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La solution du 60 %

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Dans mon cours d'éducation civique, j'ai appris que les gouvernements élus sont censés travailler pour tout le monde. Alors comment cela se fait-il que les gouvernements conservateurs favorisent des politiques égocentriques qui intéressent à peine un tiers de l'électorat? Si on tient compte que dans notre système électoral, une victoire peut être remportée avec 38 à 40 % des électeurs, ça ne devrait pas trop nous surprendre.

Bien des Canadiens pensent que les partis politiques se métamorphosent une fois au pouvoir et qu'ils sont alors plus enclins à accepter de faire des compromis. Et il est vrai que de tels compromis ont de tous temps permis d'élaborer des programmes qui ont contribué à former des Ontariens et des Canadiens plutôt que des gagnants et des perdants. Ce n'est malheureusement plus le cas aujourd'hui.

Les conservateurs, plus particulièrement, veillent à leurs intérêts et ignorent les autres. Choisissez une question importante et vous verrez qu'ils se trouvent du mauvais côté. Songez par exemple au mariage entre conjoints de même sexe; au droit des femmes de prendre leurs propres décisions relativement à leur grossesse; aux coupures au niveau des services publics; à la décriminalisation de la marijuana; à notre rôle de gardien de la paix; aux politiques du gouvernement fondées sur des preuves; et au rôle des syndicats.

En exprimant des opinions contraires à l'opinion publique, les conservateurs montrent bien qu'ils n'ont aucune intention de gouverner pour tous. Ils comptent sur leur base et l'utilise pour remodeler le Canada en contrôlant les messages et en manipulant les médias. Les sondages d'opinion montrent que les gens pensent encore que les acolytes de Harper font de bons gestionnaires économiques, et ce, malgré les énormes coupures dans les services publics, des réductions sans précédents au niveau des impôts des sociétés, des déficits gigantesques et la perte de 46 000 emplois à temps plein dans la dernière partie de 2013.

De bons gestionnaires? Non mais c'est pas vrai! Pas avec leur philosophie économique axée sur des salaires et des impôts bas. C'est pour ça qu’ils n'aiment pas les syndicats. Les syndicats se battent pour obtenir des salaires décents pour les travailleurs. Les syndicats défendent une classe moyenne solide. Les syndicats favorisent aussi l'égalité et la prospérité.

Regardons les faits. Les réductions d'impôts, surtout pour les grandes sociétés et les riches, ne créent pas d'emplois à temps plein. Au lieu de ça, elles contribuent à une accumulation de bénéfices pour les entreprises. Le favoritisme des conservateurs nous a conduits là où nous sommes aujourd'hui : dans des eaux troubles. Les conservateurs s'accrochent désormais à des changements économiques positifs pour prouver leur intelligence… des changements qui ne viennent certainement pas d’eux. Les récents changements dans la valeur du dollar canadien sont un exemple.

L'Ontario est depuis longtemps un exportateur majeur, et il devrait le rester. Mais pour cela, le dollar canadien doit atteindre un juste équilibre par rapport à notre principal partenaire commercial, les États-Unis. La plupart des économistes (tous secteurs confondus) pensent qu'un tel équilibre existe lorsque le dollar vaut environ 81 à 85 cents US.

On a récemment vu le dollar s'en aller dans cette direction. Ce changement ne signifie pas qu’il nous faille croire aux déclarations d’une croissance dans le secteur manufacturier et d’une augmentation des emplois rapides. Cela va prendre du temps. Le décalage résulte des grandes entreprises qui ont préféré s'asseoir sur leurs profits que de les réinvestir ces cinq dernières années. La situation s'est traduite par des investissements moindres dans les secteurs de la technologie, de la recherche et de la formation. Ces dernières années, tandis que le dollar canadien brillait, il aurait été temps de dépenser. On aurait pu acheter de multiples ordinateurs et autres équipements et développer de nombreux programmes de formation, mais le secteur privé ne l'a pas fait et les gouvernements ne l'ont pas exigé.

