Le président Thomas : Les Ontariennes et Ontariens veulent qu’on finance et optimise nos hôpitaux, et non pas qu’on privatise

L’éditorial suivant du président de l’OPSEU/SEFPO, Warren (Smokey) Thomas, a été publié dans le Toronto Sun ce vendredi 25 juin.

Le président Thomas : La population ontarienne souhaite qu’on finance et optimise nos hôpitaux, et non pas qu’on privatise

Les soins de santé publics, et non privés, sont la solution à la crise engendrée par la COVID-19.

Profiter d’une crise publique pour privatiser est une tactique familière qui fait partie des stratégies politiques depuis des décennies.

Après trente années de compressions, les hôpitaux ontariens sont confrontés à une véritable crise de capacité depuis le début de la pandémie de COVID-19, il y a 18 mois. Et certains politiciens ont la tentation de faire des gains avec nos hôpitaux.

Mais pour la population ontarienne, la COVID-19 est loin d’être une opportunité, mais une tragédie dévastatrice.

Au moment même où le pire de cette crise semble être derrière nous, des variants mortels nous menacent encore et de futures pandémies sont toujours à l’ordre du jour.

Il n’est pas surprenant que les Ontariennes et Ontariens soient profondément préoccupés par leur santé et celle de leurs proches, comme le montre le dernier sondage d’opinion Nanos, commandé par l’OPSEU/SEFPO.

La pandémie a révélé que nos hôpitaux ont un problème majeur lorsqu’il s’agit de gérer la capacité pour répondre aux besoins en matière de soins de santé.

Les résultats du sondage révèlent que la plupart des Ontariennes et Ontariens savent qu’il y a un problème et veulent des solutions; ils veulent qu’on améliore nos hôpitaux et qu’on les finance correctement.

Ils accordent de l’importance à la façon de résoudre cette crise.

En fait, huit Ontariens sur dix pensent que le meilleur moyen de préparer l’Ontario à surmonter les futures crises sanitaires est de financer correctement notre système de santé public et universel au lieu de privatiser les services de santé.

Je le répète pour ceux qui se trouvent à l’arrière : 80 % des Ontariennes et Ontariens pensent que notre système de santé public et universel est la meilleure solution pour surmonter une crise.

Pourquoi? Peut-être ne font-ils pas confiance au secteur à but lucratif pour donner la priorité aux patients par rapport aux profits.

Peut-être ont-ils été témoins, avec horreur, des répercussions du système privatisé de soins de longue durée – des négligences inadmissibles et des innombrables pertes de vie inutiles dans les foyers à but lucratif.

De quoi déclencher des suffocations d’angoisse chez n’importe qui.

Cela n’aurait jamais dû arriver. Un modèle entièrement public aurait permis d’atténuer l’ampleur de cette crise. La population ontarienne le sait bien.

Le soutien de l’opinion publique a toujours été plus fort que l’influence des lobbyistes bien financés, profiteurs et prédateurs de tous les acabits, impatients de se ruer sur une part du gâteau financé par l’État.

La crise de la COVID-19 n’a pas changé cela, mais elle a, par contre, consolidé et renforcé l’opinion des gens selon laquelle notre système public et universel a une valeur inestimable.

Ainsi, alors que nous nous aventurons dans le monde post-COVID, le ferme soutien de la population en faveur du système de santé public contribuera à transformer le paysage politique et social comme jamais auparavant.

Nous savons déjà que le soutien aux services publics, et à tous les héros et héroïnes de première ligne qui les dispensent, est à un niveau sans précédent. Aujourd’hui, la grande majorité des Ontariennes et Ontariens veulent plus de financement et de personnel pour les hôpitaux de l’Ontario.

Ils sont conscients du fait que renforcer la capacité des hôpitaux, c’est mieux nous préparer à faire face aux futures urgences imprévues, comme la COVID-19.

La reprise post-pandémie de l’Ontario exigera une vision audacieuse et des investissements significatifs. C’est ce qu’attend la population ontarienne et c’est ce qu’elle continuera de demander.

La COVID-19 a engendré une crise et il est clair que le système de santé public est la solution pour l’endiguer. Je n’ai aucun doute que les Ontariennes et Ontariens le confirmeront l’année prochaine lorsqu’ils se rendront aux urnes.

— Warren (Smokey) Thomas est le président de l’OPSEU/SEFPO