Le SEFPO dans les nouvelles

Lettre du président au Toronto Sun

Date de publication

Le lundi 13 mai 2019, 10 h 30

La lettre suivante, du président du SEFPO, Warren (Smokey) Thomas, a été publiée dans le Toronto Sun le 12 mai dernier.

J'ai été surpris d’entendre que le ministre d’Infrastructure Ontario, Monte McNaughton, puisse penser que les partenariats public-privé soient des outils utiles (« We can do it better » (Nous pouvons faire mieux), 2 mai).

Pour commencer, l'article de Monte montre sans l’ombre d’un doute qu’il pourra poursuivre une carrière d’écrivain de science-fiction une fois qu'il en aura fini avec la politique, ou dans son cas, que la politique en aura fini avec lui. Monte a perdu la boule s’il pense vraiment que les P3 sont la solution optimale pour l’Ontario. Je suppose que vu que Monte a été tellement occupé à écrire de la fiction, il n'a jamais vraiment eu l'occasion de lire certains des faits incontestables fournis par la vérificatrice générale de la province.

Bonnie Lysyk a examiné les P3 en 2015 pour découvrir que les partenaires du privé avaient berné les pauvres contribuables ontariens naïfs, ajoutant quelque 8 milliards de dollars à leur facture. Huit milliards de dollars qui auraient pu être consacrés aux soins de santé ou à l'éducation, mais qui, plutôt, ont fini dans les sales pattes du même type d’acolyte qui font la queue derrière le motorhome de Doug Ford, gracieuseté des contribuables, attendant un dédommagement.

Ce qui m’a aussi fait tomber des nues avec Monte, c’est qu’il ait affirmé que 95 % des plus de cent P3 conclus dans les huit dernières années ont été livrés dans les limites du budget et, dans 70 % des cas, à temps. Ah vraiment, Monte? Et qu’en est-il du surcoût de 38 % pour construire l’Hôpital psychiatrique et de réadaptation Providence Care dans ma ville de Kingston? Ou du Centre de détention Toronto Sud, où les caméras de sécurité ne fonctionnaient pas, les vitres incassables se sont cassées et encore aujourd’hui le personnel doit démêler des couches interminables de bureaucratie P3 pour faire en sorte que de petites réparations soient faites? Et qu’en est-il de deux de nos établissements correctionnels où l’on voulait peindre des lignes sur le plancher du gymnase, mais qui ont dû renoncer à l’idée après que l’exploitant du P3 estime la tâche à quelques dizaines de milliers de dollars? Et puis, il y eu le baratin de Carillion, qui s’est effondré en plein milieu de l’hiver l’an dernier, laissant les Ontariens jusqu’au cou dans la neige.

C’est ça qui vous fait croire que l'Ontario peut faire mieux, Monte? Les entreprises privées n'acceptent pas de tels projets sans l’assurance de profits bien gras, soit au départ soit dissimulé dans le gymnase. Les Ontariens peuvent comparer les faits sur la privatisation aux mensonges de M. Ford et, dans ce cas, les faits sont clairs.

Warren (Smokey) Thomas
Président du SEFPO