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Augmentation des cotisations : c'est le moment d'en parler

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Bonjour mes amis!

Ça fait plus d'un mois que je n'ai rien écrit; nous avons tous et toutes été très occupés ces quelques dernières semaines au SEFPO, et j'ai l'impression de l'avoir été encore plus, avec tout ce qui entoure les finances et le budget pour 2012. Tandis que je travaille en étroite collaboration avec notre président, le Conseil exécutif et le personnel sur les questions financières de notre syndicat, il est temps maintenant de faire rapport sur les questions à examiner de plus près.

Ça fait des mois que notre syndicat fait campagne à travers la province pour un système fiscal qui soit juste. En tant que syndicat, nous avons réussi à mettre sous les feux des projecteurs le gaspillage que représentent les réductions d'impôts des sociétés, qui entraînent la suppression de nombreux services et des impôts moins qu'équitables pour les travailleurs.

Ceci dit, nous avons également reconnu que les impôts sont nécessaires pour payer les services sur lesquels nous comptons. Les soins de santé, les services sociaux, le maintien de l’ordre, les services d'urgence… la liste des services auxquels nous avons recours chaque jour est longue, et nous les prenons souvent pour acquis.

Voilà qui m'amène à l'objet de mon message. À titre de membres du SEFPO, vous payez aussi un autre genre « d'impôts ». Ce sont vos cotisations syndicales, lesquelles sont déductibles du revenu imposable, qu'on utilise pour vous fournir les services dont vous avez besoin ou dont vous pourriez avoir besoin. En fait, vos cotisations servent à tous les membres; elles nous permettent de défendre vos droits à tous et à toutes dans le cadre d'audiences de grief par exemple (même lorsque le grief est personnel); de vous offrir une excellente formation, qui vous permet d'approfondir vos connaissances pratiques et d'apprendre à mieux vous défendre, à protéger votre santé et votre sécurité, à protéger vos avantages sociaux et à bénéficier du soutien d'un personnel sans égal, ainsi que d'un système qui soutient la présence de délégués dans vos lieux de travail, là pour défendre votre convention collective sur une base quotidienne. Même l'argent qu'on dépense pour négocier de nouvelles conventions collectives ou en renouveler d'autres ne l'est jamais en vain.

Au SEFPO, ça fait plus de 35 ans que nous nous occupons de cela, et de manière optimale. Mais aujourd'hui, en 2011, nous nous retrouvons face à des défis auxquels nous n'aurions jamais pensé en 1975.

Dans l'économie précaire d'aujourd'hui, nous nous battons comme jamais auparavant pour protéger nos emplois et nos communautés. Nos membres (la plus haute autorité syndicale) nous ont demandé d'organiser des campagnes pour repousser les attaques du gouvernement contre les services publics. Notre principal point d'intérêt est la Commission Drummond, dans laquelle un ancien banquier conseille le premier ministre sur la mesure des réductions d'emplois au sein du secteur public. Le premier ministre l'écoute et le parti conservateur de l'Ontario lui accorde son plein soutien.

Pour briser les attaques du gouvernement contre les membres du SEFPO, il nous faudra l'engagement solide tant de notre personnel que de nos membres. Nous aurons également besoin de ressources et, soyons francs, le SEFPO est loin d'avoir ce dont il a besoin pour entreprendre cette lourde tâche. Voici une des raisons.

Le SEFPO n'a pas imposé d'augmentation substantielle de ses cotisations depuis 1991. Ça fait 20 ans que notre taux de cotisation n'a quasiment pas bougé. Nous avions imposé une augmentation temporaire des cotisations en 1996 et 2002, pour regarnir le fonds de grève après deux longues grèves de nos membres à la Fonction publique de l'Ontario.

Dans cette même période, l'inflation avait augmenté de 25 pour cent et la TVH avait contribué elle aussi à faire augmenter nos coûts quotidiens de façon considérable. Il y a vingt ans, la principale source de revenus du SEFPO provenait du salaire d'un personnel à temps plein, sans aucun doute mieux rémunéré qu'aujourd'hui. Le passage des salaires de la FPO aux salaires du secteur parapublic, l'augmentation du nombre d'emplois à temps partiel et les augmentations salariales (qui ne suivent pas le taux d'inflation) au sein du secteur public ont eu de graves répercussions sur nos revenus.

Si l'on tient également compte des défis à relever au niveau de la technologie et de l'évolution sociale et démographique, ainsi que de deux décennies de coupures et restructuration au sein du secteur public, les cotisations qui nous permettaient de fonctionner alors ne nous le permettent plus aujourd'hui. En raison d'années d'attaques, de pressions et d'exigences de la droite, nous exploitons désormais avec un déficit et plongeons dans notre marge de crédit chaque mois (et n'oublions pas les intérêts élevés que de telles pratiques nous coûtent). Cela ne fait guère de sens, mais c'est toutefois ce que nous nous trouvons à devoir faire depuis quelque temps.

