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Les soins de santé sont viables, mais pas les réductions d’impôts

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À quel point les soins de santé sont-ils viables? Les opposants du régime d’assurance maladie remettent régulièrement en question la capacité du secteur public de payer les factures au fur et à mesure que les soins de santé prennent une part plus grande des budgets de la province. De nouvelles données fournies par l’Institut canadien d’information sur la santé (ICIS) suggèrent que les coûts des soins de santé pourraient être plus viables qu’il n’y paraît.

L’abordabilité est mieux déterminée si l’on examine les coûts des soins de santé en tant que pourcentage par rapport à l’économie dans son ensemble et non pas en fonction de l’importance du gouvernement. Les données ICIS suggèrent que les coûts des soins de santé ont augmenté à peu près dans la même proportion que l’économie, alors que l’importance du gouvernement a diminué de façon importante.

Les soins de santé comptaient pour 10 pour cent de l’économie en 1992 – année de la dernière période de récession. En 2009, on prévoit que les soins de santé vont atteindre 11,9 pour cent en raison notamment d’un produit intérieur brut (PIB) qui diminue, pas de l’augmentation des coûts. En 2008 le montant des coûts des soins de santé était de 10,8 pour cent, c"est-à-dire moins de un pour cent par rapport au niveau de 1992. Ce qui ne prouve aucunement un manque de viabilité.

Il n’y a aucun doute que nous vivons plus longtemps et dans de meilleures conditions en raison des investissements que nous avons faits. De 1996 à 2006 la moyenne de notre espérance de vie a été prolongée de trois ans – le progrès le plus significatif en matière de taux de mortalité depuis que l’on conserve les statistiques à ce sujet.

Les sommes consacrées aux délais d’attente produisent leur effet, particulièrement pour le remplacement des hanches et des genoux ainsi que les opérations de la cataracte. Ce sont des interventions que tous les canadiens ont convenu de vouloir et dont ils sont prêts à assumer le coût.

Selon l’ICIS, des sommes ont été investies également dans des thérapies aux médicaments personnalisés, de la technologie de diagnostics,  des cours de formation pour professionnels de soins de santé et afin d’augmenter les effectifs des salles de classe dans les écoles de médecine et d’infirmiers et infirmières. Ces derniers investissements sont nécessaires si nous espérons remplacer bientôt les légions de professionnels de la santé appartenant à la génération de baby boomers qui travaillent dans notre système de soins de santé et qui vont prendre leur retraite.

Alors que les dépenses en termes de pourcentage de notre économie ont progressé au cours des 20 dernières années, cela ne s’est pas fait entièrement de concert avec la croissance de l’économie. Au cours des années 1990 les gouvernements ont sabré considérablement le financement des soins de santé, laissant les gouvernements actuels avec un déficit d’infrastructure important. Cela coûte nettement plus cher de faire du rattrapage que de faire en sorte que le système soit financé de façon équilibrée en tout temps. Le ministre des Finances, Dwight Duncan a lui même admis cela lors d’une allocution faite au congrès de l’Association des hôpitaux de l’Ontario à l’automne dernier.

Les hôpitaux semblent toujours être la cible des restrictions, mais pourtant ce ne sont pas eux qu’il faut blâmer pour les hausses de coûts des soins de santé. En fait, pour ce qui est de la part du gâteau  de la santé en général,  celle des hôpitaux a plutôt diminué. En 1975 les dépenses des hôpitaux atteignaient 44,7 pour cent des dépenses de la santé. Aujourd’hui elles ne sont plus que de 27,8 pour cent.

En 2009, on prévoit que les canadiens vont dépenser 5 452 $ par tête pour les soins de santé – assurés à la fois par les secteurs public et privé. C’est un peu moins que la France, l’Allemagne, la Suisse et la Belgique. C’est nettement moins que les États-Unis, où l’on dépense presque le double par tête, malgré qu’il y ait 45 millions d’Américains qui ne soient pas couverts par un régime d’assurance santé et de nombreux autres couverts par des assurances insuffisantes. Pour tout critère objectif évalué, les Canadiens s’en sortent mieux avec leur santé que les américains, du niveau de mortalité infantile jusqu’à notre espérance de vie en général.

Au cours de l’année écoulée il y a eu une tentative de diviser la communauté progressiste en représentant le régime de santé comme un monstre insatiable qui absorbe toutes les ressources au détriment de l’éducation, du logement, des transports et même de la réduction de la pauvreté.

Le gouvernement de McGuinty continue de réduire la part de gâteau et se réjouit de nous voir tous disputer les miettes. Le montant total des dépenses du secteur public consistait habituellement a environ la moitié du coût de l’économie. Aujourd’hui il approche seulement le tiers de ce montant.

Alors que le gouvernement fait valoir qu’il n’a pas de ressources, il va néanmoins de l’avant, à toute vapeur, avec une série de réductions d’impôts, y compris 5 milliards de dollars de réductions aux entreprises de l’Ontario.

Il nous faut défendre nos services sociaux, y compris le régime de soins de santé. Si nous commençons à inciter nos secteurs d’activités les uns contre les autres, nous allons tous être perdants.

En toute solidarité,

Warren (Smokey) Thomas
Président

Pour le dernier rapport sur le financement des écoles en Ontario (en anglais seulement), cliquez ici.  Pour voir comment l’économiste des Métallurgistes unis Erin Weir explique (en anglais seulement) la privatisation de la LCBO est une mauvaise idée, cliquez ici.

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