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L'austérité... un outil de prospérité?

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Après la dépression des années trente, les Canadiens ont reconnu qu'un capitalisme non gouverné, accompagné d’avarice, pourrait détruire l'avenir d'une génération. Si la dignité humaine était un tissu fin coloré, Javex représenterait les puissances économiques effrénées. Ces éléments ont joué un rôle important dans la reconnaissance légale des syndicats. Les syndicats étaient responsables de faire contrepoids à ces forces puissantes. Avec ces modifications juridiques et de politique, la période de l'après-années trente fut marquée d'une croissance et d'une prospérité soutenues.

Bien des choses ont changé aujourd'hui. On raconte que les syndicats sont responsables des maux de notre économie. Et on réduit au silence ou déforme les propos de ceux qui essaient de dire le contraire. Pourquoi nous attendre à mieux de médias électroniques, journaux ou sources d'information en ligne qui appartiennent à de grandes entreprises? Qu'apprend-on au sujet de ces groupes dominants dans la société?

Une société divisée

Ce message négatif creuse un fossé. Les différences augmentent. On jette des lances des deux côtés du fossé. On dresse les travailleurs syndiqués contre les travailleurs non syndiqués. Les entreprises du secteur privé sont constamment en guerre avec les services et organismes du secteur public. Dans un match à quitte ou double, une partie de l'économie doit se battre contre les autres. On se dirait à l'époque des gladiateurs de la Rome antique.

L'inégalité des revenus nous affecte tous et toutes

Pendant que la foule chahute dans le stade, une chose étrange, appelée disparité salariale, s'installe dans les gradins. Certains s'enrichissent tandis que la majorité reste à la traîne.

Au fil du temps, l'écart entre les privilégiés et les démunis s'élargit, créant l'obstacle le plus important qui soit. Cet obstacle sépare un grand nombre d'entre nous de ce que la société était sensée nous donner : l'égalité et des droits humains fondamentaux. Elle démolit le travail des générations passées, lesquelles avaient fièrement créé une province fondée sur l'égalité des droits et des chances. Ces générations précédentes cherchaient à combler l'écart entre les riches et les pauvres, pas à l'élargir. Elles soutenaient la prospérité et le dynamisme de la classe moyenne.

Que s'est-il passé? À qui la faute? Les syndicats peut-être? L'appât du gain? Le gouvernement ou le secteur public? Et les entreprises alors?

Une série d'événements malsains

La disparité croissante des revenus est un facteur important. On peut mettre en parallèle la baisse des effectifs d'adhésion (densité) et la disparité toujours plus grande des revenus. Tandis que les entreprises voyaient leurs profits augmenter, avec un bond énorme suite aux accords de libre-échange, la disparité des revenus augmentait plus vite encore.

Tandis que les amendements législatifs sapaient les droits des syndicats, les médias privés assujettissaient le public à un flot constant de messages dépeignant le mouvement ouvrier comme le foyer des paresseux et de ceux qui pensent que tout leur est dû.

Et en 2008, c'est la crise financière globale qui s'ajoutait à tout ça. Le cours des actions et les fonds mutuels dégringolaient. Aux États-Unis, le secteur hypothécaire, construit sur un crédit peu réaliste, s'effondrait. L'industrie financière vivait une expérience de mort imminente. L'anéantissement économique paraissait réel. Nous avons été transportés dans un ordre mondial tout nouveau.

Nombreux sont ceux qui pensaient que l'égalité pourrait être atteinte en détruisant plutôt qu'en développant. Le nouvel ordre commandait des programmes d'austérité pour nous transporter à des endroits que seuls des projets visionnaires nous permettaient autrefois d'atteindre.

Un ordre fondé sur l'envie et la colère

Dans ce monde, la plupart des gens finissent par se battre. Entre temps, les privilégiés prospèrent. Les résultats globaux étaient prévisibles et négatifs :

  • Pensions et prestations de base? Qui en a besoin? Les riches n'y pensent même pas, et plus particulièrement les PDG qui ont un revenu à sept chiffres.
  • Retraite? Travaillons jusqu'à ce qu'on s'écroule! Restons productifs en continuant de travailler.
  • Sécurité d’emploi? Pas dans l'environnement actuel. Un autre problème auquel un PDG ou un homme ou une femme de la finance avec une indemnité de départ en or et un compte de banque à l'étranger ne pensent pas.
  • Lois sur la santé et la sécurité? Voyons! Faites donc preuve de bon sens! Chaque travailleur est responsable de ses actions.
  • Augmentations salariales proportionnelles aux augmentations du coût de la vie? Pas si nous pouvons trouver quelqu'un pour faire votre travail à meilleur prix. Il suffit de s'adresser aux employés de Electromotive/Caterpillar pour le savoir.
  • Équité pour les groupes désignés? Il n'en est pas question! Ne me dites pas qui embaucher.

Qui pense comme ça? Ces notions sont propagées chaque jour dans de nombreux journaux. Bien des gens pensent désormais que c'est comme ça que ça devrait être.

Une nouvelle maladie se propage

Une nouvelle maladie se propage dans la société. Ses symptômes incluent l'envie et la colère envers quiconque semble avoir un peu plus que l'autre. En fait, plus la situation de l'autre empire et plus il est jaloux de celui ou celle qui n'a pas encore souffert.

La mentalité est telle que si ta vache meurt, ma vache doit mourir elle aussi. Et où pensons-nous qu'une telle mentalité puisse nous conduire? A un endroit où l'abondance pour tous et toutes est de rigueur? Non, surtout pas.