Le Conseil exécutif a adopté une motion afin de soumettre aux délégués au Congrès 2012 une proposition d'augmentation temporaire de 0,125 pour cent pendant deux ans. Cette augmentation ferait passer notre taux de cotisation actuel de 1,375 à 1,5 pour cent. Elle se traduirait par une augmentation hebdomadaire de la cotisation d'environ 1,15 $ sur le salaire moyen d'un membre du SEFPO. Malgré cela, ce taux serait toujours un des plus bas de tous les syndicats, malgré la multitude de services que nous offrons à nos membres.

Lorsque j'ai été élu 1er vice-président/trésorier, j'ai promis que les finances du SEFPO seraient sous contrôle et que l'argent serait dépensé pour les membres. Depuis avril dernier, c'est exactement ce dont je me suis assuré, en collaboration avec le personnel et en tenant compte des motions adoptées au niveau du Conseil exécutif et des recommandations des membres du Conseil. Ce qui est sûr, c'est que nous ne pouvons plus fonctionner comme avant au SEFPO avec le revenu actuel. Nous avons coupé certains budgets et réduit les coûts là où nous pouvions le faire, et il est possible que nous devions faire encore d'autres réductions, suivant ce que le Conseil exécutif décidera après son examen du budget. Toutefois, je suis certain que, contrairement au gouvernement de l'Ontario, nos dirigeants ne veulent PAS couper sur les services essentiels offerts à nos membres.

Grâce à cette augmentation temporaire des cotisations, nous pourrons accomplir de nombreuses choses. Pendant ces deux prochaines années, nous pourrons cesser de jouer aux chaises musicales parce que nous sommes dans le rouge chaque mois. Nous serons ainsi en mesure de restreindre l'usage de notre marge de crédit et la pratique de transférer de l'argent d'un compte à l'autre (p. ex., du fonds de grève au compte d'exploitation) pour couvrir nos frais, puis rembourser cet argent plus tard avec grande difficulté. Cette augmentation nous permettra d'avoir les ressources nécessaires à la défense de nos droits. En tant que syndicat, nous continuerons également d'assumer nos responsabilités relatives à la négociation, à l'équité salariale, à notre projet de cartographie sociale et profil d'équité, au versement des remises aux sections locales et à l'évolution des technologies et possibilités de communication. Plus important encore, nous pourrons organiser les campagnes d'anti-privatisation et communautaires que VOUS nous avez demandé d’organiser et qui ont été approuvées par le Conseil exécutif.

Cette augmentation temporaire pourrait également nous permettre d'augmenter le montant transféré au fonds de grève en ajoutant 10 pour cent des fonds supplémentaires reçus, et d'améliorer notre programme de formation pour les activistes en augmentant le transfert de cotisations de 5 pour cent des fonds additionnels reçus.

La décision d'augmenter les cotisations, même si cette augmentation est temporaire, n'est jamais facile à prendre. À notre rôle de travailleurs du secteur public, nous avons été et continuons d'être constamment attaqués et accusés de ne pas souffrir autant que les travailleurs du secteur privé. Je sais que vous devez déjà essayer de joindre les deux bouts chaque mois avec votre salaire actuel. Je n'ai malheureusement pas pu vous promettre, lorsque j'ai prêté serment, de prendre des décisions faciles ou de recommander des choses qui plairaient à tout le monde. Mon serment consistait à prendre soin des finances de ce syndicat, de façon à vous permettre de recevoir ce qu'il y a de mieux de votre syndicat et à pouvoir continuer d'avancer ensemble. Cette augmentation nous permettra de faire tout cela. La majorité des membres du Conseil exécutif est d'avis qu'il est temps d'en parler et de prendre une décision à cet effet.

Alors, parlons-en. À l'occasion du Congrès 2012 du SEFPO, la décision définitive sera celle des délégués. Nous déciderons, de façon démocratique, quelle voie le SEFPO devrait emprunter. Quelle que soit votre position sur cette recommandation, nous respecterons vos opinions. Je crois savoir ce que les membres du SEFPO veulent, puisque c'est ce que je veux moi-même… une représentation optimale et des services de qualité supérieure, qui nous permettent d'en avoir pour notre argent. C'est pour cela que vous avez voté pour moi et, avec votre soutien, c'est ce que j'accomplirai.

Solidairement,

Eduardo (Eddy) Almeida
Premier vice-président et trésorier du SEFPO

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