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Profits et pauvreté : un regard sur deux budgets

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Le ministre fédéral des Finances, Jim Flaherty, a nommé son budget du 22 mars « Des impôts bas pour stimuler la croissance et l'emploi ». Pour ce qui est de ma part, je l'appellerais plutôt « Programme de profits et de pauvreté ».

Même les Conservateurs considéraient que Flaherty était trop droitiste lorsqu'il était ministre des Finances de l'Ontario, il y a quelques années. Lui et Stephen Harper, qui ne plaisantait pas quand il a supprimé le mot « progressiste » du nom de son parti, vont bien ensemble.

Le programme conservateur de Harper n'a jamais changé et il ne nous trompe pas. Apparemment, selon Monsieur Harper, le travail du gouvernement consisterait à prendre l'argent des travailleurs et des pauvres pour le donner aux gens les plus riches du pays. Et ce dernier budget est fidèle au programme. Il poursuit sa campagne de dons énormes aux sociétés, qu'il avait lancée en 2007. Par contre, le million d'enfants canadiens vivant dans la pauvreté ne méritent même pas une mention. Dans ce pays ultra riche, 870 000 personnes différentes visitent une banque alimentaire dans un mois typique. Pour Harper, les gens qui ont faim, ça n'existe pas – et de toutes façons, qu'importe s'ils existent!

Le budget n'offre aucun espoir aux étudiants qui ne peuvent se permettre d'aller au collège ou à l'université. Il ignore le besoin urgent d'un programme national de garderie d'enfants. Le crédit d'impôt aux aidants naturels de 300 $ par année frise l'insulte. Il n'aidera pas les familles à obtenir ce dont elles ont besoin, soit davantage de soins publics à domicile de qualité.

Le budget promet de supprimer au moins 4 milliards de dollars des services publics. C'est le monde à l'envers! Ce dont ce pays a besoin maintenant, c'est un investissement massif dans les services publics pour répondre aux besoins des gens et créer des emplois. Ce n'est pas comme si nous ne pouvions pas nous le permettre. En fait, le Canada pourrait ajouter 500 milliards de dollars à sa dette et encore avoir la dette la plus basse, par rapport à la taille de son économie, de tous les pays du G8.

Oui, nous avons traversé une grosse récession. Mais le Canada se remet bien. Nous pouvons nous permettre d'assurer la prospérité de tout le monde. Mais pas si nous continuons de remplir les poches déjà bien garnies des cadres des grandes sociétés.

Ici en Ontario, le 29 mars est un jour test pour Dalton McGuinty et ses Libéraux. Il est vrai qu'il a bu le Kool-Aid conservateur en 2009 en concluant une entente avec Harper relativement à la TVH et en introduisant ses propres réductions d'impôts des sociétés. Mais l'espoir fait vivre. Entre aujourd'hui et le 6 octobre, McGuinty doit montrer à ses électeurs qu'il est différent et meilleur que Tim Hudak, le chef du PC. Mais s'il pense que l'élection provinciale est une simple décision entre deux façons différentes d'être droitiste, il risque d’être surpris.

S'il tourne le dos aux électeurs progressistes, ils lui tourneront le dos eux aussi. Je peux le garantir.

Quoi que fassent les gouvernements, notre syndicat restera fidèle aux valeurs de nos membres. Une économie prospère et équitable construite sur des services publics de classe mondiale est chose possible. C'est ça que nous défendons.

Solidairement,

Warren (Smokey) Thomas, président
Syndicat des employés de la fonction publique de l’Ontario

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