : il s’agit d’une violation flagrante des droits humains et d’un génocide des premiers peuples de notre pays. En tant qu’alliés, que colons et que résidents de cette terre, nous avons toutes et tous une responsabilité.  Nous devons apprendre, comprendre et accepter la vérité, puis nous engager véritablement sur le chemin de la réconciliation.

Le chemin n’est pas facile. Bien que cette journée réponde à l’une des recommandations du Rapport de la Commission de vérité et réconciliation, nous devons continuer à observer concrètement et entièrement notre engagement.

Plus tôt cette semaine, le Cercle des Autochtones a organisé un forum virtuel pour commémorer les survivants et les victimes des pensionnats et souligner la première Journée nationale de la vérité et de la réconciliation.

L’OPSEU/SEFPO continue à faire pression sur le gouvernement de l’Ontario  pour qu’il reconnaisse cette journée comme un jour férié provincial. Dans cet esprit, et comme un premier pas en avant, le personnel de l’OPSEU/SEFPO bénéficiera de ce jour de congé pour apprendre, réfléchir et rendre hommage aux victimes qui ont été frappées par cette injustice.

L’OPSEU/SEFPO continue résolument de renforcer son partenariat avec tous les membres autochtones, leurs familles et leurs communautés dans leur quête de justice, de vérité et de réconciliation. Nous réitérons notre engagement à appuyer les principes énoncés dans la Déclaration des Nations Unies sur les droits des peuples autochtones au Canada.  Nous appuyons les 94 appels à l’action qui figurent dans le Rapport de la Commission de vérité et réconciliation du Canada et nous continuerons d’exhorter tous les ordres de gouvernement à faire leur part.

Pour reprendre les mots du Juge Murray Sinclair : « Le chemin que nous parcourons revêt autant d’importance que la destination que nous cherchons à atteindre. Il n’y a pas de raccourcis. Lorsqu’il s’agit de vérité et de réconciliation, nous devons parcourir toute la distance. »

En toute solidarité,

Warren (Smokey) Thomas, président de l’OPSEU/SEFPO
Eduardo (Eddy) Almeida, premier vice-président/trésorier de l’OPSEU/SEFPO
Krista Maracle, présidente du Cercle des Autochtones de l’OPSEU/SEFPO

Pour en savoir plus :

https://www.sefpo.org/news/justice-for-215-indigenous-children-and-all-survivors-of-residential-schools/123090/

https://www.sefpo.org/news/grave-reckoning-this-indigenous-month-and-indigenous-peoples-day/124548/

https://www.sefpo.org/news/opseu-sefpo-is-horrified-by-another-mass-grave-near-a-residential-school/125394/

https://nctr.ca/a-propos/histoire-de-la-cvr/site-web-de-la-cvr/?lang=fr