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« La seule chose que nous ayons à craindre est la crainte elle-même. »

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Ces quelques paroles prononcées par Franklin Delano Roosevelt, président démocrate et architecte du « nouveau pacte », sont aussi vraies aujourd'hui qu'elles l'étaient alors. Près de 80 ans plus tard, l'élite du secteur privé se sert de la crainte pour atteindre son but.

Pensez-y. Nous vivons constamment dans la crainte des menaces d'un effondrement économique. On ne cesse de nous répéter que les coffres sont vides, qu'il nous faut faire davantage avec moins, que nous devons nous montrer plus productifs, que nous devons donner plus que nous recevons et que nous devons vivre selon nos moyens.

L'objet de ces recommandations est simple : nous paralyser par la peur.

C'est pourquoi les conservateurs ne cessent d'épiloguer sur le déficit et sur le fait que le gouvernement ne peut plus se permettre de dépenser plus qu'il ne gagne. Une fois élus, ils promettent d'arrêter de dépenser et de réduire les impôts et les recettes. Le résultat, on le connaît : on passe le hachoir ici et là dans les services publics et on en privatise d'autres. On sacrifie le patrimoine laissé par les générations précédentes pour enrichir des « amis ». On transforme en entreprises des institutions bâties par nos ancêtres pour établir la paix, l'ordre et une bonne gouvernance. Un patrimoine laissé au public pour le bien de la société tombe entre les mains d'intérêts privés pour des gains personnels. Rien qu'en Ontario, il suffit de songer à Teranet, à la société ORNGE, à cyberSanté, aux magasins de franchise de la LCBO et à la 407.

Du temps a passé et on constate aujourd'hui que les intérêts privés s'opposent à l'intérêt collectif. Ces cas en témoignent. Les intérêts privés augmentent, l'intérêt collectif diminue.

Et n'oublions pas que ceux qui nous disent de vivre selon nos moyens ont fait fortune avec l'argent d’autrui. Si les grandes sociétés conduisaient leurs affaires avec les fonds disponibles en caisse, elles n'auraient d’autre choix que de vivre dans un monde beaucoup plus petit. Le capitalisme repose sur le crédit et sur la volonté des banques d'accorder ce crédit.

Après tout, que feraient les entreprises sans clients! C'est pourquoi il est normal que les augmentations salariales des travailleurs soient justes et correspondent à leur contribution. De cette façon, nous pouvons dépenser ce revenu discrétionnaire sur les produits et services que fournit le reste de l'économie.

Comment aborder le désir de partager les richesses? Les partisans de la droite exploitent la crainte du peuple pour faire avancer leur cause et grignoter dans notre part du gâteau économique. C'est pourquoi ils veillent à ce que les médias, qui leur appartiennent, communiquent des messages qui jouent sur cette peur.

Quels sont ces facteurs de crainte? L'effondrement imminent de l'Euro; une bulle immobilière prête à exploser, selon certains; un marché boursier volatile; le surendettement personnel; le prix du baril de pétrole qui joue au yoyo; les dépenses inconsidérées du gouvernement; les pensions plaquées or du secteur public et la gourmandise des syndicats.

C'est de cela dont ils se servent pour pointer du doigt tout le monde sauf eux-mêmes. Ils laissent entendre que les travailleurs syndiqués sont responsables de tous ces problèmes. Ils prétendent que la période de vaches grasses pourrait revenir, mais seulement si les travailleurs acceptent de travailler plus pour moins.

Regardons les choses en face! Crainte et catastrophisme servent les intérêts des riches qui contrôlent notre monde. Ils servent l'enrichissement et l'appétence de pouvoir des nantis.

Mais changeons maintenant le discours.

Et pour ce faire, le SEFPO appuie les efforts de la Fondation des services publics du Canada. La Fondation, qui tient des audiences à travers l'Ontario, fait ressortir d'autres réalités, des réalités que néglige l'enquête secrète de Monsieur Don Drummond. Le message entendu explique clairement pourquoi l'économie patauge :

  • Une injustice profonde règne dans le système. Le dollar que gagne une personne comme vous et moi n'est pas taxé de la même façon que le dollar gagné par un riche.
  • Les services dont tant de gens ont besoin sont supprimés ou rendus plus dispendieux par la privatisation.
  • Tandis que certains se sont enrichis, les salaires des travailleurs n'ont pas suivi l'augmentation du coût de la vie. C'est simple, on ne peut pas dépenser ce qu'on n'a pas.
  • Plutôt que de créer des emplois, les réductions d'impôts des sociétés privent le peuple de services essentiels en cette période économique difficile.

Qu'arrive-t-il lorsque les salaires stagnent et les dépenses et la demande chutent? Les gens normaux n'ont simplement pas de fonds discrétionnaires à dépenser. Pour s'en sortir, et plus particulièrement en cas d'imprévus, ils doivent souvent s'endetter. On ne peut pas mettre d'argent de côté quand l'asphyxie financière nous guette jour après jour.

