Coalition des Travailleurs Racialises
Annonce

Mois de l'histoire des Noirs 2019

Date de publication

Le vendredi 1 février 2019, 15 h 45

Durant le Mois de l'histoire des Noirs, nous rendons hommage à tous les militants qui ont lutté pour dénoncer les lois de ségrégation raciale – du chemin de fer clandestin à la fondation des premiers syndicats noirs, tels que la Fraternité des porteurs de wagons-lits, aux combattantes pour la liberté, à l'instar de Viola Desmond, qui s’asseyaient dans les sections réservées aux blancs.

Du mouvement abolitionniste au mouvement des droits civils, des Canadiens de race noire ont lutté pour obtenir les droits et libertés que nous tenons aujourd'hui pour acquis, à l’instar du droit de vote et du droit à un salaire égal pour un travail égal.

Le président du SEFPO, Warren (Smokey) Thomas, a déclaré que le Mois de l'histoire des Noirs est l’occasion non seulement de rendre hommage aux militants qui se sont fait les champions des droits civils, mais également de réfléchir aux défis qu’ils nous restent à surmonter.

« Nous sommes tous fiers des illustres Canadiens et Canadiennes qui nous ont montré l’exemple à suivre, à l’instar de Viola Desmond », a déclaré le président Thomas. « Le SEFPO est également fier d’avoir compté des pionniers dans ses rangs. À l’instar du regretté Fred Upshaw, qui fut le premier président noir d'un grand syndicat en Ontario.

« Fred était mon mentor. Il m'a appris l'importance de l'éducation et comment s’adresser directement à ceux qui détiennent le pouvoir. Il était audacieux, mais jamais téméraire, fort, mais jamais impétueux. Fred était un chef de file en avance sur son temps. Je lui dois beaucoup, car il m’a aidé à évoluer et à devenir le chef de file que je suis aujourd’hui. »

Le président Thomas a également souligné le travail que le SEFPO effectue au quotidien pour combattre le racisme et promouvoir la diversité.

« Le SEFPO tire une grande fierté du travail de ses comités et caucus en matière de lutte contre le racisme et la discrimination. Nous avons réalisé d’énormes progrès, mais nous sommes bien conscients qu'il y a encore beaucoup de travail à faire. »

En 2019, la Coalition des travailleurs racialisés répond à l’appel qui a été lancé pour défendre l’équité et s’efforce d’attirer l'attention sur les inégalités en matière d'emploi, d'éducation et de santé auxquelles sont toujours confrontés les Canadiens de race noire et d'ascendance africaine.

« Si nous ne dénonçons pas la manière dont les injustices du passé continuent de façonner le présent, déclare Peter Thompson, président de la Coalition des travailleurs racialisés, nous risquons de perdre les libertés pour lesquelles nous nous sommes battus pendant si longtemps. »

Pour vous impliquer durant le Mois de l'histoire des Noirs, apprenez-en davantage (ci-dessous) sur les principaux enjeux auxquels font face les communautés noires et africaines au Canada et participez aux activités qui sont organisées par la Coalition des travailleurs racialisés durant le Mois de l'histoire des Noirs à Toronto et à Hamilton.

Points stratégiques :

La Coalition des travailleurs racialisés a appuyé la Stratégie de lutte contre le racisme envers les Noirs en Ontario et a reconnu la Décennie internationale des personnes d'ascendance africaine. Le cadre de la stratégie est le suivant :

« L'impact et les conséquences de notre histoire ont engendré des barrières systémiques qui empêchent les personnes de participer pleinement à tous les secteurs de la société. C’est particulièrement vrai pour les Ontariens de race noire, indépendamment de leur origine. Qu'ils aient immigré récemment ou soient des descendants d’esclaves, les Noirs ontariens sont quotidiennement confrontés au racisme anti-Noirs. »

« La stigmatisation et les stéréotypes auxquels doivent faire face les personnes et communautés noires en Ontario ont influencé les politiques publiques, les prises de décisions et les services. En conséquence, le racisme anti-Noirs est présent dans presque tous les secteurs de la société : le marché du travail, la sécurité et la justice. »

On sait que toutes les communautés racialisées sont touchées par le racisme systémique, mais les données montrent qu'il est particulièrement pernicieux dans les communautés noires et africaines (y compris chez les communautés autochtones non-racialisées).

« Les préjugés raciaux ont des racines profondes dans notre histoire commune et nous devons agir pour éliminer ces préjugés qui ont façonné les politiques, les pratiques et les procédures qui régissent nos institutions.

