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Lettre du président Thomas au premier ministre du Canada au sujet du différend à Postes Canada

Date de publication

Le mercredi 5 décembre 2018, 16 h 00

Le 5 décembre, le président du SEFPO, Warren (Smokey) Thomas, a envoyé une lettre au premier ministre Justin Trudeau pour lui exprimer sa profonde préoccupation concernant la décision du gouvernement fédéral d'adopter une loi spéciale de retour au travail pour intervenir dans le différend entre Postes Canada et les membres du Syndicat des travailleurs et travailleuses des postes (STTP).

Le 5 décembre 2018
Le très honorable Justin Trudeau, C.P., député
Premier Ministre du Canada
80, rue Wellington
Ottawa (Ontario) K1A 0A2

Monsieur le Premier Ministre,

Je vous écris pour exprimer mon opposition à la décision de votre gouvernement d’avoir eu recours à une loi spéciale de retour au travail pour retirer le droit de grève aux membres du STTP.

Comme vous le savez, le droit de grève est l’outil le plus efficace dont dispose un syndicat pour inciter un employeur à négocier une convention collective. En fait, la Cour suprême du Canada a statué en 2015 que le droit de grève est protégé par la Charte des droits et libertés.

En introduisant le projet de loi C-89 pour supprimer ce droit, vous avez attaqué non seulement les 54 000 membres du STTP, mais également chaque travailleur syndiqué au Canada – c’est-à-dire plusieurs millions de contribuables canadiens qui travaillent quotidiennement d’arrache-pied. Au lieu de capituler devant les exigences du secteur des affaires, pourquoi n'avez-vous pas usé de votre autorité pour demander à la présidente-directrice générale de Postes Canada, Jessica McDonald, de s'engager sérieusement dans des négociations avec le STTP afin de parvenir à une convention collective qui serait équitable pour les travailleurs et bonne pour l'économie?

Monsieur le Premier Ministre, vos décisions dans ce différend sont, pour dire le moins, mal avisées et ont le potentiel de mettre en péril l’avenir de votre gouvernement. Vous savez que le mouvement ouvrier a contribué à déloger votre prédécesseur, Stephen Harper, en raison de son programme anti-travailleurs. D’un bout à l'autre du Canada, des militants avaient ciblé des circonscriptions conservatrices vulnérables – une tactique grâce à laquelle vous avez obtenu un gouvernement majoritaire. Depuis votre élection, vous prétendez être un allié du monde du travail.

En adoptant le projet de loi C-89, une loi spéciale contre les syndicats, vous avez affiché vos vraies couleurs en ce qui a trait aux droits des travailleurs canadiens? Violer le droit de grève soulève des questions au sujet de votre engagement à l'égard d'autres droits fondamentaux de la personne humaine – des droits dont vous vous faites le défenseur au pays et partout dans le monde.

Monsieur le Premier Ministre, il ne vous reste que quelques mois pour vous réconcilier avec le mouvement ouvrier canadien si vous souhaitez qu’il appuie votre réélection. Nous espérons que vous avez l’ambition de faire du Canada un endroit meilleur et plus juste pour les travailleurs et travailleuses – et non pas d’un pays à la solde des intimidateurs du monde des affaires.

Je vous prie d’agréer, Monsieur le Premier Ministre, l'expression de ma très haute considération.

Warren (Smokey) Thomas
Président, Syndicat des employés de la fonction publique de l'Ontario

c.c.  Mike Palecek, président national du Syndicat des travailleurs et travailleuses des postes (STTP)
Larry Brown, président, Syndicat national des employées et employés généraux du secteur public (SNEGSP)