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Pourquoi Doug Ford se soucie-t-il d'un peu de concurrence avec le cannabis?

OPSEU President Warren (Smokey) Thomas with Toronto Sun logo
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Dans un article d’opinion paru dans le Toronto Sun, le président du SEFPO, Warren (Smokey) Thomas, insistait pour dire que les Ontariens et les municipalités devraient être en mesure de choisir d’avoir des magasins de vente au détail de cannabis publics, gérés par le public.

« J’estime encore que la vente de cannabis, à l’instar de la vente d’alcool, devrait entièrement être prise en charge par une organisation publique responsable et respectable comme la LCBO », a dit M. Thomas. « Mais si c’est de la concurrence que le premier ministre et les privatiseurs veulent, alors allons-y! Si c’est important que les consommateurs de cannabis puissent choisir, alors donnons-leur vraiment un choix.

« Et pour ces municipalités assez intelligentes pour refuser le modèle de vente privée dangereux et coûteux, donnons-leur une option publique. Autrement, bonjour le crime organisé! »

Voici le texte intégral des propos de Monsieur Thomas (traduction libre)

Monsieur Thomas : Pourquoi Doug Ford se soucie-t-il d’un peu de concurrence avec le cannabis?

Il y a quelque chose de bizarre avec les gens qui favorisent la privatisation. Ils adorent parler de concurrence. Mais c’est tout ce qu’ils font, ils en parlent.

Et avec la privatisation de la vente de cannabis au détail, ce n’est pas difficile à comprendre. La vraie concurrence serait difficile à battre, et on parle ici, bien sûr, de la LCBO, qui n’a de pareille.

Dans les mondes de la vente au détail et des services publics, la LCBO est un concurrent hors pair et un gagnant indéniable.

La LCBO offre à ses employés des salaires décents, contribue à maintenir la pauvreté au plus bas et augmente les recettes fiscales. Elle a gagné plus de 200 prix récompensant son service à la clientèle, ses méthodes de vente novatrices et ses résultats en matière de responsabilité sociale. La LCBO a de formidables magasins, un choix fantastique et un taux moyen de satisfaction de la clientèle de 8,1 sur 10.

Et ce qu’il y a encore de mieux, c’est que la LCBO est à nous tous. Elle nous appartient! Cela signifie qu’une grande partie des profits nous reviennent et sont réinvestis dans nos hôpitaux, nos écoles et nos autoroutes. La LCBO contribue à maintenir nos impôts au plus bas et, si je puis me permettre cette boutade, notre bonne humeur.

Toutes d’excellentes raisons de choisir de magasiner à la LCBO.

Ainsi, il n’est pas étonnant que ceux et celles qui espèrent tirer profit de la légalisation du cannabis aient crié de joie à l’annonce impulsive de Doug Ford d’exclure la LCBO et le secteur public de la vente au détail du cannabis.

Avec leur concurrent le plus féroce hors de course, leurs profits ont commencé à leur sembler beaucoup plus juteux et faciles à faire.

« Nous ne pourrions être plus heureux », écrivait un détaillant du secteur privé dans ces pages il y a quelques jours, ayant peine à contenir sa joie. « Le secteur privé, et pas une nouvelle chaîne de magasins gouvernementaux, sera responsable de la gestion des magasins de cannabis une fois légalisé. »

Nous devons nous demander si le bonheur de quelques détaillants du privé se traduit par le bonheur de tous…

Devrions-nous nous réjouir que les profits de la vente du cannabis restent entre les mains de quelques individus plutôt que de s’ajouter à nos richesses collectives?

Devrions-nous nous réjouir que des municipalités déjà à la limite de leur capacité soient responsables de payer pour tous les services d’application de la loi et de réglementation qui seront nécessaires?

Devrions-nous nous réjouir que le premier ministre rejette l’opinion et les conseils experts d’une variété de groupes de santé publique, de toxicomanies et de protection de la vie privée, qui ont déjà confirmé qu’un détaillant public comme la LCBO est le meilleur choix pour notre bien à toutes et à tous?

Je ne me réjouis certes pas, et je doute que vous vous réjouissiez.

J’estime encore que la vente de cannabis, à l’instar de la vente d’alcool, devrait entièrement être prise en charge par une organisation publique responsable et respectable comme la LCBO.

Mais si c’est de la concurrence que le premier ministre et les privatiseurs veulent, alors allons-y! Si c’est important que les consommateurs de cannabis puissent choisir, alors donnons-leur vraiment un choix. Et pour ces municipalités assez intelligentes pour refuser le modèle de vente privée dangereux et coûteux donnons-leur une option publique. Autrement, bonjour le crime organisé!

Je demande à M. Ford d’ouvrir la porte à tous les détaillants, publics et privés, et de laisser les clients choisir eux-mêmes.

Je parierais alors sans hésiter sur la réussite d’un détaillant public comme la LCBO. Et à mon avis, les détaillants privés le savent bien. C’est pourquoi ils sont tellement heureux que le premier ministre ait éliminé toute concurrence publique de son plan de vente du cannabis.

Smokey Thomas est le président du Syndicat des employés de la fonction publique de l’Ontario (SEFPO).