Message aux progressistes canadiens : les libéraux ne sont pas progressistes

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Chers amis,

Le 19 octobre prochain, je ne voterai pas libéral.

Alors que le jour de l'élection arrive à grands pas, les deux tiers des Canadiens, qui ne veulent plus de Stephen Harper comme premier ministre, se trouvent face à un choix. Pour bon nombre de ces électeurs, la question électorale clé est la suivante : qui est le candidat « progressiste »? Le libéral Justin Trudeau ou le néo-démocrate Tom Mulcair?

Trudeau promet de stimuler l’économie en investissant dans des projets d’infrastructure qui engendreront un déficit. Mulcair propose une approche à long terme avec un programme national de garderie (que les libéraux avait promis il y a 20 ans) et un régime d’assurance médicaments pancanadien (que toutes les provinces réclament depuis longtemps).

Trudeau augmenterait l'impôt sur le revenu des un pour cent les plus riches pour réduire les impôts de la classe moyenne. Mulcair augmenterait les impôts des sociétés pour financer les programmes à la population.

À première vue, il est difficile de discerner la vision la plus progressiste.

Nous avons besoin de soutenir nos villes, de réduire la congestion routière et de bâtir de nouvelles infrastructures. Il n'y a rien de mal à engendrer un déficit quand on investit dans des projets d'infrastructure à partir du moment où l'on taxe la richesse créée par ces projets pour payer les dettes à long terme.

En ce qui concerne les nouveaux services publics, nous en avons également besoin. Les services de garde de qualité sont essentiels tant pour nos enfants que pour notre économie : ils permettraient à davantage de personnes, notamment à des femmes à faible revenu, de pouvoir travailler. Un régime d’assurance médicaments signifierait que les citoyens n'auraient plus à choisir entre l'achat de médicaments à la pharmacie ou de nourriture à l'épicerie. C'est une mesure qui permettrait d'économiser de l'argent à long terme, en particulier pour les employeurs qui profiteraient d'une baisse du coût des avantages sociaux.

Deux visions, un seul bulletin de vote. Comment décider?

Les progressistes canadiens se tromperaient s'ils ne tiraient pas un enseignement des dernières élections en Ontario.

Il y a 15 mois, les libéraux nous promettaient des investissements massifs dans de nouvelles infrastructures, en particulier dans les transports publics. Alors que la province avait déjà présenté de nombreux budgets déficitaires, il s'agissait d'un pari pour le moins audacieux. Malgré sa promesse vague concernant les « nouvelles sources de financement », la première ministre Wynne a réussi à convaincre 38 % des électeurs et à former un gouvernement majoritaire.

Le résultat est aujourd'hui loin d'être progressiste. Le nouveau gouvernement a intensifié les coupures dans les services publics. Il a étendu son programme de réductions des salaires aux employés du secteur public. Il a annoncé – de manière impromptu – qu'il privatiserait Hydro One, la société de distribution d'électricité de la province.

Dans son plus récent sondage, Environics a trouvé que 83 % des Ontariens s'opposent à cette vente. Cédant aux pressions de Bay Street, Wynne fait fi de l'opinion de la population et va de l'avant.

Est-ce que cette privatisation est progressiste? Non, pour la bonne raison que la vente d'Hydro One constituerait l'un des plus importants transferts de richesse publique à des investisseurs privés de l'histoire canadienne.

Depuis le dernier quart de siècle, les sociétés canadiennes réclament des réductions d'impôt et les gouvernements libéraux et conservateurs successifs se sont pliés à leurs désirs. Mais de nos jours, les banques et les autres sociétés ont trouvé une nouvelle cible. Elles voient le secteur public comme un important centre de profit et qu'il y a beaucoup d'argent à gagner dans l'infrastructure publique.

L'Ontario est un chef de file en matière de construction de projets d'infrastructure en partenariats publics-privés (P3). Mais en décembre dernier, la vérificatrice générale a annoncé que les Ontariens avaient payé huit milliards de dollars de trop dans 74 grands projets d'infrastructure qui avaient été gérés et financés par des sociétés privées. En fait, les sociétés se sont accordé une majoration de 28 % par rapport aux méthodes classiques du secteur public.

Qu'est-ce que cela a à voir avec Justin Trudeau? Tout. Dans un de ses discours, l'hiver dernier, Trudeau a exhorté les sociétés à se lancer massivement dans l'infrastructure publique. « Justin Trudeau a fait savoir qu'il appuie sans réserve les partenariats publics-privés », a souligné le Canadian Business Journal. (traduction libre)

Les électeurs qui ne savent pas comment les fonds publics sont dépensés dans les P3 pourraient avoir du mal à identifier le véritable progressiste dans cette élection.

Tout le monde sait que le Parti libéral fédéral et les libéraux de l'Ontario partagent des affinités naturelles d'idées. Ce que Justin Trudeau nous vend cette année est ce que Kathleen Wynne nous vendait l'an dernier.

Ici, en Ontario, les gens voient cette affinité de doctrines. Dans le sondage Environics, 48 % ont dit « qu'il y a peu de chances qu'ils votent libéral » à cause de la vente d'Hydro One.

Le 19 octobre, les progressistes canadiens n'ont pas à voter pour des privatisations régressives. Ils n'ont pas à voter libéral.

En toute solidarité,

Warren (Smokey) Thomas
Président, Syndicat des employés de la fonction publique de l'Ontario

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