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Musée canadien pour les droits de la personne et Congrès 2019 du SNEGSP à Winnipeg

Date de publication

Le lundi 8 juillet 2019, 15 h 45

Par Rini Gulli

Le Musée canadien pour les droits de la personne et le Congrès 2019 du SNEGSP ont permis de brosser un aperçu historique et politique de l’évolution des droits des personnes handicapées dans notre pays. Le congrès se tenait à Winnipeg, à l’occasion du centenaire de la grève générale de Winnipeg – un événement qui est à l’origine du mouvement syndical moderne tel que nous le connaissons aujourd’hui.

Le Musée canadien pour les droits de la personne proposait une exposition très intéressante sur l'histoire du traitement des personnes handicapées.

L’exposition présentait des outils et des prothèses qui étaient utilisés par les personnes en situation de handicap et leur évolution jusqu’à ce jour. On pouvait également découvrir l'historique des diverses définitions professionnelles des personnes ayant des problèmes de santé mentale ou un handicap physique et leur évolution depuis les étiquettes dégradantes telles que « le crétin » ou « l’idiot » ou « l’estropié ».

L’exposition soulignait en outre le fait que certaines personnes ayant une déficience intellectuelle étaient employées dans des cuisines et blanchisseries institutionnelles, travaillant ainsi gratuitement pendant 40 ou 50 ans. Nombre d’entre elles étaient placées dans des institutions surpeuplées pendant des décennies sans recevoir aucune éducation formelle. On y présentait également les techniques utilisées pour mesurer l'intelligence, et les préjugés qui en découlaient, qui se traduisaient parfois par des diagnostics erronés pour les enfants. L'histoire du traitement des troubles respiratoires était également documentée avec des photos montrant des personnes recevant des soins dans le poumon d’acier.

En plus de l’histoire, l’exposition mettait également en valeur plusieurs précurseurs et leurs idées novatrices pour l’époque. Il était impossible de ne pas remarquer une photo de Mae Brown à une machine à écrire. Mae Brown, qui était sourde et aveugle, « a toujours refusé de se contenter d’avoir moins de droits et privilèges que les personnes non-handicapées ». (Traduction libre) En 1972, elle a été la première Canadienne atteinte de surdi-cécité à obtenir un diplôme universitaire. On y présentait en outre des inventions de plusieurs pionniers, telles que des stations de travail accessibles, mais aussi des militants tels qu’Al Simpson, qui avait fait pression sur le gouvernement fédéral pour obtenir des changements et à qui on doit l'adoption du projet de loi C 78, une loi qui modifiait certaines lois relativement aux personnes handicapées.

On a donc parlé militantisme et défense des droits durant le Congrès du SNEGSP.

Dans le document de politique intitulé Diversité et inclusion dans nos syndicats, on reconnait que très peu de progrès ont été accomplis au Canada depuis 1992, l’année où les Nations Unies ont proclamé le 3 décembre, Journée internationale des personnes handicapées.   On y mentionne de surcroît le fait que beaucoup de travail reste à faire pour faciliter la pleine inclusion des personnes ayant des handicaps visibles et non-visibles.

Ce document de politique souligne le fait que « les personnes handicapées, en tant que groupe, réussissent moins bien que la population générale » et que l’on doit faire tomber les obstacles physiques et non physiques, telles que la discrimination fondée sur la capacité physique, pour assurer pleinement l’inclusion.

Le président du SNEGSP, Larry Brown, a envoyé une lettre au premier ministre pour souligner le fait que le syndicat « travaille activement pour bâtir un avenir où les personnes en situation de handicap pourront avoir les même droits et chances que tous les autres Canadiens et Canadiennes. Insistant sur le fait que l’on doit aller au-delà de l’élimination des obstacles physiques, il a souhaité un engagement politique fort et l’accélération des financements du gouvernement fédéral.

Le syndicat national, qui a réitéré son soutien à la Loi canadienne sur l’accessibilité, actuellement en attente de la sanction royale à la Chambre des communes, a souligné le fait que ce texte de loi ne doit pas être une fin en soi, mais le début d’un processus fédéral visant à créer des communautés qui permettront à toutes les personnes en situation de handicap de participer pleinement et dignement à la société.