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L’absurdité peut conduire à la raison!

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Il arrive que l'absurdité débouche sur un moment de lumière, lorsque tout devient simple et clair. À cet instant, une petite voix intérieure crie, « oui c'est ça! ».

Ce moment de lumière m'est curieusement apparu lorsque les frères Ford de Toronto ont comparé leur clan familial à la dynastie des Kennedy. Une fois de plus Doug Ford servait de porte-parole sobre à son frère déchaîné. Plus tard, le Toronto Sun a confirmé la vantardise. Voilà du vrai journalisme!

En répondant à un chapitre du livre Crazy Town, rédigé par le journaliste du Toronto Star Robin Doolittle, le grand frère Doug s'est exclamé, « ils étaient deux frères en politique, comme nous, et on les a tués, comme on essaie de nous tuer ». Pardon? Monsieur Ford fait erreur.

L'histoire nous rappelle que les Kennedy étaient trois frères, et non pas deux, et qu'ils s'étaient taillés une réputation de choix dans la sphère politique américaine; ces trois frères s'appelaient John, Bobby et Ted. Un assassinat n'a vraiment rien à voir avec la conduite injurieuse des frères du clan Ford. Pour commencer, les Ford n'ont qu'eux à blâmer.

Le seul lien qu'ils pourraient y avoir avec les Kennedy est la tentative de peindre les Ford comme une dynastie au Canada. Toutefois, et à l'instar de toutes les revendications de droite, c'est de la foutaise.

Comment les Ford peuvent-ils même imaginer avoir quoi que ce soit en commun avec les Kennedy? À l'époque, l'humanité était dans une course vers la lune. On défendait les libertés civiles. Les États-Unis se battaient contre la pauvreté. Les gens avaient les yeux tournés vers des frontières sans limite, vers l'expansion et, par-dessus tout, vers le progrès.

L'époque Kennedy parlait d'espoir, de changement et de réalisation d'un plein potentiel. C'était une époque que certains ont qualifiée de trop parfaite, d’irréelle.

On ne peut pas en dire autant de l'Ontario et du Canada en 2014. Aujourd'hui, les conservateurs de la trempe des Ford, d'Hudak et de Harper puisent dans quelque chose de bien différent. Ils utilisent la peur pour terroriser les gens; la politique du manque.

Il suffit de regarder autour de nous. Nos taux d'imposition des sociétés sont parmi les moins élevés au monde et pourtant, ils cherchent encore à les faire baisser davantage. Pourquoi?

Plus les impôts sont bas et plus les recettes publiques se tarissent. Les politiciens ont ainsi davantage de raisons de couper dans les services publics et dans les emplois des hommes et des femmes qui les fournissent. Pour la droite, les impôts, quels qu'ils soient, sont mauvais et les travailleurs du secteur public sont l'ennemi.

Encouragée par Harper et coll., la droite prend également plaisir à attaquer le mouvement syndical. Pour elle, les syndicats sont les villains parce qu'ils osent demander des salaires décents, lesquels sont essentiels dans une économie qui est axée sur la consommation.

La droite demande des salaires bas et contribue à des taux de chômage élevés. Dans un tel climat, les travailleurs vivent dans la crainte de l'instabilité et de l'incertitude. Et cette crainte a des effets dramatiques. Ils n'osent plus avoir les mêmes attentes et les révisent à la baisse. Plutôt que de viser haut, les travailleurs craignent le pire.

Souvenez-vous des années 1990, lorsque la droite nous rabâchait la même rengaine à propos des travailleurs canadiens et de leur manque de productivité. À l'époque, on nous accusait d'avoir trop d'avantages sociaux, trop de droits et des salaires excessivement élevés. Les Canadiens ont pris la question au sérieux et ont mis la main à la pâte. Aujourd'hui, en dépit d'une productivité record, les salaires continuent de dégringoler tandis que les profits des sociétés et des investisseurs grimpent en flèche.

Et c'est ainsi que l'écart du revenu s'élargit entre eux et nous.

Les conservateurs d'aujourd'hui rejettent aussi toute option, solution de remplacement et idée nouvelle. Ils veulent que nous nous en tenions au même vieux scénario : on doit durcir le ton en matière de criminalité; on doit baisser encore davantage les impôts; on doit assurer l'équilibre budgétaire à tout prix; et on doit limiter les entrées au pays et être plus vigilants à cet égard. Ces mesures nous tiennent dans la peur et à l'écart des grandes idées qui pourraient nous aider à créer une société plus libre, plus juste et plus démocratique.

Nulle part cette façon de voir les choses n'est-elle plus évidente que dans le récent budget fédéral. Il contenait peu pour la plupart des Canadiens, juste une poussière d'argent dispersée sur de nombreuses années. Son thème était l'austérité et la perte d'emplois, et insistait lourdement sur l'équilibre budgétaire.

Le budget est conforme à ce que les conservateurs ont servi aux Canadiens depuis leur prise de pouvoir il y a huit ans. Le problème, c'est que le Canada de 2006 n'est pas le Canada d'aujourd'hui. En 2014, notre pays est moins équitable, moins égal, plus régional et de plus en plus divisé politiquement. Nous vivons plus que jamais dans un pays de gagnants et de perdants, de nantis et de démunis.

Harper considère l'Ontario comme un ennemi; le Québec comme une question secondaire et les Maritimes comme un désert oublié. Le « bon vieux temps » n'est plus qu'un vague souvenir. Nous nous rappellerons un jour d'une époque où les jeunes pouvaient quitter le domicile parental et vivre leur vie avant l'âge moyen.

John Kennedy est à jamais immortalisé par ses paroles : « Ne demandez pas ce que votre pays peut faire pour vous; demandez ce que vous pouvez faire pour votre pays ».

Il n'a pas dit: « ce que vous pouvez faire pour la petite minorité du pays qui vous soutient ». Et pourtant, c'est ce que déclarent des partisans de droite barbares comme les Ford, Hudak et Harper.

Le manque est désormais devenu leur ami. C'est sur le manque qu'ils fondent leur ordre du jour et font avancer leurs objectifs. C'est ce qu'ils créent délibérément pour nous tandis qu'ils s'accrochent à ce qu'il y a de mieux pour eux et pour leurs amis. C'est pourquoi, lentement mais sûrement, des ampoules s'allument au-dessus des têtes des gens à travers le pays.

Adressez-vous simplement aux travailleurs, aux anciens combattants et aux personnes âgées. On coupe dans le programme de sécurité de la vieillesse, on ferme des bureaux qui soutenaient les anciens combattants et on braque les projecteurs sur un projet de loi sur la pornographie juvénile tandis que le premier ministre joue dans un groupe avec un homme accusé d'agression sexuelle contre des enfants.

Ma maman disait parfois qu'on nous juge en fonction de nos fréquentations. Des sénateurs déshonorés, un maire qui fume du crack, un ancien chef de cabinet démis de ses fonctions et des délinquants sexuels… mais où vont donc nos morales? Le manque se voit de partout.

En toute solidarité,

Eduardo (Eddy) Almeida
Premier vice-président/trésorier

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