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Le président Thomas : Le prochain budget doit « rebâtir » l'Ontario

OPSEU President Warren (Smokey) Thomas in the Queen's Park media gallery.
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Afin que l’Ontario sorte plus fort que jamais de la pandémie, le président de l’OPSEU/SEFPO, Warren (Smokey) Thomas, exhorte le ministre des Finances à investir des milliards supplémentaires dans les services publics à partir du budget 2021-2022.

« Des décennies de coupes ont laissé l’Ontario sans défense face à la COVID-19. Ces réductions ont déjà coûté la vie à 5 000 personnes », a dit le président Thomas à Peter Bethlenfalvy, lors d’une présentation virtuelle, le 25 janvier dernier.

« L’année dernière, votre gouvernement a fait un premier pas louable en déposant un budget sans réductions importantes dans les services publics ou les employés de la fonction publique », a déclaré le président Thomas. « Mais ne pas faire de coupes, c’est cependant insuffisant. Les Ontariennes et les Ontariens ont besoin – et veulent – un budget qui comporte des investissements importants et courageux dans tous leurs services publics. »

Durant sa présentation, le président Thomas a déclaré qu’on demande à tous les services publics de faire plus avec trop peu. Et il a souligné quatre secteurs où il est urgent d’investir :

  • Augmenter immédiatement et considérablement la capacité de nos soins de santé.
  • Prendre le contrôle de tous les foyers de soins de longue durée à but lucratif.
  • Investir dans des solutions « conçues en Ontario » qui visent à accroître la recherche, nos capacités de fabrication et le nombre de travailleurs formés par nos collèges afin de remédier aux pénuries graves de personnel.
  • Abroger le projet de loi 124.

En plus de son exposé, le président Thomas a également remis au ministre un mémoire dans lequel il exhorte le gouvernement à accroître les investissements dans la fonction publique.

« En travaillant ensemble, non seulement votre gouvernement et nos membres nous feront traverser cette crise, mais ils nous permettront aussi de sortir plus forts que jamais de cette pandémie », a déclaré le président Thomas.

Voici le texte intégral du mémoire sur le budget 2021/2022 de l’OPSEU/SEFPO :

Mémoire sur le budget 2021-2022 de l’OPSEU/SEFPO présenté au ministre des Finances

L’Ontario fait face à une crise sans précédent aux proportions gigantesques.

La solution – à court et à long terme – se trouve dans le savoir-faire, l’expérience et le courage des travailleuses et travailleurs de première ligne dont font partie les 170 000 membres de l’OPSEU/SEFPO. En investissant dans ses héros de première ligne et dans leur travail, notre province sortira de la pandémie plus forte que jamais.

Nos membres sonnent l’alarme depuis des années — des années de sous-investissement et de sous-effectif qui ont eu des conséquences désastreuses et même fatales.

Au milieu de cette pandémie, ces conséquences sont devenues douloureusement concrètes.

Plus de 5 000 morts, 3 000 rien que dans les soins de longue durée. Et un deuxième état d’urgence en moins d’un an qui laisse des centaines de milliers de travailleurs sans emploi et des milliers d’entreprises en faillite. Nos hôpitaux qui sont, comme le dit le premier ministre, « au bord de l’effondrement ».

Nos membres des soins de santé ne sonnent pas l’alarme sans raison, pas plus que nos membres des services sociaux, des services de santé mentale, de l’éducation, des services correctionnels, des services gouvernementaux et de la LCBO. Les services publics sont en crise dans tous les secteurs. Les hôpitaux et les soins de longue durée ont flanché en premier parce qu’ils sont le filet de sécurité de tant d’autres services. [1]

Le gouvernement a fait un premier pas encourageant pour s’attaquer à la crise dans la fonction publique dans son budget 2020-2021 – le premier budget depuis des décennies à ne pas blâmer les services publics ni les travailleurs de première ligne et à ne pas leur imposer des coupes importantes.

Mais arrêter les coupes ne suffit pas. Pour s’éloigner du précipice, le gouvernement doit commencer par remédier aux années de sous-investissements chroniques.

Diverses sources – de la BRC [2] au Bureau de la responsabilité financière de l’Ontario [3] – montrent que l’Ontario investit actuellement moins par habitant dans les services publics que toute autre province. Résultat : l’Ontario a des résultats pires que toutes les autres provinces en ce qui concerne un certain nombre de mesures, y compris la mortalité hospitalière [4], les temps d’attente pour les logements sociaux et abordables [5] et l’investissement par étudiant dans l’enseignement postsecondaire [6].