Le racisme systémique conduit à la surreprésentation des personnes racialisées, des Noirs et des Autochtones dans les prisons et des enfants issus de ces communautés au sein des services d’aide à l’enfance. À cause du racisme systémique, des Autochtones sont aux prises avec des difficultés économiques et n’ont pas accès aux soins de santé dont ils ont besoin.  Le racisme systémique peut également être la cause de la persistance des attitudes islamophobes et discriminatoires envers les Noirs et de l’entrecroisement fréquent des racismes. » (Traduction libre) – Kathleen Wynne, première ministre de l'Ontario

Et ce n’est pas parce qu’un nouveau premier ministre dirige l’Ontario que les préjugés qui sont enracinés dans des siècles d'oppression, de mauvais traitements et de racisme ont purement et simplement disparu.

Le Conseil exécutif a voté en faveur des soumissions marquant ainsi un jalon au sein de notre syndicat.

La Décennie internationale des personnes d'ascendance africaine

Les objectifs de la décennie :

La Décennie internationale a pour but de :

  • Promouvoir le respect, la protection et la réalisation de tous les droits de l’homme et de toutes les libertés fondamentales des personnes d’ascendance africaine, comme le prévoit la Déclaration universelle des droits de l'homme;
     
  • Promouvoir une meilleure connaissance et un plus grand respect de la diversité du patrimoine, de la culture et de la contribution au développement des sociétés des personnes d'ascendance africaine;
     
  • Adopter et de renforcer les cadres juridiques internationaux, régionaux et nationaux, conformément à la Déclaration et au Programme d’action de Durban et à la Convention internationale sur l’élimination de toutes les formes de discrimination raciale, et de veiller à les mettre en œuvre intégralement et effectivement.

Les thèmes de la « Décennie » sont la reconnaissance, la justice et le développement.

Soulignons également le fait que le Conseil exécutif du SEFPO a apporté son plein appui à la « Stratégie et à la Décennie ».

Pour de plus amples renseignements, veuillez visiter le site Web des Nations Unies :

http://www.un.org/fr/events/africandescentdecade/plan-action.shtml

La Coalition a pour but de lancer des projets et programmes afin de lutter contre l'invisibilité de nos communautés qui se composent de plus de 200 millions de personnes d'ascendance africaine au sein de la diaspora.

Ces programmes se traduiront par une différente manière d’organiser nos communautés respectives. La Coalition a maintenant trois vice-présidents qui représentent les diverses communautés, dont l'un est responsable des questions qui touchent les personnes noires et d’ascendance africaine au sein et en dehors de notre syndicat. Nous élaborerons des plans pour s’attaquer aux répercussions du colonialisme sur l’emploi, la protection de l'enfance, le système de justice pénale et l'accès aux soins de santé en particulier et la visibilité en général.

Enjeux majeurs :

Combattre le racisme systémique dans le système de justice pénale

La Coalition renouvelle son appel au mouvement syndical en ce qui a trait à la lutte contre le racisme systémique et institutionnel qui est historiquement enraciné dans les politiques et pratiques du système de justice pénale à l’instar du profilage racial.

Durant les derniers mois, le gouvernement conservateur a donné le coup de grâce au projet de loi 175, la Loi de 2018 sur l'Unité des enquêtes spéciales de l'Ontario, dont le but était d'abroger et de remplacer la Loi sur les services policiers et d’élaborer une nouvelle législation sur le contrôle de la police, y compris la Loi de 2018 sur la surveillance des services policiers et la Loi de 2018 sur le Tribunal disciplinaire de l'Ontario en matière de services policiers. Sans précédent dans l'histoire de la police, ce projet de loi était le résultat direct de plusieurs années d’activisme communautaire et syndical à la suite du décès de personnes noires qui ont été tuées par des agents du Service de police de Toronto, à l’instar d’Andrew Loku qui est a été tué par balles. 

