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Nous ne sommes pas à vendre!

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Lorsqu'on applique la privatisation et la sous-traitance aux services publics, une chose est claire : certains en tirent des profits et beaucoup d'autres perdent leurs emplois. Mais le pire, c’est que la qualité des services diminue pour tout le monde.

Les syndicats s'opposent à la privatisation à cause de l'impact immédiat et permanent qu'elle a sur les emplois. Mais ce n'est pas tout. Quand les services laissent à désirer, les communautés qui les reçoivent souffrent. On en voit la preuve de partout.

Les attaques de la droite contre nos droits, salaires et pensions sont des tentatives à peine voilées de s'approprier indûment certaines des pièces essentielles du puzzle de notre société civile, à savoir ses services publics. Pourquoi? Les partisans de la droite savent bien qu'ils peuvent tirer des profits des services au cœur des vies des citoyens de la classe moyenne.

Leur formule est simple. Réduire les salaires, éliminer des avantages, supprimer des emplois et empocher les profits à court terme qui découlent de ces pratiques. Ils considèrent les services communautaires comme des sources de profits, possibles s'ils font du gouvernement une entreprise. Pourtant, l'histoire prouve que les entreprises sont éphémères.

Qu'est-ce qui marque la croissance de la civilisation? Les livres d'histoire parlent-ils de la façon dont les marchands ont établi leurs marchés ou dont les changeurs ont établi leurs taux? Non! L'histoire montre le progrès dans ses lois, la construction des voies publiques, des systèmes d'alimentation en eau, des tribunaux et des édifices publics. Plutôt que de s'intéresser aux anciens étals de marché, l'histoire parle des viaducs et chemins de Rome, dont certains sont encore en usage de nos jours. Pourquoi? Parce que ceux-ci étaient des projets publics établis pour le bien de la société tout entière. Ils ont été conçus pour durer.

J'ai demandé à des politiciens de droite de me donner des exemples de privatisation qui avaient permis de réaliser l'objectif de services de qualité supérieure à un prix inférieur. J'attends toujours. La droite est sourde aux enseignements de l'histoire et néglige les faits. Le chef du Parti conservateur, Tim Hudak, et ses acolytes se sont laissés aveugler en buvant une bonne potion de privatisation maison. Ils la distillent désormais pour diviser les communautés contre leurs propres intérêts. Cette potion fait grandir colère et jalousie (du moins ils l'espèrent), poussant les gens vers la droite. On utilise désormais cette technique tant ici qu'aux États-Unis. 

Je réponds en citant la tragédie de Walkerton et ses décès, ou encore les services de qualité inférieure, à prix élevés, des conseillers Accenture et Andersen. Je poursuis en citant des fiascos de la privatisation comme les examinateurs des conducteurs et l'entretien des routes en Ontario. Et qu'en est-il des fonds publics perdus avec CyberSanté et ORNGE?

Et puis des projets P3 (p. ex., les hôpitaux), qui coûtent des milliards de dollars de plus que ce qu'ils auraient coûté s'ils avaient été conçus avec des fonds publics? Ce sont les vrais résultats de la privatisation. Tous ces chemins mènent au gaspillage.

Une chose est claire. Les profits de certains sont tirés d'une bourse publique qui appartient à Monsieur Toulemonde. Une partie des déductions des contribuables part tout simplement en fumée. Nous sommes tous perdants, parce que des services communautaires et la responsabilité démocratique disparaissent. Pire encore, au-delà des problèmes structurels se pose l'énigme des gens qui meurent ou souffrent à cause de l'eau qu'ils boivent ou des autoroutes non déneigées qu'ils parcourent. Le coût pour la société est énorme. Et qui paie la note? Une fois de plus, c'est la société qui trinque plutôt que les quelques privilégiés qui en tirent des profits.

Lorsque les services publics sont transférés au secteur privé, on perd toute reddition de comptes. La reddition de comptes est essentielle à ceux qui reçoivent les services, aux contribuables et à une société qui est juste. La reddition de comptes permet à la société de transmettre les coûts et la responsabilité à ceux qui ont causé les torts. La reddition de comptes permet d'assurer que nous recevons les services dont nous avons besoin plutôt que des services qui s’accompagnent de profits maximum.

L'Ontario a besoin d'une responsabilisation accrue. Seul un gouvernement responsable permet aux électeurs de se débarrasser des politiciens qui ne font pas leur travail.

Les PDG, par contre, ne doivent rendre de comptes qu'à leurs actionnaires. Les actionnaires sont d'ordinaire satisfaits par des profits et dividendes plus grands, ainsi ce n'est certainement pas ainsi que nous allons pouvoir fournir des services publics de qualité. Cette approche nous catapulte dans une situation où ceux qui sont au sommet s'enrichissent et le reste d'entre nous nous couchons le soir en songeant au fait que nos services ne sont plus ce qu'ils étaient, même si nous payons plus pour les obtenir.

Les services publics sont le grand stabilisateur de la société. Ils soutiennent la classe moyenne et ceux et celles qui luttent pour en faire partie. Après tout, nous avons construit la rue de M. Toulemonde, et on y circule bien. Notre conseil d'administration est un gouvernement élu démocratiquement par le peuple. Nos actionnaires sont les citoyens de l'Ontario. C'est ça la démocratie.

C'est pourquoi les dirigeants du SEFPO, les militants locaux, les présidents de secteur, le personnel et les membres doivent continuer de protéger et de promouvoir les services publics… un contrat à la fois.

Solidairement,

Warren (Smokey) Thomas
Président

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