Les normes d'emploi, les droits de la personne et la LCBO

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Il y a quelques temps, le Globe and Mail publiait une série d'articles sur l'augmentation alarmante des emplois à temps partiel mal payés.  Ces articles avaient été publiés après un rapport du Conseil économique du Canada sur l'érosion des bons emplois – soit les emplois à temps plein réguliers à salaire décent.

La situation vous semble-t-elle familière ?  La source principale des auteurs aurait pu être la position de négociation actuelle de la régie des alcools de l'Ontario face au SEFPO.  En vérité, le rapport du Conseil économique du Canada, qui n'existe plus aujourd'hui, date d'il y a 20 ans, et le Globe avait publié cette série d'articles quelques années plus tard, en 1993.  Le mouvement ouvrier canadien se bat avec ce même problème depuis des générations.

Depuis les années 1970, le SEFPO, issu alors de l'Association des employés et employées de la fonction publique de l'Ontario (Civil Servioce Association of Ontario), est témoin d'une augmentation constante et impressionnante du nombre d’emplois à temps partiel et occasionnels.  C'est une évolution troublante qui concerne autant le secteur privé que le secteur public.

Nous n'avons pas besoin de chercher loin les raisons clés de ce phénomène – la croissance et le pouvoir des employeurs transnationaux, la restructuration du travail et le fait que le travail soit souvent confié à l'étranger, dans des pays où les salaires sont moins élevés, et l'effet de déplacement de la main-d'œuvre toujours croissant des nouvelles technologies.  Sans parler de la tendance incessante des employeurs vers une production plus souple et « dégraissée ». Alors que nous résistions à être plus « souples », les gouvernements provinciaux et fédéral cherchaient constamment à bloquer ou contrôler nos salaires ou encore à privatiser les programmes publics.

Ici, en Ontario, le SEFPO est aux premières lignes de la lutte visant à conserver des emplois à temps plein décents.  Comment assurer autrement la stabilité professionnelle et la qualité de vie à long terme dans nos familles ?  

Quel que soit le gouvernement au pouvoir, riche ou endetté, bleu ou rouge, son intention a toujours été de saper notre sécurité d'emploi.  Nous sommes choqués par les attentes en matière de négociation d'une société d'État aussi riche et rentable que la LCBO.  Elle déverse des millions et des millions de dollars par semaine dans les coffres du gouvernement McGuinty. Malgré cela, la LCBO exploite la majorité de sa main-d'œuvre de réserve la moins bien rémunérée – des milliers d'employés occasionnels, tous soumis à des salaires à plusieurs niveaux et à une quantité d'autres iniquités connexes.

Quand il s'agit de résister au salaire égal à travail égal, je n'arrive pas à penser à un employeur du secteur public qui soit pire que la LCBO.

Pour toutes ces raisons, j'ai été très encouragé cette dernière semaine par Cheri DiNovo, critique des Normes d'emploi du NPD, qui dévoilait un projet de loi d'initiative parlementaire conçu pour finalement transporter la Loi sur les normes d'emploi dans le vingt-et-unième siècle.

Un point majeur de la proposition législative est une disposition concernant la garantie de salaire égal à travail égal. Une fois cette nouvelle loi promulguée, les employeurs ne pourront plus légalement imposer la grossière iniquité de taux salariaux à plusieurs niveaux pour le même travail.

Ce genre de droit du travail éclairé prend gentiment sa place partout en Europe. C'est un droit civique fondamental et la main-d'œuvre de première classe des magasins du LCBO ne méritent rien de moins.  Rien ne peut justifier l'obstination à conserver des taux salariaux différents pour le même travail, basés seulement sur le statut d'un travailleur, à temps partiel, à contrat, saisonnier ou temporaire.

La disposition du projet de loi garantissant le salaire égal rendra enfin la loi ontarienne conforme à la Déclaration universelle des droits de l'homme.  Elle augmentera également le pouvoir et la portée du travail des membres du SEFPO au ministère du Travail qui sont responsables de faire exécuter les normes d'emploi.

Quand elle sera soumise à l'étude à Queens Park, cette initiative devra se mériter le soutien de tous les partis.  Lorsqu'une telle occasion de faire avancer les droits de la personne se présente, la partisanerie des différents partis politiques n'a pas sa place.

En toute solidarité,

Warren (Smokey) Thomas
Président

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