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Un coup d'œil dans le monde de la privatisation et des P3

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Depuis 20 ans, la privatisation des services publics et de l'infrastructure publique, ainsi que ses cousins – les partenariats publics-privés ou les P3 – sont un vaste fiasco en Ontario. Au SEFPO, on appelle ça l'« industrie de la privatisation ».

Aujourd'hui, j'aimerais vous présenter l'un des capitaines de cette industrie. Son nom est Bruce Bodden et les progressistes-conservateurs veulent que le gouvernement libéral le récompense pour les décennies qu'il a passées à démanteler le travail du secteur public en le nommant au Conseil d'Infrastructure Ontario.

Voici quelques antécédents de M. Bodden. Pendant 45 ans, il a été employé par une entreprise appelée MMM Group Ltd., pour en devenir, par la suite, le président et chef des opérations en 2001, avant de prendre sa retraite en 2013. Sous sa direction, MMM a été une membre fondatrice du Conseil canadien des partenariats publics-privés.

MMM, une entreprise d'ingénierie, de consultation et de gestion de projet, est une pionnière dans le domaine des P3. Les gouvernements de l'époque ont fait appel à MMM pour des projets comme l'Hôpital Oakville, l'Hôpital régional Humber River, l'Hôpital Women's College et l'Hôpital Credit Valley, entre d'autres. L'entreprise a également joué un rôle dans la création de Teranet, le bureau d’enregistrement immobilier de l’Ontario, qui était autrefois un organisme géré par le secteur public.

Quant à Infrastructure Ontario, c'est l'organisme provincial qui supervise les P3. Son Conseil est composé essentiellement de banquiers, d'avocats et d'un assortiment d'illustres gens d'affaires issus de la rue Bay. Les libéraux doivent désormais décider si M. Bodden peut se joindre à ce cercle.

Le 24 février, M. Bodden répondait aux questions du Comité permanent des organismes gouvernementaux qui fait des recommandations au gouvernement sur les personnes qui doivent être nommées. En plus de nous donner un aperçu de l'intérieur du monde sordide des P3, il a montré comment les grosses entreprises, comme MMM et Ellis Don – fondée par l'ancien argentier du Parti libéral, Don Smith – se disputent un morceau du lucratif gâteau des partenariats publics-privés.

Son entrevue s'est faite avec le rapport de la vérificatrice générale en toile de fond, qui a été publié l'an dernier, dans lequel elle critique Queen's Park pour le gaspillage de 8,2 milliards de dollars dans des contrats de privatisation, déclarant que ce bricolage de projets P3 était de l'argent gaspillé, alors que le secteur public aurait pu faire le travail de façon plus efficace et à moindre coût.

Dans son rapport, la vérificatrice générale a également constaté qu'Infrastructure Ontario ne respectait pas ses propres lignes directrices sur les conflits d'intérêts.

Quand Wayne Gates, membre du Comité et député néo-démocrate, lui a demandé s'il ne craignait pas que sa nomination pose des problèmes de conflits d'intérêts, le vétéran des projets P3 a répondu : « Je ne vois aucune situation qui pourrait me mettre en conflit d'intérêts. »

M. Bodden s'est désintéressé du rôle du gouvernement à titre de décideur et d'organisme de contrôle des projets d'infrastructure publique. Bien sûr, pourquoi s'y intéresserait-il! Il n'y a pas d'argent à gagner dans la règlementation, alors qu'on peut remplir des seaux de deniers publics en construisant des hôpitaux et des routes.

Citant le rapport accablant de la vérificatrice générale, Gates a demandé à Bodden si les P3 ne coûtaient pas plus cher. Sans rougir, il a répondu : « Non monsieur, je ne suis pas d'accord avec ça. »

Et ainsi de suite. Alors que les députés libéraux et conservateurs, qui siègent au Comité, posaient des questions amicales à Bodden, les députés du NPD ont réitéré des questions concrètes et opportunes sur son passé de pionnier et promoteur des P3.

En fin de compte, le Comité a recommandé la nomination de Bodden au Conseil. C'est le gouvernement libéral qui prendra la décision finale, mais il devrait s'agir d'une simple formalité. Pourquoi ne lui donnerait-on pas l'absolution? Qui pourrait être mieux placé que la personne qui a été à la tête de plusieurs projets P3 du gouvernement pour conseiller ce même gouvernement sur la poursuite des projets de privatisation des services publics et de l'infrastructure publique?

Ce faisant, Bruce Bodden deviendrait le tout dernier membre du Pacte de famille de l'Ontario, « la famille Privatisation », rejoignant ainsi les libéraux Joan Smith, Deb Matthews, David Peterson – tous liés les uns aux autres – et les derniers arrivés, comme Bert Clark, PDG d'Infrastructure Ontario et ancien dirigeant de la Banque Scotia.

Ah oui, Bert Clark se trouve aussi être le fils d'Ed Clark, qui conseille actuellement le gouvernement Wynne sur les « recours au levier financier » : lire « la vente des biens publics ».

Comme on dit en français, plus ça change, plus c'est pareil!

En solidarité,

Eduardo (Eddy) Almeida
Premier-vice président/trésorier

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