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Lettre ouverte du président Thomas au ministre des Finances, Vic Fedeli, sur l’Énoncé économique de l’automne

Date de publication

Le jeudi 8 novembre 2018, 10 h 15

Avec l’Énoncé économique de l’automne, qui devrait être rendu public la semaine prochaine, le président du SEFPO, Warren (Smokey) Thomas, a adressé la lettre suivante à l’Honorable Vic Fedeli, ministre des Finances, pour lui dire qu’il est temps d’écouter le peuple ontarien et de changer de cap. 

Cliquez ici pour télécharger un pdf de la lettre

 

Le 7 novembre 2018

L’Honorable Vic Fedeli
Ministre des Finances
Édifice Frost Sud, 7e étage
7, croissant Queen’s Park
Toronto (Ontario)   M7A 1Y7

Monsieur le ministre,

Je vous écris aujourd'hui non seulement en ma qualité de président du SEFPO, mais aussi au nom des 155 000 travailleurs que nous sommes fiers de représenter, pour vous dire qu’il est temps de commencer à écouter la population de l’Ontario.

En tant que membres du SEFPO, nous sommes la première ligne; nous fournissons des services publics essentiels, mais nous y recourons nous aussi. Nous sommes le peuple, et nous sommes profondément préoccupés par la façon dont votre gouvernement présente le déficit à date. Nous ne laisserons pas ce genre de choses se produire en attendant l’Énoncé économique de l’automne, qui sera utilisé pour justifier la prise de mesures drastiques et dangereuses. Nous avons tracé la ligne et nous ne permettrons pas que notre secteur public soit ravagé. 

Il est temps de changer l’objectif; il est temps de mettre en place une politique publique pour le peuple, et pas de faire d’autres coupures et privatisations. Le secteur public de l’Ontario a atteint sa limite. Cela fait 25 ans que nos services publics sont attaqués, affectant de manière disproportionnée les plus vulnérables au sein de la population et les travailleurs de première ligne qui les soutiennent.

Malgré les beaux discours qui entourent les dépenses irresponsables, il n’en reste pas moins que l’Ontario est au nombre des provinces avec les plus faibles dépenses de programmes par habitant. Les travailleurs de première ligne savent bien que ce ne sont pas les dépenses du secteur public qui ont causé la crise financière, et on ne devrait pas utiliser cette excuse pour justifier d’autres coupures dans le secteur public. Nous vous implorons de changer de cap avant qu’il ne soit trop tard.

Récemment, vous avez comparé les finances de l’Ontario au budget d’un ménage, disant que « nous devons vivre selon nos moyens, rembourser nos cartes de crédit et dépenser plus intelligemment ». Monsieur le ministre, notre économie est en croissance et l’Ontario est plus riche qu’il ne l’a jamais été. Ce que nous devons faire, maintenant, c’est utiliser cet argent à meilleur escient pour chaque personne, et pas seulement pour les rares qui font partie d’une élite. On parle ici d’imposition plus juste et d’une législation ouvrière plus équitable; on parle ici d’aider les travailleurs, pas l’élite du secteur privé. Et alors que je conviens qu’on peut toujours dépenser plus intelligemment, il faut commencer par mettre un point final aux P3 et aux plans de privatisation coûteux, qui nous font gaspiller des milliards de dollars de l'argent du contribuable. S’il est nécessaire de faire preuve d’efficience, alors notre regard devrait se tourner sur l’encadrement intermédiaire plutôt que sur les services et les travailleurs de première ligne.

Monsieur le ministre, ce n’est pas une crise des dépenses que nous avons ici, c'est une crise du revenu. Et nous savons pertinemment que la liquidation de nos biens n’est pas une solution à privilégier. La liquidation de biens comme Hydro One fait du tort aux gens. Tout ce que de telles manigances permettent de faire, c’est transformer des biens publics en profits privés. C’est pourquoi j'ai été soulagé de vous entendre dire que vous aviez fini d’essayer d’équilibrer les budgets avec des revenus uniques, et je vous le rappelle. Tous nos biens publics sont des ressources essentielles pour le peuple, qui ont été payées par le peuple grâce aux impôts. Ces biens incluent la LCBO, par exemple, mais aussi des propriétés publiques, terres, parcs, plans d’eau et infrastructure. Nous espérons que vous vous engagerez à soutenir, renforcer et investir dans ces biens plutôt qu’à les vendre.

Toutefois, je crains que ce gouvernement, désireux de présenter des budgets équilibrés, ait d’autres projets de privatisation et plans d’amaigrissement du secteur public en tête.

L’histoire démontre que cette stratégie ne fonctionne pas. Les coûts humains et financiers des compressions et de la privatisation l’emportent toujours sur les avantages. Ne répétons pas les erreurs du passé, monsieur le ministre.

Un Ontario meilleur est un Ontario où le secteur public est plus fort; c’est un Ontario plus juste, qui favorise l’égalité des chances et la mise en place de programmes d’aide pour les Ontariens. L’Énoncé économique de l'automne, qui doit être rendu public la semaine prochaine, devrait refléter les véritables besoins du peuple; il devrait mettre l’accent sur l’investissement dans les services publics qui font de notre province le meilleur endroit où vivre, travailler et élever une famille, comme les soins de santé, l’éducation et les services sociaux.

Vous avez parlé de l’impératif moral du gouvernement de rembourser la dette. Nous vous demandons de respecter l'impératif moral du gouvernement d’assurer que les services publics répondent aux besoins des générations actuelles et futures en investissant dans ces services. L’Énoncé économique de l'automne offre l'occasion de recalibrer la boussole et de mettre l’accent sur la création d’un meilleur Ontario.

Monsieur le ministre, il est temps de commencer à écouter le peuple ontarien. 

Je vous prie d’agréer, monsieur le ministre, mes salutations distinguées.

Warren (Smokey) Thomas
Président du SEFPO

p.j.

c. :           
Hon. Doug Ford, premier ministre
Andrea Horwath, chef de l'opposition officielle