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Les entreprises maltraitent les Canadiens

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La semaine dernière, dans un moment d'apparente prise de conscience, Margaret Wente, du Globe and Mail, critiquait le comportement inadéquat des entreprises. On parle ici de la même Margaret Wente qui fréquemment profère des invectives contre les syndicats et entretient leur fin tragique. Elle n'a pas encore compris que les syndicats servent de dernière ligne de défense contre des entreprises à l'appétit insatiable et leurs partisans politiques.

Récemment, j'ai demandé que notre gouvernement sépare ses intérêts des intérêts des entreprises canadiennes. Cette relation dangereuse éclaire le chemin de l'austérité, de l'oppression et de la disparité salariale. Soyons réalistes, les entreprises n'ont qu'une chose en tête, celle de gagner plus d'argent pour leurs actionnaires.

Les salaires coûtent cher. La conception et l'innovation coûtent cher. La recherche et les technologies nouvelles visant à améliorer la productivité des travailleurs coûtent cher. Ce sont des investissements à long terme que la culture d'entreprise actuelle a rejetés. Pourquoi? Parce qu'ils restreignent les profits immédiats.

Il y a une dizaine d’années environ, certains grands manipulateurs du monde des affaires ont avancé la notion que « le gouvernement devrait être dirigé comme une entreprise ».

Vraiment? Comment alors? Comme GlaxoSmithKline, le géant pharmaceutique qui a préféré camoufler les effets secondaires potentiellement graves de son médicament contre le diabète? Comme Facebook, dont le cours de l'action a reculé immédiatement après une offre surévaluée sur les marchés publics? Comme la Banque Barclay, qui s'est récemment fait amender pour avoir manipulé les taux d'intérêt pratiqués sur le marché interbancaire? Ou comme les fameux Enron, RIM ou Frères Lehman? Ou devrait-on plutôt parler du dirigeant de la société Maple Leaf Foods, avec ses aliments infestés de listeria, que le premier ministre a nommé au « Conseil pour l'emploi et la prospérité »?

Et comment la droite répond-elle? Démolissons les syndicats, réduisons les salaires, détruisons les fonds de pension et investissons encore plus à l'étranger.

C'est clair et simple, la cupidité détruit le tissu de notre province et de notre nation. Le capitalisme et la démocratie ne font pas bon ménage semble-t-il; en effet, de nombreux politiciens sont issus du monde des affaires ou en sont tellement proches qu'ils n'osent pas dire la vérité sur l'influence néfaste des entreprises.

À quand remonte la dernière fois qu'un politicien a essayé de rebâtir plutôt que de démolir, de former un consensus plutôt qu'une crise et de diriger plutôt que de suivre? Ça fait longtemps et nous en payons le prix.

Il suffit de regarder autour de nous. Notre infrastructure tombe en ruine. Les programmes pour aider les pauvres disparaissent plus rapidement que les calottes de glace polaires. Plutôt que d'investir dans l'avenir, on coupe dans le camp des 99 pour cent, qui ont déjà du mal à joindre les deux bouts.

Et d'une manière ou d'une autre, les entreprises canadiennes continuent de prospérer. Et afin de mieux culpabiliser la population en ce qui concerne la crise actuelle, on possède les médias de communications. Après tout, nous devons faire plus avec moins, réduire, demeurer concurrentiels, travailler fort, respecter les règles du jeu et souscrire aux convictions des Tim Hortons' d'aujourd'hui.  

Mais voici la vérité. Les entreprises canadiennes nous maltraitent.

Le krach financier de 2008 fut la plus grande crise montée de toutes pièces de tous les temps. C'était une combine à la Ponzi qui a profité aux entreprises et aux banques aux dépens des générations de Canadiens présentes et futures. Le résultat est clair. Nous écopons en payant des impôts et en subissant de nombreuses coupures à des services publics importants. Nous en payons le prix avec une infrastructure paralysée par un manque d'entretien et avec des coupures dans nos pensions et des mises à pied.

Mais ça suffit maintenant! Il est temps de se lever et d'exposer le coupable.

Les grandes sociétés n'ont pas leur place au gouvernement. Il est temps qu'elles soient dirigées comme un syndicat, respectant des principes tels que la démocratie, la transparence et l'engagement envers la dignité humaine.

Solidairement,

Warren (Smokey) Thomas, président

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