Le prix des logements a beaucoup augmenté au cours des dernières années, contribuant à une hausse du niveau d'endettement de nombreux individus. Pendant un certain temps, cette tendance a protégé l'économie. Si le prix des logements venait à dégringoler, bien des gens perdraient leur investissement et seraient tenus de rembourser l'argent emprunté aux banques et sociétés de prêts hypothécaires. De nombreux analystes semblent croire que le prix des logements va baisser et que cette baisse entraînera un recul de notre fortune personnelle de 25 pour cent, du jour au lendemain. Et alors?


Deux vérités ne seront pas publiées dans les médias.

La première est l'écart des revenus entre les riches et les pauvres. Cet écart est dû à une baisse des salaires réels, et plus particulièrement au sein de la classe moyenne. Cette tendance évolue en parallèle avec le déclin du taux de participation syndicale.

Nous savons que les syndicats servent de voix aux plus faibles. Les syndicats viennent en aide aux gens en quête de justice sociale et économique. Pendant les négociations, les syndicats aident les travailleurs à obtenir des augmentations salariales qui suivent la cadence du coût de la vie.

Ainsi, les partisans de la droite diabolisent les syndicats pour arriver à leurs fins. Une campagne ciblée a été mise en œuvre pour changer l'opinion publique. On a instauré une psychose de la peur pour entraîner jalousie et dédain envers les travailleurs dont le salaire est négocié par un syndicat. On a instauré une psychose de la peur pour légitimer l'absence de soutien mutuel.

Les tarifs syndicaux sont critiqués, même s'ils sont loin d'être excessifs, surtout si on les compare aux rémunérations des PDG d'entreprise, qui, eux, s'expriment en millions. Le fait est que les salaires négociés collectivement pourvoient simplement à une vie modeste, bien que confortable.

Où est le problème?  Pourquoi les Ontariens ne devraient-ils pas tous bénéficier des mêmes avantages?

La deuxième vérité est que le dossier de l'égalité des genres a pris du retard dans le secteur privé.  En fait, l'attaque dirigée contre le secteur public peut être considérée comme une attaque contre les droits des femmes.

Comptant pour environ 70 pour cent de l'effectif syndical, les femmes membres du SEFPO se sont battues pour faire valoir leurs droits. On le voit dans les efforts qu'ont déployés les syndicats pour faire adopter des lois sur l'équité salariale, et dans les négociations subséquentes, qui ont conféré une portée réelle à ces lois. D'autres gains ont été réalisés grâce à un accès amélioré à l'avancement et aux emplois non traditionnels.

C'est pourquoi lorsque le secteur public subit des coupures, en tant que groupe, les femmes sont frappées plus durement que les hommes.

Il est aussi vrai qu'aux niveaux des postes d'encadrement, des conseils d'administration et de direction, le secteur privé traîne loin derrière le secteur public. Les entreprises privées ne nomment pas aussi souvent des femmes aux postes de responsabilité. Un plafond de verre tient souvent les femmes à l'écart des promotions dans de nombreuses entreprises. 

Enfin, n'oublions pas les efforts déployés par certaines entreprises pour encourager les gouvernements à investir dans les organisations à effectif majoritairement masculin. On a vu cela lorsque des fonds de relance ont été débloqués pour des projets de construction. Tandis que les travailleurs de la construction obtenaient des emplois temporaires, les entrepreneurs et entreprises du bâtiment se graissaient les pattes.

L'argent investi est aujourd'hui recouvré aux dépens des femmes, qui perdent leurs emplois.

La peur existera toujours. C’est un phénomène qui fait partie de la condition humaine. En soi, la peur n'est pas quelque chose de mauvais. Elle peut en fait nous servir de protection. La question qu'on se pose est la suivante : comment devrions-nous réagir face à cette peur instaurée par les riches et les puissants pour nous pousser à leurs fins?

Allons-nous hisser le drapeau blanc? Nous lèverons-nous pour relever le défi? Battrons-nous en retraite devant les Drummond et les McGuinty de ce monde?

Non, nous ne lâcherons pas prise. Nous tiendrons bon et nous gagnerons du terrain. Nous relèverons le défi. Nous serons présents aux assemblées publiques. Nous travaillerons avec d'autres membres de la communauté. Nous accentuerons nos pressions à Queen's Park et dans les bureaux de circonscription des députés provinciaux. Nous nous ferons entendre aux tables de négociation. Nous nous tiendrons les coudes au SEFPO pour organiser des travailleurs qui n'ont encore jamais connu les avantages d'une action collective. Nous réussirons.

Revisitons la déclaration que Franklin Roosevelt a faite en 1933, et reformulons ses paroles.

Je dis : « N'ayons peur de rien d'autre que de ne rien faire ».

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