Ainsi, en attendant un revers de fortune causé par la dépréciation du dollar, les Ontariens devront payer plus pour les marchandises importées, sans marchandises de remplacement ontariennes… ou s'en passer.

À quoi pouvons-nous nous attendre de nos politiciens de droite tandis que notre dollar poursuit sa dépréciation? Nous allons entendre que la dette du gouvernement est hors de contrôle, parce qu'un dollar bas augmente les frais de remboursement des dettes extérieures. Ils diront qu'il faut augmenter les mesures d'austérité, même si plus de deux tiers de la dette de notre gouvernement est due à des fonds de pension et à de riches Canadiens, en dollars canadiens. Compte tenu de cela, leurs déclarations sont tout simplement inacceptables!

De plus, on peut s'attendre aux cris des employeurs canadiens, qui utilisent des intrants américains pour leurs produits. Ils prétendront ne pas pouvoir répercuter l'augmentation des coûts sur leurs clients. Et il faudra contrôler les salaires jusqu'à ce que la situation s'améliore.

Ça aussi, c'est inacceptable! Il y a bien d'autres endroits où ajuster les liquidités. Les grandes entreprises qui sont assises sur des réserves énormes « d'argent mort » en sont un. Leurs impôts ont beaucoup baissé ces dernières années, et ces profits sont aujourd’hui dans leurs poches. Aussi, lorsque les taux de change renchérissent les importations, les fabricants peuvent s'approvisionner au Canada. L'avantage est une augmentation de l'emploi et de l'activité économique qui dépasse les coûts de l'ajustement à court terme.

Les mensonges des entreprises de droite visent à promouvoir une économie de petits salaires. Une économie de petits salaires est essentielle à la réalisation de leur objectif de compromettre le rôle des gouvernements dans la société. Une économie de petits salaires ne peut pas conduire à la prospérité et à l'égalité. Seule une économie dynamique et un gouvernement actif y parviendront.

Comment ça? Le gouvernement est là pour s'assurer qu'aucun groupe n'est laissé pour compte dans la société. Pour cela, il faut qu'il perçoive des recettes de façon équitable, de diverses sources, y compris d'un système d'impôt progressif. Quand on parle d'impôts sur le revenu, des salaires inférieurs se traduisent par des recettes fiscales moins élevées. D'où les fortes pressions sur la réduction des services. Ce phénomène amène l'austérité, qui amenuise encore davantage le rôle du gouvernement « d'égalisateur » des possibilités et économique au sein de la société. Les riches gardent leur argent et le pouvoir des grandes sociétés est moins susceptible d'être anéanti. Et la vie, l'économie et les bénéfices des grandes sociétés continuent. Ce cercle d'inégalité est en train de détruire la prospérité de l'Ontario et sa classe moyenne.

Nous avons besoin d'optimisme, un ingrédient essentiel à toute reprise économique. La vérité est que la dépréciation du dollar aura un effet positif sur les profits des manufacturiers canadiens. On devrait aussi diminuer la pression à la baisse sur les salaires et les emplois. On pourrait ainsi favoriser un influx de nouveaux investissements dans l'économie, eux-mêmes issus de la réserve « d'argent mort » dont nous avons parlé plus tôt. Nous devons regarder au-delà des combines des grandes entreprises et déclarations égocentriques de la droite. Leurs cris de détresse sont égoïstes et trompeurs.

Il est temps de se réveiller, de passer à l'action et de réfléchir clairement. Il est temps que les politiciens écoutent et respectent tous les citoyens. Battons-nous pour l'égalité avant qu'il ne soit trop tard. N'oubliez pas que nous sommes la majorité. Les syndicats ont bâti la classe moyenne. Nous sommes une voix puissante qu'on ne pourra pas taire.

En toute solidarité,

Warren (Smokey) Thomas, président

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