En 2016, la Coalition a rendu hommage aux femmes et hommes noirs qui ont perdu la vie à la suite de violences policières : Jermaine Carby, qui est tombé sous les balles de la police de Peel lors d'un contrôle routier de routine en 2014; Eric Garner, qui a été étouffé par des policiers à New York; Andrew Loku, qui est mort lors d'un affrontement avec la police dans son appartement, dans un quartier du nord-ouest de Toronto en 2015. La Coalition tient également à souligner les victoires juridiques comme dans le jugement de l'affaire Abbott v. Toronto Police Services Board, dans laquelle il a été déterminé que la race et le sexe avaient joué un rôle dans le comportement d'un agent de police de Toronto qui a été incapable de faire baisser la tension lors de l'arrestation d'une jeune femme, Sharon Abbott, qui effectuait la livraison de journaux. Renseignements : https://sefpo.org/node/14380

Après les nombreuses manifestations qui ont suivi l'acquittement des policiers dans le décès de Loku et les longues contestations juridiques telles que dans l’affaire Abbott c. Service de police de Toronto, le gouvernement libéral de l'Ontario avait nommé l’honorable juge Michael H. Tulloch pour mener un examen indépendant du travail des policiers. Les recommandations du juge Tulloch avaient servi à élaborer le cadre et la législation à l’origine du projet de loi 175 qui devait être la plus importante réforme de la police en Ontario depuis des décennies.

Le projet de loi en lui-même s’attaquait directement aux barrières systémiques auxquelles font face les membres de la communauté noire qui sont touchés de façon disproportionnée par les actions policières, le profilage racial et l'emprisonnement. Pour la toute première fois, une loi reconnaissait et établissait que la Charte des droits et libertés et le Code des droits de la personne étaient des éléments essentiels d’un maintien de l’ordre adéquat et efficace. Elle renforçait également la reddition de comptes en rendant obligatoire les rapports à des organismes de surveillance, permettant à un tribunal indépendant de surveiller et d’imposer des mesures disciplinaires, procurant ainsi un outil pour changer de culture dans la police, non seulement par des initiatives de formation, mais également par le biais d’une représentation démographique au sein des conseils d'administration et la mise en oeuvre d’examen pour s'attaquer à la discrimination systémique. Renseignements : http://www.ohrc.on.ca/en/standing-committee-justice-policy-%E2%80%93-bill-175-safer-ontario-act-chief-commissioners-remarks

Lutter contre les répercussions de l'injustice économique

Depuis de nombreuses années, la Coalition des travailleurs racialisés demande instamment des mesures pour s’attaquer à la disparité économique qui frappe les Canadiens de race noire.

Une étude récente réalisée par le Centre canadien de politiques alternatives montre que les inégalités perdurent et que peu de choses ont changé depuis plus d'une décennie.

Les statistiques sont particulièrement inquiétantes pour certains groupes racialisés en particulier. Non seulement les Canadiens de race noire et d'ascendance africaine sont les plus touchés par les inégalités du revenu, mais ils ont en outre les taux de chômage les plus élevés et les plus importants écarts de salaire avec leurs homologues non-racialisés. Cela souligne l’urgence de lutter contre le racisme anti-Noirs et ses répercussions importantes dans les milieux de travail de l'Ontario, en particulier sur les salaires et revenus des Canadiens de race noire.

Pour lutter contre la discrimination envers les Noirs sur le marché du travail, on devra instaurer des politiques courageuses à l'instar de politiques d'équité en matière d’emploi et se battre pour obtenir la réintroduction des lois qui ont été abrogées telles que le projet de loi 148. Le démantèlement de cette loi et l'annulation de l’augmentation du salaire minimum et des dispositions législatives sur l'équité salariale qui réduisaient l'écart entre travailleurs à temps plein, à temps partiel et temporaires ne feront probablement qu’aggraver l'écart de revenu et le déséquilibre racial en Ontario.

Forum du Mois de l'histoire des Noirs 2015

S’organiser pour la justice migratoire

À la suite de la projection à guichet fermé du documentaire « Rêves de migrants » à la Conférence sur les droits de la personne du SEFPO qui a eu lieu en décembre dernier, la Coalition des travailleurs racialisés invite tous les membres à un débat approfondi sur les questions qui touchent la justice migratoire.

Date : Le 15 février
Lieu : Bureau régional de Toronto
Heure : 18 h à 21 h

Des collations et des rafraîchissements seront offerts. Pour réserver, veuillez communiquer avec Patrick Riley, trésorier de la Coalition des travailleurs racialisés de la Région 5, par courriel à : userpdar@yahoo.ca

Mois de l'histoire des Noirs dans la Région 2 : It Takes A Riot

Les membres de la Coalition des travailleurs racialisés de la Région 2 présente une projection du documentaire, It Takes A Riot, suivie d’un débat en commémoration aux émeutes la rue Yonge qui avaient eu lieu le 4 mai 1992.

