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Des choix difficiles à faire

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Nous faut-il diviser pour régner? Ou devrions-nous travailler main dans la main? Peut-on s'attendre à ce que seuls les forts survivent? Ou la solidarité régnera-t-elle?

Aujourd'hui plus que jamais, ces questions sont prévalentes. Pour y répondre, nous devons y prêter toute notre attention et prendre de sages décisions. Les attaques de la droite sur les familles de travailleurs ne font que s'intensifier.

Je parle ici de l'effort à dresser les travailleurs du secteur privé contre les travailleurs du secteur public.

Ce qui suit vous est familier, j'en suis sûr. Certaines gens nous assurent que le secteur privé est efficace; qu'il reflète les tendances du marché. Ils prétendent qu'une fois « lâchées », les entreprises privées forment de puissantes créatrices d'emplois.

Par contre, ces mêmes gens disent que le secteur public ponctionne l'économie. Selon eux, il est bourré d'employés privilégiés qui croient que tout leur est dû; des employés surpayés quand ils travaillent et en possession d'une pension plaquée or lorsqu'ils se mettent à la retraite.

Selon ces magouilleurs (ou devrais-je plutôt dire « ces menteurs », là! je l'ai dit!!), la bureaucratie au sein du secteur public limite l'expansion et la prospérité du secteur privé. Il n'y a pas de bons impôts, qu'ils disent! Ils disent que le gouvernement est un mal et que les employés du gouvernement sont jetables.

Ah? Vraiment? Examinons les faits d'un peu plus près.

Les grandes sociétés existent pour enrichir leurs propriétaires (les actionnaires), pas pour créer des emplois intéressants pour la société. Leurs dirigeants sont grassement récompensés pour leurs efforts visant à améliorer les bénéfices. Leur objectif primordial est de réaliser des bénéfices chaque année.

Ils réduisent les coûts pour maximaliser les recettes. Leurs efforts font souvent tort à la société. Lorsqu'on s'obstine à couper pour réaliser des profits à court terme, on finit par perdre des emplois. Ces pertes d'emplois se traduisent par du chômage. Les travailleurs, leurs familles et le reste de la communauté finissent par n'avoir d'autre choix que de se déplacer. Le faible taux d'emploi apporte la pauvreté et un ralentissement de l'activité économique.

Les entreprises qui cherchent à obtenir le maximum avec le minimum de ressources (lean & mean) n'en ont que faire! Elles veulent voir leurs profits augmenter; leurs salaires s'engraisser et leurs primes gonfler; c'est l'air qu'elles respirent. La vie est belle pour ceux qui sont au sommet!

Mais d'où leur viennent ces profits? De salaires plus bas; d'impôts réduits et de prix plus élevés. Ensemble, ces facteurs ont une incidence directe sur la vie des travailleurs, des consommateurs et des contribuables.

Mais cette situation n'aurait jamais été possible sans la permission, la participation et l'intervention du gouvernement. De par leurs politiques, nos gouvernements se sont faits complices de cette attaque massive contre les travailleurs.

Les entreprises ne contribuent que 10 milliards au revenu de fonctionnement annuel de l'Ontario, lequel se monte à 117 milliards de dollars. Au niveau national, les grandes sociétés contribuent 14 % de ce revenu total. En revanche, l'impôt sur le revenu des particuliers y contribue 50 pour cent.

Compte tenu de ces chiffres, comment cela se fait-il que les sociétés exercent une telle influence sur la prise de décisions des gouvernements? Est-ce parce que l'argent fait foi de tout? Après tout, les entreprises canadiennes sont assises sur 500 milliards de dollars en « argent mort », verrouillés dans des chambres fortes inaccessibles. Cette somme énorme pourrait être réinvestie dans l'économie sous forme d'innovation, de recherche, de nouvelle technologie et d'emplois.

Mais elle ne l'est pas. Pourquoi?

Attaquer le secteur public aide le parti conservateur dans ses collectes de fonds. La base toujours plus maigre du parti adore écouter des histoires sur la façon dont les travailleurs du secteur public détruisent l'économie, même si ces histoires sont imaginaires.

La vérité est que les travailleurs du secteur public apportent de la valeur. Grâce à leurs services, la société est plus juste et plus équitable. Lorsqu'une tragédie frappe, les travailleurs du secteur public sont là, aux premières lignes. Ce sont eux qui courent vers le danger, personne d'autre.

Et les travailleurs du secteur public paient des impôts, comme l'impôt sur le revenu, les taxes de vente, l'impôt-santé et les impôts fonciers.

La droite essaie aussi de jeter la brouille entre les consommateurs et les travailleurs. Encore une fois, ils ignorent commodément que les travailleurs sont des consommateurs! Des travailleurs bien rémunérés produisent des biens et les achètent. Leur revenu disponible fait tourner une économie plus que jamais axée sur la consommation. Un salaire décent et équitable est essentiel. Mais le problème, de nos jours, c'est qu'un tel salaire n'existe pas!

Personnellement, je ne m'engagerai jamais dans un débat qui oppose les travailleurs du secteur privé à ceux du secteur public.

Pour moi, il y a des employés et des employeurs. Il y a les riches et puis il y a nous. Pour maintenir le genre de société dont nous avons besoin, nous devons partager la richesse. Et pour cela, il nous faut de bons emplois et une stratégie pour les créer. La théorie des miettes ne fonctionne pas. Elle n'a jamais fonctionné.

Les mesures d'austérité ne permettent pas de créer la prospérité, sauf si vous êtes déjà riche bien sûr.

Les réductions inconditionnelles des impôts des sociétés se sont révélées inefficaces. Moins les grandes sociétés paient d'impôts et moins elles veulent en payer. Toutes ces réductions d'impôts, de l'argent qui aurait pu servir à créer des emplois, finissent dans les comptes de banque des actionnaires et dirigeants.

Je ne m'excuserai jamais de me battre au nom des travailleurs. Pensions, salaires, prestations, santé et sécurité, droits de la personne, tous représentent des valeurs sources d'aspiration auxquelles nous devons croire. Je les veux pour tous, sans fossé artificiel entre les travailleurs des secteurs privé et public.

Malheureusement, la mentalité actuelle des entreprises, que partage un nombre beaucoup trop élevé de nos leaders politiques, a donné le signal de départ à la course vers l'abîme pour tous, à l'exception des riches. Les riches financent le complot, des économies d'impôts aux profits.

Malgré tout ça, je reste optimiste. Le climat est en train de changer. Les gens commencent à comprendre. Le SEFPO choisira toujours la solidarité et l'égalité pour tous les travailleurs, consommateurs et contribuables. Nous agissons ensemble et nous formons un tout. Ce que nous voulons pour nous-mêmes, nous le voulons pour tout le monde.

Et pour les riches? Eh bien, ils seront toujours riches. C'est ça le capitalisme.

En songeant aux mois à venir, faites les bons choix pour vous, pour vos familles et pour vos communautés. Agissez et votez pour protéger vos intérêts!

En toute solidarité,

Warren (Smokey) Thomas
Président

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