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Au diable Wall Street!

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L'égalité des revenus est enfin à la une. Cela n'a pas été facile. Je tiens à féliciter les membres, les dirigeants et le personnel du SEFPO sans qui nous n'en serions pas là. Notre collaboration avec le Syndicat national des employées et employés généraux du secteur public (SNEGSP) a également porté fruits. Nous sommes des partenaires influents du SNEGSP dans le cadre de la campagne All Together Now. Pour plus d'info sur la campagne et pour voir les vidéos, visitez le site Web du SNEGSP.

Ensemble, nous avons contribué à éduquer le public. À l'instar du public, les médias établissent enfin le lien entre une économie à bas salaires et une guerre de quelque trente années contre les syndicats.

Les organisations syndicales servent de voix à la classe moyenne, qu'elles soutiennent et encouragent. Ce n'est qu'à l'angle des rues M. Toulemonde et Solidarité qu'une reprise équilibrée se fera. Au diable Wall Street et Bay Street!

Le SEFPO poursuivra ses efforts de sensibilisation du public. La reprise économique actuelle est injuste et inégale. Le 1 pour cent de la population, les gagne-gros, s'accapare la grande partie des richesses créées par notre économie croissante. Tandis que les gros s'enrichissent, les travailleurs ordinaires restent à l'ombre des grandes entreprises et des politiciens qui accèdent à leurs demandes.

A Tale of Two Cities, de Charles Dickens,  illustre bien ce qui se passe. C'est le meilleur moment pour certains mais le pire pour d'autres. Pour bien des gens, une reprise inégale n'est pas une reprise. Sans une classe moyenne qui grandit, la croissance des revenus reste illusoire. Pire encore, il est évident que tant qu'on pense que « les entreprises savent mieux », le secteur des services publics ne peut cesser de décliner, à une époque où bien des gens en ont besoin. De nos jours, les membres du SEFPO sont confrontés à des pratiques telles que la sous-traitance et la privatisation, ainsi qu'à des programmes mis sur pied pour diminuer et dégrader les services qui ont pris des générations à mettre en place. Dans les mois à venir, le SNEGSP soutiendra la recherche à ce sujet dans tout le pays. Ce soutien permettra aux membres du SNEGSP de coordonner leurs réponses.

Les enquêteurs disent qu'il est risqué de mettre en lumière les cas de gaspillage et de mauvaise planification au sein du secteur public. Pourtant, dans le péril s'ouvrent des portes. Si une activité est fondée sur des faits, il faut l'exposer. Si nous ne l'exposons pas et ne proposons pas de solution, d'autres le feront pour nous. 

Partout où je suis allé j'ai entendu des membres du SEFPO me raconter la même histoire. Les premières lignes s'amenuisent tandis que les cadres moyens et les cadres supérieurs se reproduisent. Pendant que les travailleurs de première ligne vivotent avec des salaires et prestations de moins en moins favorables, les gestionnaires se paient la traite.

Tim Hudak attribue la situation des travailleurs de première ligne à « l'avarice des patrons syndicaux ». S'il ouvrait les yeux, il verrait que les revenus attribués aux augmentations salariales dans le secteur public vont aux cadres moyens et supérieurs plutôt qu'à ceux qui fournissent les services au reste de l’Ontario.

Depuis 1994, le nombre de fournisseurs de services (membres du SEFPO) a beaucoup diminué au sein de la FPO tandis qu'on y a vu une explosion au niveau des cadres moyens, pour la plupart membres de l'AEEGAPCO. À l'époque, on comptait 102 000 employés à la FPO. L'unité du SEFPO, qui fait partie de ce groupe, y comptait environ 66 000 membres (environ 65 %).  En 2011, l'effectif total de la fonction publique n'était plus que de 92 710. Parmi ceux-ci, moins de 37 000, ou 40 %, étaient membres du SEFPO.

Plutôt que d'avancer, on fait marche arrière! Le groupe n'appartenant pas au SEFPO comptait 36 000 employés (35 %) en 1994 et avait passé à 55 804 (60 %) en 2011.