Date : Le 22 février 2019
Lieu : Bureau régional d’Hamilton, 505 boul. York, 2e étage, Hamilton, ON
Heure : 18 h à 21 h

It Takes A Riot est un documentaire qui montre comment une marche dénonçant les violences policières anti-Noirs a tourné à l'émeute. La marche avait été organisée par des militants de la communauté noire, des groupes de défense des droits civils et des « chiens de garde » des systèmes de police et de justice pénale. Si les médias et les politiciens ont parlé d’émeute, d'autres personnes, y compris les militants de la lutte contre le racisme, ont parlé de « rébellion » et même de « soulèvement ».

Le documentaire passe en revue les événements du 4 mai 1992, le contexte historique, l’impact politique et la pertinence de la lutte contre le racisme envers les Noirs à cette époque.

La projection sera suivie d'un débat animé par Simon Black, professeur d'études sociales à l'Université Brock, et Idil Abdillahi, professeur à l’école de travail social de l'Université Ryerson.

Tous les membres sont bienvenus. Des collations et des rafraîchissements seront offerts. Pour réserver, veuillez contacter Michael Kirlew, président de la Coalition des travailleurs racialisés pour la Région 2 à Kirfam@bell.net

Série sur le mois de la santé des Noirs/Africains

Pour des raisons évidentes, de nombreux membres des communautés noires et d’ascendance africaine se méfient de ce système qui les « autorise » à célébrer leur couleur et culture un mois par an. C’est la raison pour laquelle certaines personnes ont décidé de mettre l’accent sur la santé des Noirs/Africains durant cette période.

C’est Kola Iluyomade, un membre du SEFPO (Région 5), qui a eu l’idée de souligner les inégalités auxquelles sont confrontées les communautés en matière de santé et la nécessité de changer les choses.

L’idée est que si on ne peut pas changer l'histoire qui est chose du passé, on peut, par contre, travailler maintenant pour bâtir l’avenir des communautés. D'où le slogan #WeAreMoreThanHistory.

La Série sur le mois de la santé des Noirs/Africains s’inspire du modèle de soins de santé des centres de santé communautaire (CSC) et met l’accent sur la promotion de la santé et le renforcement des capacités communautaires.

Le modèle de soins de santé stipule, entre autres, que :

« Ces services sont conçus et structurés de façon à éliminer les obstacles systémiques réduisant l'accès aux soins de santé tels que la pauvreté, l'isolement géographique, l'ethnocentrisme, le ‘’culturocentrisme’’, le racisme, le sexisme, l'hétérosexisme, la transphobie, la discrimination linguistique, l'âgisme, la discrimination fondée sur la capacité physique ainsi que d'autres formes d'exclusion sociale, ... » « La prestation de programmes et de services culturellement appropriés, des programmes pour les non-assurés, un emplacement et une conception des installations idéales, un environnement sain et des services disponibles 24 heures sur 24 contribuent à les rendre davantage accessibles. »

« Les déterminants sociaux de la santé, notamment le logement, l'éducation, l'alimentation, le revenu, un écosystème stable, des ressources durables, l'anti-oppression, l'inclusion, la justice sociale, l'équité et la paix ont un impact sur la santé des individus et des populations. » « Les CSC s'efforcent donc d'améliorer le soutien et les conditions sociales qui influent sur la santé des clients et de leurs communautés pour les années à venir grâce à leur participation à des partenariats multisectoriels et le développement d'une politique publique saine dans le cadre de santé d'une population donnée. »

La Série sur le mois de la santé des Noirs/Africains est un programme de promotion de la santé dont l’objectif est de réduire les inégalités en matière de santé au sein des diverses communautés noires et d’ascendance africaine que nous servons.

L'année dernière, lors de la première édition, nous avions mis l'accent sur la santé mentale et le bien-être des communautés en organisant un symposium à l'Hôpital Humber River. Cette année, l'accent est mis sur les jeunes avec le lancement d'un programme de racisme anti-Noirs pour les jeunes, dans le quartier Jane/Finch, qui est financé par la ville de Toronto. (Ce programme est organisé en partenariat avec cinq autres organismes dans cinq quartiers de la ville de Toronto.)

Le célèbre danseur, Nathan Baya, animera en outre un programme de danse intitulé, « Free Up Yourself », de huit semaines qui mettra l’accent sur les bienfaits de l'activité physique et de la danse.

Pour de plus amples renseignements, veuillez communiquer avec Kola : 416-249-8000, poste 2235.