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Selon M. Thomas, M. Ford se trompe en ce qui concerne l'abordabilité

Date de publication

Le lundi 4 février 2019, 15 h 15

Le Toronto Sun a publié l’article d’opinion suivant, rédigé par le président du SEFPO, Warren (Smokey) Thomas, le 4 février dernier.

Pour la plupart des Ontariens, la vie est de plus en plus difficile et de moins en moins abordable. Près de 50 % des Canadiens sont à 200 $ de l’insolvabilité financière, et après 25 ans d’austérité et de coupures drastiques en Ontario, nous avons atteint une crise d’abordabilité totale.

Inutile de se demander pourquoi le mot impôt est devenu un mot tabou. Les gens ont besoin de secours, pas d’un autre coût, non? C’est pourquoi le message martelé du Parti conservateur fonctionne. Les faits ne les touchent pas, ils se contentent de répéter leur mantra : Coupons les impôts pour économiser de l'argent.

Mais lorsqu’il s’agit de nous rendre la vie plus abordable, ils ont tort et leur message est dangereux.

Prenez le dernier raté de Doug Ford concernant la taxe sur le carbone. Il n’accepte peut-être pas ce que disent de nombreux économistes qui ne sont pas d’accord avec lui, mais il est même plus difficile pour les gens de croire que M. Ford sait de quoi il parle.

Parce que quoi qu’il croie, nier l’existence des changements climatiques ne nous permettra pas d’économiser de l’argent. Il y aura des coûts et ils nous rattraperont d’une façon ou d’une autre, que ce soit au cours de notre vie ou dans les générations futures.

L’action climatique nous coûtera, mais une taxe sur le carbone est notre option la plus abordable. C’est comme une médecine préventive pour notre climat; payez un peu maintenant pour éviter les coûts de la catastrophe plus tard.

Mais qu’est-ce que c'est cette récession de la taxe sur le carbone? C’est juste une autre tactique d’intimidation de M. Ford.

Les taxes sur le carbone ne causent pas de récession; les salaires bas, le chômage élevé et la réduction des dépenses de consommation, eux, oui. Il n'est pas surprenant que lorsqu’on a moins d'argent, on dépense moins, et les effets « boule de neige » se font rapidement sentir.

C’est pourquoi l’inégalité croissante des revenus est notre plus grande menace.

Par idéologie plutôt que par les faits, M. Ford se préoccupe davantage de la taxe sur les émissions carboniques que des emplois et salaires décents. Le dernier argument lancé par M. Ford aux économistes est si ridicule, et ce, précisément en raison du mariage de longue date entre l’idéologie du PC et la théorie économique.

Depuis des générations, le PC est guidé par la main invisible du marché, l’économie de libre marché et la théorie du ruissellement. Cela n’a rien de scientifique et tout d’imaginaire.

L’économie n’est pas une science et n'est définitivement pas quelque chose d’infaillible. Mais elle peut nous procurer des enseignements utiles.

Comme lorsque les économistes progressistes ont dit qu’une augmentation du salaire minimum ne détruirait pas l’économie de l’Ontario et que ça s’est avéré vrai. Pendant la campagne électorale, les économistes ont aussi prédit que M. Ford, avec son plan financier, ferait plus de dommages que n’importe quel autre parti n’a jamais fait, et une fois de plus, ils avaient raison.

Le gouvernement Ford a coupé 2,7 milliards de dollars en recettes fiscales, mais n’a réduit le déficit que de 500 millions de dollars. Cet argent est allé tout droit dans les mains des plus aisés, à un coût très important pour le reste d’entre nous.

Ainsi, si M. Ford s’inquiète vraiment de la récession, il devrait plutôt essayer de nous rendre la vie plus abordable, de façons qui comptent vraiment pour les gens, comme en défendant les bons emplois, les salaires décents et les services publics de qualité. Ce sont les travailleurs de première ligne qui stimulent notre économie en achetant et vendant toutes les marchandises et tous les services produits.

Ces gens ont plus d'argent à dépenser quand ils ne sont pas forcés à payer des coûts exorbitants pour visiter les urgences ou rembourser leur dette étudiante.

Monsieur Ford devrait arrêter de semer la peur et plutôt s’efforcer de rendre la vie du « peuple » plus abordable. Personne n’a les moyens d’écouter ses radotages de politique partisane.

Les Ontariens s’attendent à mieux.