SEFPO Coalition des traveailleurs racialises

La lutte contre le racisme marque le pas

La Direction générale de l’action contre le racisme (DGAR) a tenu sa première réunion communautaire à la fin du mois de juillet afin de recueillir des idées en faveur de l’action contre le racisme systémique dans l'ensemble de la province. Des membres du Caucus des gens de couleur du SEFPO ont assisté à cette réunion au Daniels Spectrum à Regent Park où plusieurs centaines de participants, y compris de nombreux militants syndicaux et communautaires, étaient rassemblés dans plusieurs salles pleines à craquer et même à l’extérieur, dans la cour.

La première ministre Wynne, Michael Coteau (ministre des Services à l'enfance et à la jeunesse et ministre délégué à l'Action contre le racisme), Mitzie Hunter (ministre de l'Éducation), David Zimmer (ministre des Relations avec les Autochtones et de la Réconciliation), le maire John Tory, plusieurs autres ministres du cabinet et des conseillers municipaux et scolaires ont assisté à cette première réunion communautaire publique.

« J'ai été profondément touché par l’émotion sincère qui se dégageait de l’auditoire », a déclaré Peter Thompson, le président du Caucus des gens de couleur. « Il est important qu'un si grand nombre de personnes soulignent la tradition de résistance qui a toujours existé dans les communautés racialisées – lutte politique, lutte syndicale, lutte sociale – tout en ayant le courage de dire la vérité aux personnes qui détiennent le pouvoir et de questionner les années d’inaction et de déni des gouvernements quand il s'agit de prendre des mesures pour combattre le racisme envers les populations noires et autochtones. »

« La première ministre Wynne et le ministre Coteau doivent montrer qu’ils ont la volonté de lutter contre le racisme envers les populations noires et autochtones et l'islamophobie. Nous devons lutter contre toutes les formes de racisme à la source, a déclaré Hayton Morrison, le président du Caucus des gens de couleur pour la région 5. Nous devons cesser d’esquiver les véritables enjeux. »

Plusieurs personnes de l’auditoire ont demandé un mandat clair et des pouvoirs législatifs pour la Direction générale de l’action contre le racisme afin qu’elle contribue à :

  • La création d’un secrétariat de lutte contre le racisme en Ontario et une direction des affaires africaines-canadiennes

  • Le rétablissement de l'équité en matière d'emploi dans l'ensemble de la province afin d'accroître la représentation des employés autochtones et noirs dans les gouvernements fédéral et provincial (y compris pour les processus de recrutement et sélection à la DGAR)

  • La collecte de données subdivisées sur les races dans les institutions gouvernementales

  • L’élimination de la pratique du fichage et du profilage racial

  • Des enquêtes sur le racisme dans toutes les agences et institutions gouvernementales telles que les services correctionnels, la Société d'aide à l'enfance et les conseils scolaires

  • La mise en œuvre des recommandations du rapport de la Commission de vérité et réconciliation

  • La lutte contre la pauvreté, les disparités économiques et la précarité de l'emploi qui frappent les communautés racialisées en Ontario

 « La DGAR doit disposer des moyens nécessaires pour lutter efficacement contre les diverses formes de discrimination qui touchent les communautés racialisées – la sur-représentation des populations noires et autochtones dans les prisons et l’apartheid économique qui font que ces communautés vivent dans des conditions de dénuement total », a indiqué Peter Thompson. « Il y a déjà des études importantes sur la discrimination raciale dans le système de justice pénale et les recommandations du rapport de la Commission de vérité et réconciliation. »

« Les mesures concernant l’équité en matière d’emploi dans l'ensemble du gouvernement sont extrêmement importantes, mais il faudra plus que la sélection d'un ou de cinquante employés racialisés de plus pour mettre fin à l'inégalité raciale systémique. Il faut plus que réparer les années d’injustice pendant lesquelles on nous a refusé des opportunités et des droits fondamentaux », a déclaré Morrison.

L’auditoire a également été préoccupé par l’annonce du ministre Coteau qui a déclaré que la DGAR aurait un budget restreint de 5 millions de dollars et un personnel de 32 personnes pour évaluer les systèmes gouvernementaux et lutter contre le racisme systémique dans l'ensemble de la province.

Une annonce qui a provoqué la colère des personnes présentes : « Des clopinettes! Madame Wynne, on a déjà un problème, comme vous pouvez le voir, s'écrièrent les participants. Sans les outils nécessaires pour accomplir le mandat et mettre fin au racisme, nous n'atteindrons pas nos objectifs. » Une participante a suggéré que l’on mette de côté 10 pour cent du budget de chaque ministère afin de mieux financer la DGAR.

« Quand on parle d’Ontariens racialisés, on ne parle pas ici d'un groupe d'intérêt particulier ou d’un groupe faisant l'aumône », a ajouté Morrison. « On parle de personnes que l'État, les institutions gouvernementales et la police ont marginalisé tout au long de l’histoire. »

« On doit se débarrasser du mythe selon lequel tout le monde jouit de l’égalité et de la protection », a précisé Peter Thompson. « Le racisme, la brutalité et la violence à l'égard des Noirs, des peuples autochtones et des communautés musulmanes sont une réalité vécue. Cette réalité n'est pas secondaire ou accidentelle, elle est bien réelle. C’est pourquoi on doit s’attaquer aux failles du système. Pour lutter contre le racisme, on doit adopter une approche systémique globale. On a besoin de plusieurs mesures telles que l'équité en matière d'emploi, l'élimination du profilage racial et l'éradication du système qui fait que les enfants racialisés passent directement de l’école à la prison. »

Pour en savoir plus sur la Direction générale de l'action contre le racisme, consultez https://sefpo.org/nouvelles/une-solide-direction-generale-de-laction-contre-le-racisme-est-demandee