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48 heures après...

OPSEU First Vice-President/Treasurer Eduardo (Eddy) Almeida
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Moins de 48 heures après le dépouillement des scrutins, notre nouvelle première ministre « progressiste » commençait déjà à faire marche arrière. Tout à coup, le discours préélectoral qui parlait de forger l'Ontario de l'avenir a été relégué au second plan pour faire place à la prudence financière.

Qui aurait pu soupçonner une telle manigance?

Nous. Et Andrea Horwath. Lorsque l'assemblée législative se rencontrera, le 2 juillet prochain, et que les libéraux présenteront exactement le même budget qui a été responsable des élections, le peuple ontarien verra bien que le diable est dans les détails.
 
D'ici là, le brouillard médiatique descendu sur l'Ontario, qui a aidé Wynne à tromper les gens progressistes et les dirigeants syndicaux, se sera dissipé. Le brouillard avait été créé par la crainte de Tim Hudak. Ce brouillard est descendu sur des journalistes qui n'ont pas pris la peine d'étudier le budget en détail, préférant se fier sur les commentaires des gens qui l'appuyaient. Et les paroles d'un président de la FTO faible et qui a le sens de l'exagération n'ont fait que l'épaissir.
 
Le SEFPO n'a pas contribué à cette brume. Les dirigeants du SEFPO ont tous reconnu les dangers des progressistes-conservateurs d'Hudak et des libéraux corrompus qui se croient tout permis. Comme nous l'avions fait remarquer dans nos publicités imprimées sur la privatisation, ces deux partis étaient d’accord sur bien des choses.
 
Le SEFPO avait reconnu le danger d'un vote stratégique et l'impact potentiel d'un tel vote sur des députés provinciaux comme Michael Prue, Rosario Marchese et Jonah Schein. La décision de renverser le budget avait résulté, au sein du NPD, de longues discussions à l'intérieur du caucus. Le SEFPO avait appuyé la décision du parti. Le NPD pensait que la marge des voix qui avait permis à ces formidables députés de gagner en 2011 les protégerait de changements éventuels dans les habitudes de vote en 2014.

Mais même ainsi, ils ont perdu face aux libéraux; dans le cas de Prue, seulement par quelques voix. Cela ne devrait pas avoir d'impact sur le fait qu'un même nombre de sièges – trois — a été ajouté au caucus du NDP dans d'autres circonscriptions ailleurs dans la province.

Tandis que la campagne avançait, à Toronto, les choses sont devenues particulièrement difficiles pour les néo-démocrates. Le NPD n'a pas les médias torontois dans sa poche. Aucun éditorial et aucun chroniqueur n'a chanté ses louanges. En fait, c'est exactement le contraire qui s'est produit. Le Toronto Star et le Globe se sont écartés de la plateforme d'Horwath et du NPD.

Cette plateforme était logique en périodes difficiles, mais le Star et le Globe la considéraient contraires aux principes de longue date du NPD. Qu’en savent-ils?

Le Star a même publié un article de Wynne juste avant les élections, dans lequel une fois de plus elle agitait le spectre d'un gouvernement Hudak et du fractionnement des votes, et ce, dans une ville où les conservateurs sont quasi inexistants dans la plupart des circonscriptions.

Sur un autre front, l'utilisation par les médias de la lettre ouverte à Horwath, signée par 34 militants âgés néo-démocrates désenchantés ne peut pas être ignorée. Il est vraiment regrettable que ces individus aient choisi le milieu d'une campagne pour publier cette lettre et montrer leurs cartes. Leur lettre s'est transformée en parfait fourrage pour une attaque des médias contre Horwath qui essayait, à ce moment particulier, d'élargir sa base au-delà de ces 34 personnes en offrant un programme électoral socialement progressiste et financièrement responsable. Son approche n'était ni urbaine ni rurale. Elle était conçue pour parler à tout le monde.
 
En même temps, de nombreux conservateurs désenchantés et même des libéraux attendirent jusqu'après les élections. Les médias n'ont rien fait pour connaître leurs positions et les rendre publiques.
 
Ces élections furent une occasion manquée. Les résultats sont indéniables. Les travailleurs affectés par la cupidité des entreprises et les coupures du gouvernement ont voté en force en faveur des néo-démocrates. Ça s'est produit à Windsor, London, Niagara, Hamilton, Oshawa, Sudbury et dans d'autres régions du nord de l'Ontario. De toute évidence, le message des néo-démocrates a résonné fort dans ces régions. Le brouillard médiatique n'a pas eu autant d'impact là-bas. Nous devrions applaudir ceux qui se sont rendu compte qu'Andrea Horwath est une héroïne de la classe ouvrière et qu’elle reste fidèle à ses principes.
 
De nombreux syndicats ont gobé les tactiques alarmistes des libéraux et surestimé la menace représentée par Tim Hudak. Une fois le budget adopté, en juillet prochain, ils auront aussi scellé le programme d'action des libéraux pour tout l'Ontario. Cela signifie, au mieux, trois années de gel des salaires, de coupures et de privatisation pour le secteur public et de nombreux organismes financés par la province.
 
Cela signifie aussi, contrairement aux promesses de Wynne, qu'on sera témoin d'encore plus de gaspillage dû à la mauvaise gestion du gouvernement libéral. Nous surveillerons aussi de près l'arrivée d'un nouveau scandale. J'imagine qu'après 11 ans au pouvoir, la culture libérale du « tout m'est dû » est désormais systémique.

Le SEFPO surveillera et documentera tout ça. Aussi, nous riposterons. Après tout, la situation courante ne donne aucune raison de céder à la panique. Nous avons tenu tête à Mike Harris et nous avons gagné. Tim Hudak n'est désormais plus une menace.

Même avec un gouvernement libéral majoritaire, le SEFPO a ce qu'il lui faut pour accéder à l'information nécessaire pour devenir médiateur, défenseur et dénonciateur quand les choses tournent mal. Même avec un gouvernement libéral majoritaire, la vérité finit toujours par triompher.

Solidairement,

Eduardo (Eddy) Almeida
Premier vice-président/trésorier

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