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À tous et à toutes, une bonne et heureuse année!

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Me tournant vers l'avenir, je considère 2013 comme une année de reconstruction du plancher sur lequel se tient la classe moyenne en Ontario et d'élimination des menaces de pertes d'emplois et de crise économique que présagent tant de gens (pour de bonnes raisons). Cette menace de déclin, accompagné d'un écart de revenus toujours plus grand, constitue un danger énorme pour nos communautés et pour notre qualité de vie. De nombreux leaders l'ont enfin reconnu. Du Pape Benoît XVI au milliardaire Warren Buffett, c'est sur toutes les lèvres. 

Le poète canadien Leonard Cohen l'exprime mieux que quiconque dans sa chanson intitulée Everybody Knows : « tout le monde sait que la lutte était arrangée, les pauvres restent pauvres et les riches s'enrichissent » (adaptation libre).

Comment en sommes-nous arrivés là? L'insécurité causée par les attaques contre un système sur lequel de nombreux Ontariens se fient pour la sécurité de leur revenu et qui nourrit leurs vies et leurs rêves est un facteur important. La guerre contre les travailleurs fut l'une de ces attaques. L'attaque peut être mise en évidence par les mesures législatives et des décisions d'entreprises visant à saboter les droits de la population et des syndicats qui la protègent. Ce sabotage a des répercussions énormes sur nos familles, nos voisins, nos communautés et notre économie. Chacun de ces groupes compte sur les revenus des personnes qui travaillent.

Depuis 1982, 260 mesures législatives relatives au travail ont été adoptées au Canada. Près de 200 de ces lois retiraient des droits aux travailleurs au profit des employeurs. Il n'est pas surprenant que pendant ce temps la densité syndicale ait baissé, la classe moyenne ait décliné et la disparité des revenus ait atteint des niveaux sans précédent. Le Toronto Star a récemment rapporté que le revenu quotidien de plus de 50 PDG au Canada est supérieur à ce qu'un travailleur moyen gagne en un an.

Tandis que de telles atrocités prennent place, les politiciens et leurs potes des grandes sociétés nous démoralisent et nous affaiblissent tous et toutes avec un fardeau incessant de mauvaises nouvelles. « Faites plus avec moins » est devenu le cri de ralliement dans la course vers l'abîme.

Tristement, en cherchant quelqu'un à blâmer pour leurs problèmes, les gens se tournent parfois vers les organisations qui, de tout temps, les ont protégés. Et les syndicats ont été  pris pour cible. « Qui a besoin d'un syndicat? », a-t-on fréquemment entendu? Après tout, nous avons des lois pour protéger les travailleurs et les autres.

Ainsi, vous pensez vraiment que les lois qui protègent nos droits sont immuables? Les lois peuvent être modifiées en moins de rien. Il suffit de regarder ce qui est arrivé au Michigan et au Wisconsin. D'un trait de plume législatif, les mesures de soutien juridiques en place pour les travailleurs et la classe moyenne ont tout à coup disparu. Des mesures contre les enseignants et d'autres ont également été adoptées en Ontario.

Les enseignants ontariens l'ont vu avec le projet de loi 115, imposé à la va-vite par une alliance de libéraux et de conservateurs, qui leur a dérobé leurs droits à la négociation collective. Et une fois que la loi a eu servi son objectif, on l'a abrogée pour ouvrir la voie au nouveau dirigeant (premier ministre) de l'Ontario, qui sera élu par les délégués libéraux le 26 janvier prochain.

Les conservateurs du jour ont aussi déclaré la guerre aux travailleurs et à leurs communautés. Leur dernière histoire d'amour relève de quelque chose qu'ils appellent « le droit au travail ». Le droit au travail, un concept odieux inscrit dans la loi du Wisconsin et de 23 autres États au sud de nos frontières. Tim Hudak, le chef du parti conservateur de l'Ontario, parle aussi d'adopter une telle mesure législative anti-syndicale s'il s'empare des clés de Queen's Park. Il appelle ça « Les voies de la prospérité ». C'est loin d'être le cas!

