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Méfiez-vous des conservateurs porteurs de cadeaux

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Il semblerait que les conservateurs soient en train de tendre un autre piège.

Plus tôt cette semaine, le chef conservateur fédéral, Andrew Scheer, a accroché un nouvel appât à son hameçon : la promesse d’accorder une baisse de l’impôt sur le revenu qui « vous mettrait 440 dollars dans la poche », s’il est élu premier ministre.

Avant de revenir au piège – véritable miroir aux alouettes – il est bon de souligner le fait que nous ne gagnerons pas tous 440 dollars. En fait, la plupart d’entre nous recevront moins. Beaucoup moins.

Selon les économistes qui ont examiné la proposition de M. Scheer, vous devez gagner au moins 55 000 $ par an pour économiser près de 440 $ sur vos impôts. Si vous gagnez moins de 43 000 $ par année, par exemple, vos impôts ne baisseront que de 150 $ – une « économie » de moins de 50 cents par jour.

Quelques pièces de vingt-cinq cents de plus feront-elles vraiment une grande différence dans votre vie de tous les jours? J’en doute.

Mais leur somme fera une énorme différence pour nos services publics. Quelqu’un devra payer la facture pour cet achat de voix – et c’est à nous qu’ils l’enverront. Selon le directeur parlementaire du budget qui a fait le calcul, les baisses d’impôt de M. Scheer coûteront au moins six milliards de dollars par année au gouvernement.

Six milliards de dollars que nous pourrions investir dans un programme d’assurance-médicaments afin que tous les Canadiens puissent avoir accès aux médicaments dont ils ont besoin quand ils en ont besoin.

Ou dans un programme universel de garderies qui permettrait aux parents d’économiser des frais prohibitifs et qui pourrait éventuellement s’avérer avantageux en période de croissance économique.

Ou pour améliorer le RPC et venir en aide à plusieurs milliers de retraités qui vivent dans la pauvreté.

Ou dans les technologies vertes pour combattre la crise climatique en créant des milliers d’emplois nouveaux.

Ou dans la gratuité des frais de scolarité dans les collèges et universités.

Ou pour mettre fin à la médecine de couloir.

On sait pourtant que de bons services publics sont sans pareil pour venir en aide à l’ensemble de la population – notre imagination étant la seule limite au pouvoir qu’on leur donne. Puis il y a des hommes politiques comme M. Scheer qui essaient d’acheter notre vote.

Mais la promesse de M. Scheer de mettre plus d’argent dans votre poche a une contrepartie. Son homologue provincial est à l’affût juste derrière lui, prêt à récupérer cet argent et à aller le chercher directement dans votre poche. Monsieur Scheer a accroché l’appât à l’hameçon. Et Doug Ford attend que ça morde pour ferrer le poisson.

Au moment où j’écris ces lignes, Doug Ford a déjà une loi toute prête pour limiter les augmentations salariales dans le secteur public à un pour cent pour chacune des trois prochaines années. Il s’agit du projet de loi 124 qu’il souhaite adopter après les élections fédérales – dès qu’il pourra ressortir du cachot.

Peu lui importe le fait que ce plafond salarial soit inconstitutionnel – la Charte canadienne des droits et libertés protège notre droit à une négociation collective libre et équitable. Ou le fait que ce plafond salarial n’est pas nécessaire – la semaine dernière, M. Ford a été forcé d’admettre que le déficit est inférieur à la moitié du montant qu’il prétendait être.

Il est important de rappeler que ce plafond salarial vous coûtera de l’argent. Votre argent.

Si vous gagnez 55 000 $ par an et si vous aviez négocié une augmentation salariale de deux pour cent, vous devriez recevoir 1 100 dollars de plus dans votre poche. Mais le projet de loi 124 réduira votre augmentation de moitié et vous coûtera 550 dollars.

Récapitulons. M. Scheer annonce qu’il vous donnera 440 $, mais vous devrez accepter des services publics de mauvaise qualité en contrepartie. Puis M. Ford prendra 550 $ dans votre poche. Au bout du compte, vous perdrez 110 $ et vos services publics ne seront qu’une pâle imitation de ce qu’ils devraient être.

Les conservateurs aiment se pavaner pour annoncer leurs cadeaux fiscaux. Rangez votre miroir aux alouettes, s’il vous plaît.

En toute solidarité,

Warren (Smokey) Thomas

Président, Syndicat des employés de la fonction publique de l’Ontario

@OPSEUSmokey

facebook.com/OPSEUSmokey

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