Même au sein d'un gouvernement majoritaire, nous pouvons forcer le changement

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L'Ontario sort des élections du 12 juin. Le peuple s'est prononcé. Certains députés font leur valise, tandis que d'autres se préparent à aller à Queen's Park pour la première fois.

Partout en Ontario, les membres du SEFPO ont voté en faveur des services publics. Ils ont voté contre les coupures et contre les menaces de retour en arrière de l'extrême droite. Certains ont contribué au travail des campagnes, d'autres ont mis des pancartes sur leur pelouse et d'autres encore ont participé à d'autres actions politiques. Nous pouvons être fiers de ce travail et nous devons accepter les résultats des élections dans 107 circonscriptions. Nous respectons le processus et les candidats qui ont gagné et qui ont perdu. Poser sa candidature à une charge publique n'est certes pas chose facile.

Nous en savons davantage aujourd'hui sur le travail qui nous attend. Nous servons le public et témoignons des problèmes que rencontrent les personnes que nous servons. Nous savons ce qu'il faut pour fournir de bons services qui répondent aux besoins. Nous devons réagir quand ces services n'atteignent pas des objectifs acceptables.

Nous savons que les libéraux se sont fixé des objectifs d'économie ambitieux pour réduire la dette. Ils ne sont pas disposés à trouver de nouvelles sources de revenus pour le faire. Nous savons qu'ils chercheront à y parvenir au moyen de coupures de toutes sortes. Vu qu'il ne reste pas beaucoup de gras à rogner, ils se tourneront vers la privatisation. La privatisation est un échec retentissant. Nous savons que le SEFPO doit continuer d'éduquer le public sur la privatisation et en documenter les échecs, tant passés que présents.

Le 13 juin dernier, la première ministre Wynne a été claire dans sa déclaration aux médias. Elle va bientôt nommer un nouveau Cabinet et convoquera l'assemblée législative le 2 juillet. Elle a dit qu'elle présenterait le budget même qui a déclenché les élections et exercera des pressions pour le faire approuver rapidement. Elle a dit que ce budget permettrait de créer des emplois et un régime de retraite, d'investir dans l'éducation et dans les communautés et de commencer à réduire la dette. Son gouvernement veut équilibrer le budget d'ici à l'exercice 2017-2018. Elle a admis que la tâche sera ardue. Et j'en conviens.

Le plus difficile, c'est de trouver la façon de faire toutes ces choses en même temps. Il est difficile d'économiser et de dépenser sans emprunter. Et c'est là que les membres du SEFPO et les services publics se sentiront menacés. Pour atteindre cette cible, Wynne se tournera vers la vente d'actifs, les partenariats publics-privés, le recyclage des actifs et tous ces autres programmes qui se font passer aujourd'hui pour de la privatisation

Cette menace pèse sur toutes les divisions du SEFPO, en allant de la LCBO au plus petit organisme communautaire ou à but non lucratif. Les groupes d'entreprises veulent tirer profit de l'octroi de licences, de la collecte de sang, des services à l'enfance, de l'éducation, des ventes d'alcool, des services d'inspection, des soins de santé, de la santé mentale et de nombreux autres services. Le gouvernement pense peut-être qu'il est bon de louer ou vendre les services publics existants au secteur privé à prix fixe, puis de le laisser fournir ces services avec une marge de profit. Ce profit « voyagera » ensuite dans le secteur privé pendant longtemps.

De toutes les provinces, l'Ontario est déjà aujourd'hui celle qui compte le moins de fonctionnaires (par millier d'habitants). Nous payons moins pour ces services (par habitant) que dans n'importe quelle autre province. Avec ça, les profits viendront de l'augmentation des coûts prise en charge par les usagers des services; des coupures dans les services; ou de la rémunération moindre du personnel responsable de fournir les services. Les 100 premières journées d'un nouveau gouvernement sont critiques.

Alors que nous devrions tous prendre le temps de recharger nos batteries cet été, le SEFPO continuera de faire pression pour apporter des améliorations au budget des libéraux, établir des mesures d'évaluation des nouvelles politiques et actions du gouvernement et signaler les abus, la corruption et les inefficacités au public. Les membres du SEFPO ont leur travail à cœur.

Ce n'est pas facile d'être politicien(ne), de toujours dépendre des élections et de la volonté du public. Mais ce n'est pas facile non plus d'être fonctionnaire, confronté à des situations difficiles, des conditions rigoureuses et la pression constante de faire plus avec moins.

Les membres d'un SEFPO fort et uni continueront d'exercer leur rôle de fournisseurs de services, défenseurs des intérêts et dénonciateurs d'abus. Nous travaillerons dur pour le peuple de l'Ontario. Nous protégerons les services que nous fournissons. Les services publics ne devraient pas être fournis à des fins lucratives. Dans une démocratie, un syndicat actif et un public avisé peuvent forcer le changement, même avec un gouvernement majoritaire.

Warren (Smokey) Thomas

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