Dans son budget 2021-2022, le gouvernement de l’Ontario doit poursuivre dans la nouvelle voie qu’il a tracée dans son précédent budget et établir un plan pluriannuel visant à rebâtir promptement la capacité de nos services publics.

En 2020-2021, l’investissement dans les programmes s’établissait à 175 milliards de dollars. Afin que l’investissement par habitant dans les programmes de l’Ontario atteigne la moyenne nationale, cet investissement doit augmenter de 25 à 30 milliards de dollars en 2021-2022 et au-delà.

Et ce nouvel investissement doit être réparti dans toute la fonction publique. Mais pour répondre aux urgences liées à la COVID à court terme, l’investissement de 2021-2022 doit donner la priorité aux éléments suivants :

  • Augmenter immédiatement et considérablement la capacité de notre système de santé. Le nouvel Hôpital Cortellucci de Vaughan est, selon les mots du premier ministre, le premier hôpital à ouvrir ses portes depuis trois décennies. On doit s’attaquer de toute urgence aux pénuries d’infrastructures et de personnel dans l’ensemble du système. Pour éviter des dépenses excessives inutiles et assurer la reddition de comptes, on doit éliminer la privatisation dans le secteur des soins de santé.
  • Prendre le contrôle de tous les foyers de soins de longue durée à but lucratif. Les trois cinquièmes des décès dus à la COVID-19 se sont produits dans les services de soins de longue durée – il est temps que le gouvernement donne la priorité à l’humain en supprimant totalement la privatisation dans ce secteur.
  • Investir dans des solutions « conçues en Ontario » qui visent à accroître la recherche, nos capacités de fabrication et le nombre de travailleurs formés par nos collèges afin de remédier aux pénuries graves de personnel. On doit en outre octroyer un financement aux collèges et leur enjoindre de créer des programmes de formation accélérés et entièrement reconnus pour remédier aux pénuries de personnel dans les soins de santé et les services sociaux. Cet investissement doit financer entièrement les collèges afin qu’ils puissent dispenser ces programmes sans faire payer les frais de scolarité.
  • Abroger le projet de loi 124. En plus d’être inconstitutionnel, ce projet de loi impose trois ans de réduction effective des salaires aux fonctionnaires de première ligne et aggrave les pénuries de personnel essentiel. On doit, à tout le moins, fixer un seuil de faible revenu (SFR) pour exempter les travailleurs à faible revenu dans les secteurs les plus durement touchés par la pandémie.

Oui, l’Ontario est en crise. Rebâtir nos services publics, qui ont été longtemps négligés, permettra au gouvernement et à nos employés de première ligne du secteur public de nous faire sortir de cette crise plus forts que jamais. Comme toujours, les dirigeants et les membres de l’OPSEU/SEFPO sont prêts et disposés à fournir leur appui. Nous faisons front tous ensemble. Travaillons de manière proactive pour bâtir un avenir meilleur.


Notes en bas de page

[1] Selon les statistiques de l’Institut canadien d’information sur la santé (ICIS) compilées par l’Association des hôpitaux de l’Ontario, plus de 5 000 des 30 000 lits d’hôpitaux de l’Ontario sont occupés par des personnes qui sont sur des listes d’attente pour des soins de longue durée, des soins à domicile, des soins de santé mentale et des services sociaux. https://www.oha.com/Documents/Ontario%20Hospitals%20-%20Leaders%20in%20Efficiency.pdf

[2] Tableaux des finances publiques provinciales et fédérales, http://www.rbc.com/economie/economic-reports/pdf/canadian-fiscal/prov_fiscal_fr.pdf

[3] Comparaison de la situation financière de l’Ontario et des autres provinces, https://www.fao-on.org/fr/Blog/Publications/inter-prov-comparisons-feb-2019

[4] Association des hôpitaux de l’Ontario, https://www.oha.com/Documents/Ontario%20Hospitals%20-%20Leaders%20in%20Efficiency.pdf

[5] Statistique Canada, https://www150.statcan.gc.ca/t1/tbl1/fr/tv.action?pid=4610004201

[6] Association canadienne des professeures et professeurs d’université, https://www.caut.ca/sites/default/files/2.4_provincial_government_funding_per_fte_student_0.xlsx