Je ne crois pas tout ce que je lis ou entends dans les médias. Les entreprises de communication sont là pour remplir les poches de leurs propriétaires. Mais ce qui est bon pour elles ne l'est pas forcément pour nous.

Les annonceurs paient les coûts du papier, de la télévision et de la radio. Cet argent achète de l'influence. Quand ils se plaignent, les médias répondent à leurs besoins. Lorsque nous acceptons un message dans les médias sans le considérer d'un œil critique, nous nous soumettons à leur pouvoir et à leur contrôle. Et quand cela arrive, on peut commencer à nous mener par le bout du nez.

Tout cela est lié à la peur et aux souffrances dont nous sommes de plus en plus souvent témoins. C'est pour cela que les gens comme vous et moi sont sous une telle pression. C'est pour cela que les travailleurs tombent de plus en plus bas dans les rangs de la société.

Les dirigeants politiques sont des dirigeants privilégiés

Examinons maintenant nos dirigeants élus. Comment se sont-ils débrouillés pendant la crise? Bien des dirigeants élus s'arrêtent brièvement dans l'arène politique. Ils restent assez longtemps pour accumuler une excellente pension, la même que les travailleurs devraient aujourd’hui abandonner. Ils nouent également les liens dont ils auront besoin pour se faire une place au soleil dans le monde des affaires à leur départ de la vie publique.

Il semble que les réductions d'impôts des sociétés peuvent créer de bons emplois – mais c'est vrai seulement pour quelques-uns. Cela pourrait expliquer pourquoi, en Ontario, le premier ministre McGuinty et Dwight Duncan, le ministre des Finances, ont fait appel à Don Drummond, économiste de la TD retraité, pour obtenir des conseils.

Est-ce que Monsieur Drummond a une pension? Oui, une superbe pension de la grosse banque qui l'employait auparavant. A-t-il reçu des options d'achat d'actions en quittant son emploi? Vous pouvez en être sûrs.

Je pense qu'il est étrange qu'un banquier soit appelé à nous guider sur le chemin du rétablissement. Après tout, n'est-ce point les banquiers qui nous ont embarqués dans cette galère? Il ne faudra pas s'étonner des hystérectomies et césariennes que recommandera cet économiste à la retraite pour notre économie. Vu que son mandat l'empêche d'examiner le revers de la médaille, soit les recettes, c'est sans doute le résultat auquel nous pouvons nous attendre. Entre sa façon de banquier de voir les choses et son mandat restrictif, Drummond ne peut que couper, couper, couper…

Le SEFPO réagit

Notre réponse s'est avérée responsable, soutenue et dynamique. Nous avons présenté les défis de l'Ontario au peuple de l'Ontario. En termes corporatistes, nous avons consulté les actionnaires de l'Ontario 

Les dépositions entendues par la Commission sur la qualité des services publics et l'équité fiscale donnent une image très différente de ce que nous voyons dans les médias. Les débats de la Commission ne sont pas filtrés. Ils sont francs et sans fioritures.

Le peuple est avide de services publics de qualité responsables. C'est en évidente contradiction avec l'approche des chefs d'entreprise à qui l'on a confié ORNGE, notre service d'ambulance aérienne. Les rapports récemment publiés le prouvent.

La Commission a prouvé que la meilleure approche peut être issue des connaissances de travailleurs de première ligne qualifiés. La clé de l'amélioration et du succès réside dans les gens qui fournissent et utilisent les services publics. Il suffit de demander.

Ensemble, nous pourrons progresser

C'est en travaillant ensemble que les choses s'améliorent. Nous le voyons clairement au SEFPO. Les syndicats comme le SEFPO sont des bastions d'espoir. Par la solidarité, les membres protègent leur travail et les services publics qu'ils fournissent. Des services publics solides profitent à la société. À l'ensemble de la société.

On parvient à réaliser des gains économiques raisonnables, à l'abri de la cupidité des entreprises et de coupures arbitraires. Les syndicats comme le SEFPO sont à la base d'une force économique cruciale : la classe moyenne. C'est le succès que nous avons aux tables de négociation, aux conseils d'arbitrage et devant le tribunal de l'opinion publique qui nous permettra d'espérer des jours meilleurs.

La domination des médias privés nous empêche de communiquer ce message d'espoir. C'est pourquoi nous sommes tous et toutes responsables de le porter.

Nous insistons sur le fait que chaque citoyen doit pouvoir croître et prospérer, et grimper, avec sa famille, l'échelle socio-économique. En collaborant, les syndicats fournissent l'équilibre nécessaire au programme de droite qui a donné lieu à la situation dans laquelle nous nous trouvons aujourd'hui en Ontario. La syndicalisation garantit salaires et prestations à la classe moyenne.

Le SEFPO joue un rôle de premier plan dans le combat visant à mettre fin aux réductions d'impôts des sociétés et à créer de bons emplois. Ses efforts sont indispensables aux individus et à la communauté. Ce message est devenu très populaire. Nous restons au premier plan en appuyant la Commission sur la qualité des services publics et l'équité fiscale. Cette commission écoute et parle aux Ontariens. Elle partagera son rapport avec le gouvernement provincial et avec  le public.

Si un changement doit se faire, nous le conduirons. Un changement s'annonce, à mon avis. Et nous avons tous et toutes un rôle à jouer. Les syndicats ne sont pas le problème… mais bien la solution.

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