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Combien y a-t-il de « P » dans McGuinty?

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Pour rendre hommage à Sesame Street, les mots suivants vous sont apportés par la lettre « P ». C'est « P » pour pensions, « P » pour prorogation et, par-dessus tout, « P » pour politique. Et nous en avons vu des vertes et des pas mûres ces dernières semaines!

Le premier « P » était pour pensions.Les pensions du secteur public sont au premier plan des attaques acharnées de la droite. Nous avons entendu le mot d'ordre : « Les familles ordinaires n'ont pas de pension, alors pourquoi nos bureaucrates paresseux devraient-ils en avoir une qui soit plaquée or? »

La réponse est simple. Les pensions des fonctionnaires sortent en fait de leur rémunération. Au lieu que cet argent leur soit versé sous forme de rémunération, il est versé dans un régime de retraite négocié. C'est pourquoi les salaires à la fonction publique ne sont pas aussi élevés que bien des gens le pensent. Les membres du SEFPO gagnent en moyenne 45 000 $ par année.  Décent, oui – plaqué or, loin de là!

Après 35 ans de service, la pension moyenne d'un fonctionnaire se monte à environ 30 000 $ par année. Les pensions ne sont un cadeau ni de l'employeur ni des contribuables. Ce ne sont pas des boulets pour l'économie. Elles ne sont pas plaquées or.

Les travailleurs du secteur public ont des familles. Ils paient des impôts. Ils achètent des biens et des services dans la communauté. Ils occupent aussi certains des emplois parmi les plus difficiles qui soient.

Il est important de noter que des milliers de membres du SEFPO n'ont pas de pension. Lorsqu'on propose un régime de retraite à la table des négociations, l'employeur dit non, refusant à ses employés de vivre leur retraite en toute dignité. De nombreux employeurs considèrent leurs employés comme des fardeaux plutôt que comme des éléments d'actif. Les travailleurs ne sont qu'une autre « marchandise » nécessaire à la production. Afin d'accroître les profits, il est préférable de les pomper jusqu'à la dernière goutte d'énergie pour les réduire à la pauvreté à l'âge de la retraite. Les profits et les salaires que touchent les cadres l'emportent sur les intérêts des travailleurs à chaque fois.

Pour illustrer les attaques courantes, je mentionnerai le nouveau projet de loi d'exécution du budget fédéral des conservateurs. Dissimulée dans une disposition qui exige des députés qu'ils paient une part plus importante de leurs pensions, elles plaquées or, se trouve une disposition qui force les employés fédéraux nouvellement embauchés à travailler jusqu'à l'âge de 65 ans, résultant en une augmentation de leur part des cotisations de retraite. Ceci revient à parler d'un régime de retraite à deux niveaux.

Cette attaque honteuse sur les pensions s'accompagne de la force brute du pouvoir de faire des lois. Tandis que les profits des entreprises atteignent des apogées et que les entreprises gardent leurs avoirs bien au chaud dans leurs comptes de banque, le gouvernement planifie des attaques contre ceux et celles qui travaillent pour bâtir des communautés sûres et une société civile. Comme de nombreux Canadiens aujourd'hui, les générations précédentes avaient reconnu que les pensions étaient un programme national qui permettrait à des millions de personnes de ne pas vivre dans la pauvreté à la retraite. Pourtant, aujourd'hui, d'un coup de plume du Gouverneur général sur ce projet de loi d'exécution du budget, on retourne en arrière.

Le « P » suivant est pour prorogation. En muselant le parlement, l'opposition perd son droit à la parole. Dans les syndicats, nous savons qui attaque qui pendant un lockout. L'Ontario du 21e siècle se rapproche davantage d'un passé distant, alors que le baron local remontait le pont-levis de son château chaque fois qu'il voyait les paysans s'agiter. Nous avons aujourd'hui un premier ministre qui, malgré qu'il conserve ses pouvoirs et son salaire, refuse de faire son travail. 

Il n'est toutefois pas tout à fait endormi. Son gouvernement continue de distribuer des avis de renvoi aux excellents travailleurs de première ligne du secteur public, affirmant dans le même souffle vouloir protéger les services publics.

Il a même l'audace de dire que les syndicats sont responsables de la prorogation. Pardon? Monsieur le premier ministre, les membres du SEFPO vont au travail chaque jour. Ils protègent nos communautés et fournissent les services publics dont nous avons tant besoin. Tout ce qu'ils veulent, c'est exercer leur droit de négocier des conditions d'emploi équitables, un contrat à la fois. Je vous suggère d'en faire de même.

Cette stratégie de blâmer les syndicats pour la prorogation de la législature fait le jeu des conservateurs de Hudak. Sans substance réelle dans ses documents de politique, Hudak pourra proclamer que les syndicats sont si puissants qu'ils ont causé la fermeture de Queen's Park. Mais rien n'est plus faux!

Enfin, nous avons le dernier « P », pour politique. Les libéraux ont de gros problèmes. Ils sont la réplique même de la mauvaise gestion. Ils puent la corruption. Ils n'ont pas réussi à garder la confiance des gens qui les ont élus. En démissionnant, le premier ministre court se cacher dans son château et remonte le pont-levis. Avec une motion de censure proche, il n'avait nulle part d'autre où aller se réfugier.

Les syndicats n'ont pas prorogé le parlement, pas plus qu'ils n'ont causé la crise financière de 2008. Les syndicats continueront de lutter pour les pensions et une retraite digne pour les travailleurs de l'Ontario. Les syndicats continueront aussi de lutter pour nos droits démocratiques, y compris le droit à la libre négociation collective; le droit d'avoir un gouvernement qui puisse être tenu responsable à la législature; notre droit de participer à une économie qui ne vole pas un groupe pour en enrichir un autre; et le droit à un Ontario qui soit prospère, juste et équitable.

En dépit des efforts politiques que déploie notre gouvernement pour blâmer les syndicats pour tout ce qui ne va pas, nous ne baisserons pas les bras. Pour ce qui est de McGuinty et de son gouvernement libéral, j'ai un dernier « P ».  Et ce « P », c’est pour pitoyable.

Solidairement,

Eddy

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