Skip to content

« Je suis Canadien »

Share on facebook
Share on twitter
Share on email

Il y a quelques années, un brasseur populaire a frappé en plein dans le mille avec un slogan accrocheur : « Je suis Canadien ». Amateurs de hockey, équipes sportives, gastronomes de jardin et bien d'autres décidèrent alors d'adopter fièrement la déclaration.

Ceci dit, il faut reconnaître que notre histoire est loin d'être parfaite. Nous avons été témoins du colonialisme et de nombreuses tragédies. Et cette tradition déplorable se perpétue, comme par exemple la relation entre le Canada et ses peuples autochtones. Mais malgré ça, « Je suis Canadien » a passé outre ces « détails » en nouant des liens entre les gens et ce sentiment de fierté que l'on ressent parce qu'on vit au Canada. À l'instar de nombreux Ontariens qui aiment leur province, la plupart des Canadiens aiment leur pays. C’est un peu comme la relation qui existe entre les travailleurs et leurs familles et leurs communautés.

Émotions mises à part, tentés de suivre ceux qui sont prêts à tout pour tirer des gains personnels, j'ai l'impression que nous sommes en train de perdre notre identité. Mais qui sont ces gens malhonnêtes qui préfèrent nous considérer comme des contribuables plutôt que comme des Ontariens ou des citoyens?

Le terme « contribuable » pue l'argent et l'avidité. Ce terme est dégradant et moqueur, parlant de ce que nous payons plutôt que de ce que nous apportons à la société. Et il suffit de voir comment on dépense notre argent : « Je suis un contribuable, fatigués de payer les salaires et régimes de retraite dorés du secteur public. »

Ou : « Je paie mes impôts et ne reçois rien en retour. » Mais celui que je préfère, c’est : « Réduisons les impôts pour créer des emplois. » 

Mieux vaut en rire qu'en pleurer! Ces énoncés trompeurs contribuent à séparer les services gouvernementaux des membres du public qui élisent nos politiciens. Oliver Wendell Holmes, Jr., un juge  à la Cour suprême des États-Unis que l'on cite fréquemment, a dit :  « Les impôts, c'est le coût d'une société civilisée. » Je suis d'accord avec lui.

Tandis que les extrémistes de droite se plaignent de leurs déficits budgétaires, d'autres dettes s'accumulent; le déficit démocratique et le déficit en infrastructures en sont deux exemples. Et les contribuables n'y prêtent guère attention. Judicieux, les citoyens s'inquiètent.

Il suffit de regarder nos routes, nos ponts et nos égouts. Sans parler de nos services publics… en allant de la façon dont nous prenons soin des malades et des personnes handicapées à la façon dont nous réglementons le transport des produits pétroliers et autres matières dangereuses. Tandis que les richesses et le PIB canadiens augmentent à vive allure, pourquoi ne choisissons-nous pas d'investir davantage dans ces services? 

L'état de notre déficit démocratique n'est pas meilleur. Prorogations, scandales, secrets, déréglementation et accords secrets abondent. Dans cette arène, la politique axée sur l'argent ne manque jamais de triompher de la politique axée sur le peuple.

Peut-on s'attendre à des solutions des banquiers, grandes sociétés ou de ces politiciens qui les vénèrent? Leur solution, réduire les impôts et mettre davantage de travailleurs du secteur public à pied, faisant passer le pouvoir des simples citoyens aux mieux nantis.

Il est temps de mettre fin à ces manigances. Le 2 septembre 2013 est la fête du Travail. Et le SEFPO marque la journée avec différentes activités intéressantes.

Nous soutiendrons des actions qui permettront aux membres du SEFPO et à leurs voisins de reconquérir leur citoyenneté en s'exprimant davantage dans leurs communautés, province et pays. Nous soutiendrons les bénévoles, les rédacteurs de lettres et de courriels et ceux et celles qui posent des questions précises aux élus. Nous encouragerons nos membres à participer aux campagnes électorales et même à se porter candidat. Si vous avez besoin du SEFPO, nous serons là.

Nous dévoilerons notre campagne intitulée « Débarrassons-nous du patron ». J'ai dit aux ministres, aux politiciens et aux responsables d'organismes de la Couronne comme la LCBO que les prétendus problèmes au niveau des coûts dans le secteur public ne commencent pas avec les travailleurs de première ligne. Je leur rappelle que les travailleurs de première ligne sont ceux qui fournissent les services. Les problèmes commencent avec les patrons qui gèrent et contrôlent le système. Ils protègent leurs positions au détriment des travailleurs, des services et des citoyens.

Les travailleurs de première ligne encaissent les coups à chaque réduction d'effectif. Les réductions d'effectif contribuent aux réductions dans les services, voire même à leur suppression. Les travailleurs touchés quittent leurs communautés avec leurs familles, un phénomène qui contribue à faire baisser la productivité locale.

Dans notre système, trop de patrons s'accaparent les ressources des services publics et des citoyens. Avec des budgets restreints, pendant qu'ils s'enrichissent, les autres s'appauvrissent. Examinons la Fonction publique de l'Ontario (FPO). La FPO est composée de travailleurs de première ligne, qui fournissent les services, et d'employés qui gèrent et créent les politiques. Le SEFPO représente les travailleurs de première ligne. Depuis 1990, le nombre de fournisseurs de services – ceux qui « font » – a été réduit d'environ 60 %. Cette réduction s'est produite alors que l'effectif de la FPO augmentait. Les chiffres à l'AEGAPCO (Association des employés et employées gestionnaires, administratifs et professionnels de la Couronne de l'Ontario) ont explosé. Le nombre de gestionnaires (exclus) et de conseillers a également largement augmenté.

Un autre exemple est celui de la LCBO, qui favorise les travailleurs à temps partiel.

Dans le secteur parapublic élargi (SP) et les collèges communautaires, nous observons également une augmentation des gestionnaires et une diminution de l'effectif aux premières lignes. Nous savons qu'un grand nombre de directeurs exécutifs et cadres supérieurs au sein du Secteur parapublic (SP) sont sur-rémunérés. Certains reçoivent un salaire qui correspond à plus du double du revenu de la première ministre pour exploiter des organismes communautaires et à but non lucratif relativement petits. Ce n'est tout simplement pas juste.

L'action communautaire favorisée par les campagnes du SEFPO exposeront ces abus. La voix des communautés exigera que tout cela change. Pourquoi? Les citoyens soutiennent leurs voisins, communautés et organisations sociales. Les citoyens prennent soin les uns des autres. Bonne fête du Travail !

Solidairement, 

Warren (Smokey) Thomas, président

Afficher tous les messages du président : de 2009 à aujourd'hui