Comment financer les travaux publics

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Chers amis,

Il semblerait qu’emprunter est revenu à la mode!

Le succès de Justin Trudeau aux urnes cette semaine a montré que les Canadiens n’ont pas peur d’emprunter de l’argent pour construire le pays. Nous avons besoin d’améliorer les transports en commun et nous avons besoin d’éléments d’infrastructure essentiels, et nous en avons besoin maintenant. Ainsi, et c’est normal, si on n’a pas l’argent aujourd’hui, nous devons l’emprunter.

C’est logique, et plus particulièrement à un moment où les taux d’intérêt sont si bas. Tant que notre régime fiscal recueille suffisamment d’impôts de la nouvelle croissance que nous apporte cette infrastructure, rembourser cette dette ne devrait créer aucun problème.

Mais il y a quelque chose d’autre que Monsieur Trudeau peut faire pour construire le pays et veiller à la solidité de nos finances.

Il y a longtemps, un pays brisé et pauvre appelé le Canada a échappé aux sables mouvants de la Grande dépression en mettant toute son énergie dans la Seconde Guerre mondiale. Pendant la guerre, le Canada a construit 12 millions de véhicules militaires et des centaines de navires. Nous avons équipé un million d’hommes et de femmes en uniforme et nous sommes joints à l’invasion de l’Europe.

Comment un pays pauvre comme nous l’étions a-t-il réussi à faire tout ça? Après tout, nous n’avions pas d’argent. C’est simple. Nous avons emprunté à notre propre banque, la Banque du Canada.

Comme toute autre banque, la Banque du Canada « crée » de l’argent lorsqu’elle crée des prêts. Et elle peut établir ses propres taux d’intérêt. En vertu de la Loi sur la Banque du Canada, la Banque peut prêter au gouvernement fédéral jusqu’à un tiers de ses recettes estimatives pour l’année. Elle peut prêter aux provinces jusqu’à un quart de leurs recettes estimatives pour l’année.

Nous n’avons pas à payer les taux d’intérêt du secteur privé sur la dette publique. Nous pouvons charger autant ou aussi peu que nous le désirons.

C’est ce que nous avions l’habitude de faire en tout cas. C’est comme ça que nous avons rebâti notre pays, après la guerre.

Puis, en 1974, le gouvernement du Canada a décidé d’arrêter d’emprunter de l’argent de la Banque du Canada. (Le Premier ministre à l’époque était un dénommé Pierre Trudeau.) À partir de là, nos gouvernements n’ont emprunté qu’auprès de prêteurs privés. Et ces prêts nous ont coûté des centaines de milliards de dollars en intérêts au fil des décennies.

Ici en Ontario, notre vérificatrice générale nous a montré comment les gouvernements ont réussi à gaspiller les deniers publics en payant les taux d’intérêt du secteur privé pour des travaux publics. Le gouvernement peut emprunter pour moins, même sur les marchés privés, mais la différence c’est que si nous empruntions auprès de la Banque du Canada, nous ne paierions pratiquement rien.

Ici en Ontario, la première ministre Kathleen Wynne veut vendre Hydro One, un atout stratégique, parce qu’elle a besoin d’argent pour améliorer les transports en commun et construire des routes et des ponts. Toutefois, on sait bien qu’une seule injection de capitaux ne suffira pas. Chaque fois qu’on privatise des biens dont notre société a besoin, nous finissons par payer la gourmandise des entreprises. Ce dont nous avons besoin, c’est d’un financement stable à long terme. Et Justin, le bon ami de Kathleen Wynne, est dans une position idéale pour nous aider à l’obtenir.

Solidairement,

Eduardo (Eddy) Almeida
Premier vice-président/trésorier, Syndicat des employés de la fonction publique de l'Ontario

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