Avec le droit au travail, les employés d'un employeur particulier avec un syndicat ne seront pas forcés de payer des cotisations, nonobstant le fait que pour créer leur syndicat, ils ont, au préalable, dû voter démocratiquement son existence au scrutin secret. Avec le droit au travail, on met fin à la déduction automatique des cotisations syndicales, un système appuyé par la décision du juge Rand (et de la cour suprême) au Canada. Le résultat : des travailleurs qui profitent de tous les avantages conférés par la syndicalisation sans souci et sans responsabilité. C'est un peu comme prendre un taxi avec un collègue et lui laisser le soin de payer le prix de la course.

Le droit au travail est aussi caractérisé par le racisme. Vance Mews, homme d'affaires texan, a introduit le concept alors qu'on avait demandé à des travailleurs blancs d'appeler confrères et consœurs leurs homologues noirs. Il était fâché que les syndicats, déterminés à protéger les droits de la personne et la dignité humaine, puissent prôner ouvertement l'égalité  raciale.

En 1961, Martin Luther King avait dit ce qui suit : « Ne nous laissons pas berner par de faux slogans comme celui du droit au travail. C'est une loi qui finira par nous voler nos droits civils et droits à la sécurité d'emploi. Ce genre d'activités frauduleuses doit cesser. » Aujourd'hui, 52 ans plus tard, le droit au travail est de retour, déguisé en liberté de choix.

Mais ne nous décourageons pas. Il y a de la lumière au bout du tunnel! Les droitistes qui détruisent le plancher de sécurité de la classe moyenne sont allés trop loin.

Au Canada et en Ontario, après 6 ans du régime Harper, les conservateurs n'ont pas nécessairement la cote. Moins de 40 % des électeurs soutiennent le parti. Les partisans conservateurs existants sont aussi résolument engagés envers ce parti. Ce sont les vrais croyants. Ce qui rend moins probable qu'une personne indécise envisage sur un coup de tête de voter pour le programme de la droite. La position de droite est une position extrême. Et c'est ce qui crée un énorme fossé entre les indécis et la droite. Un grand nombre de gens sont encore indécis. C'est dans ce groupe que nous devons puiser.

Nous pouvons également nous pencher sur les sondages (2012), qui démontrent que près de 50 % des Canadiens appuient les normes en vigueur en ce qui concerne la retenue des cotisations syndicales, tandis que 38 pour cent appuient la politique opportuniste du droit au travail.

Nous pouvons aussi nous inspirer du mouvement « Idle No More ». Tandis que ce mouvement est un mouvement de contestation autochtone, de nombreux Canadiens partagent ces vues, qui sensibilisent les gens une fois de plus à l'omniprésence de l'injustice et de l'inégalité.

Les Canadiens sont de plus en plus mécontents. Les Canadiens veulent l'équité et un nombre toujours plus grand de gens reconnaissent que les choses sont tout simplement injustes. Les gens peuvent être mobilisés pour passer à l'action.

Le SEFPO occupe une place dominante dans cette lutte. Nous continuons de défendre l'équité fiscale, l'égalité des revenus, des services publics de qualité et la protection des droits de l'homme. Notre travail consiste à donner davantage d'impact aux mesures que d'autres organisations ou personnes prennent. Le mouvement prend de l'ampleur au fur et à mesure que des liens se forment entre les coalitions. Le pouvoir vient d'un soutien massif. Le changement se prépare.

Il ne se fondera pas sur des songeries usées à  la Tim Hudak, qui cherche désespérément à conserver sa place en flattant sans vergogne les extrêmes au sein de son parti.

La démocratie est un bien précieux. Il s'agit de la ligne de démarcation dans le sable, qui protège notre civilité et notre qualité de la vie. Les conservateurs d'ici et des États-Unis ont montré qu'ils voulaient franchir cette ligne. Ce n'est pas du sable qui les retiendra. En collaboration avec d'autres personnes et groupes aux vues similaires, le SEFPO y arrivera.

D'une étrange manière, les pleurs créés par la droite ont réveillé bien des gens. Dans les mois à venir, tandis qu'ensemble on exigera que les choses changent, notre force réelle ressortira des déclarations que notre frère King a faites il y a tant d'années : « Notre arme, c'est notre vote. » Ainsi, considérez ceci comme un appel à l'action et un appel à la mobilisation.

Solidairement,

Warren (Smokey) Thomas

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