On observe aussi les effets du mythe qui dit que « les entreprises savent mieux » au sein du secteur parapublic. Les directeurs généraux d'organismes de taille moyenne (financés par le gouvernement et la communauté) gagnent autant par année que la première ministre. Quant aux administrateurs d'hôpitaux, ils gagnent deux à trois fois plus que la première ministre.

Les salaires sont non seulement élevés, mais le nombre de personnes recevant ces salaires gonflés a lui aussi augmenté. Le résultat de cette tendance en matière de rémunération saute aux yeux. L'économie des communautés où vivent et travaillent les employés de première ligne souffre. En même temps, au lieu d’être dépensés dans nos communautés, les gains des gagne-gros sont placés dans des investissements moins productifs et, parfois même, à l'étranger.

Pire encore, les gens qui ont besoin de services publics doivent désormais y accéder par téléphone ou par ordinateur. Nombre d'entre eux sont aujourd'hui fournis par des organismes privés petits et fragmentés, souvent à but lucratif. Dans d'autres cas, les services sont simplement interrompus. L'inefficacité est la marque distinctive d'un grand nombre de grandes sociétés. 

Les collèges, la Régie des alcools de l'Ontario et les hôpitaux : tous ont gonflé leurs effectifs de gestion et les feuilles de paie de ce personnel. En temps de mises à pied, ceux-ci n'ont certainement rien à craindre car ce sont eux qui dictent les licenciements. Même lorsqu'ils prennent leur retraite ou s'en vont, ils reçoivent des prestations qui vont bien au-delà des dispositions de n'importe quelle convention collective s'appliquant au personnel.

Cela laisse une fonction publique gorgée de cadres moyens, cadres supérieurs, directeurs et directeurs généraux. Tous financés par les contribuables. Au lieu de couvrir la fourniture des services, nos impôts vont à l'administration et à la gestion.

Il fut un temps où la fonction publique était considérée comme le symbole même d'un bon gouvernement. De nombreux membres du SEFPO s'y étaient joints pour servir la province, animés par la conviction qu'ils pourraient faire une différence en aidant leurs concitoyens. L'emploi était sûr et le salaire leur permettait de subvenir aux besoins de leur famille et de soutenir leur communauté.

Mais les choses ont changé. Avide, la communauté des affaires a voulu mettre son grappin sur la fonction publique. Les grandes sociétés se mirent à couper dans les services de première ligne et à détourner le travail et les fonds dans leurs coffres. Autrefois noble entreprise, la fonction publique a subi une transformation; le gouvernement est devenu contractant et le secteur privé la source pour les services et le personnel. Les cadres au sein de la fonction publique s'enrichissent, les grandes sociétés désormais responsables de fournir les services empochent les profits, les salaires baissent et les emplois des membres du SEFPO disparaissent.

Les membres du SEFPO n'ont jamais cru pouvoir s'enrichir avec leurs emplois. On ne les a jamais pris la main dans le sac, ni dans le pot de biscuits de grand-mère. Un salaire de subsistance, un emploi stable et une retraite décente leur suffisaient. Ils voulaient faire partie d'une société qui rendrait l'Ontario plus civile, compatissante et juste. Ils savaient qu'ils pourraient aider l'économie et leurs communautés à prospérer.

Y a-t-il du gaspillage au gouvernement? Oui. Mais à Tim Hudak et aux droitistes qui essaient de détourner les regards sur les travailleurs de première ligne et les syndicats, je dis : regardez plutôt vos amis des grandes sociétés et leurs pratiques. Seule une évaluation honnête et objective conduira à la vérité. Les grandes sociétés n'ont pas leur place au gouvernement. Pour dégraisser la fonction publique, protégeons ceux qui sont aux premières lignes et débarrassons-nous plutôt des gros. Le mieux tout le monde s'en portera.

Solidairement,
Warren (Smokey) Thomas, président

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