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Canada 150 : Vers une nouvelle confédération

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Chers amis,

La semaine dernière, les étudiants de l'Université Algoma votaient afin de ne pas célébrer le 150e anniversaire de la Confédération du Canada.

Le campus de l’Université Algoma à Sault-Ste-Marie est construit sur ce que l’on sait être une école résidentielle ou pensionnat pour les enfants autochtones. « Nous refusons de célébrer des attitudes nationalistes à un endroit qui a causé tant de douleurs aux peuples autochtones de nos communautés », a déclaré le président du conseil des étudiants au Toronto Star.

Je ne peux qu’applaudir la position de ces étudiants. Les jeunes leaders devraient tous nous tenir responsables du monde que nous avons créé, et plus particulièrement ceux d’entre nous qui étaient déjà adultes avant leur naissance.

Ce qui est triste, évidemment, c'est que le manque de respect à l’égard des peuples autochtones ne date pas d’hier. Il y a cinquante ans, alors qu’on fêtait le centenaire du Canada, le Chef Dan George du peuple salish du littoral, se lamentait pour la Confédération, et on entend encore ses paroles aujourd’hui :

…. J’ai vu ma liberté disparaître comme le saumon filant mystérieusement dans l’océan. Les étranges coutumes de l’homme blanc… forcées sur moi jusqu’à ce que je sois incapable de souffler. Quand j’ai combattu pour protéger ma terre et ma maison, on m’a traité de sauvage.

Notre premier Premier ministre n’avait aucun scrupule à dire qu’il fallait éliminer les peuples autochtones du pays, ainsi que leurs cultures, non pas avec des armes ou la maladie, mais plutôt en séparant les enfants de leurs parents et aînés. En 1879, John A. Macdonald a déclaré :

Lorsque l’école est sur la réserve, l’enfant vit avec ses parents, des sauvages, et même s’il apprend à lire et à écrire, ses habitudes et son mode de pensée sont indiens. C'est simplement un sauvage qui sait lire et écrire. On m’a convaincu qu’à titre de chef du ministère, je devrais faire en sorte que les enfants indiens soient éloignés autant que possible de l'influence parentale, et que la seule façon de le faire serait de les placer dans des écoles d’éducation surveillées centrales où ils pourraient acquérir les habitudes et le mode de pensée de l’homme blanc.

Cette attitude, et les politiques qui l’ont accompagnée, ont pris du temps à disparaître. En effet, ce n’est qu’en 1996 que la dernière école résidentielle fermait ses portes au Canada!

Nous avons beaucoup de choses à regretter et beaucoup de choses à essayer de réparer. Et au SEFPO, nous faisons notre part.

L’an dernier, nous avons tenu une conférence majeure pour étudier les moyens pour notre syndicat de devenir un chef de file en ce qui concerne la réconciliation. Notre Équipe de mobilisation autochtone travaille sur plusieurs questions différentes, faisant campagne pour que justice soit faite pour les survivants de la « rafle des années 60 » et pour que les communautés autochtones aient de l’eau potable à boire. Lors de notre tout dernier congrès, nous avons rendu hommage au Sénateur Murray Sinclair, responsable de la Commission de vérité et réconciliation du Canada, en lui décernant notre plus haute distinction.

La réconciliation entre le Canada et ses peuples autochtones ne se fera pas du jour au lendemain. Comme l’a dit le Sénateur Sinclair, « Il a fallu 150 ans de colonialisme et de pensionnats, sept générations de peuples, pour en arriver là. Il nous faudra peut-être encore sept générations de plus pour réparer la mal qui a été fait. »

En cette Fête du Canada, et c'en est une importante cette année, engageons-nous à accélérer le pas. Engageons-nous à créer une nouvelle Confédération qui reconnaisse et respecte le rôle des peuples autochtones dans l’histoire de ce magnifique pays.

Parce que c’est un pays magnifique. J’aime le Canada. Et je sais que les mots « Des plus brillants exploits » décrivent la façon dont des millions d’entre nous songent à notre pays, que nous soyons là depuis longtemps ou que nous venions juste de débarquer à Pearson.

Alors, quand nos jeunes nous mettent au défi de faire mieux, faisons mieux. Pour le Canada.

Joyeuse Fête du Canada!

Solidairement,

Warren (Smokey) Thomas
Président, Syndicat des employés de la fonction publique de l'Ontario