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Il est temps d'arrêter de mettre l'argent public dans les poches du privé

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Chers amis,

Le ministre des Finances et moi avons quelque chose en commun.

Il assume la même responsabilité envers les Canadiens que j'assume envers les membres du SEFPO. Nous sommes tous deux responsables de l’argent d’autres personnes. Et nous sommes tous deux censés dépenser cet argent judicieusement afin de répondre aux besoins de ceux et celles pour qui nous travaillons.

Ainsi, j’ai été choqué à l’écoute, il y a quelques jours, de la mise à jour financière d’automne de Bill Morneau. Au lieu de nous dire comment il avait l’intention de répondre aux besoins de tous les Canadiens, le ministre a annoncé l’établissement d’une banque d’infrastructure de 200 milliards de dollars qui n’investirait que dans des partenariats public-privé, également appelés P3.

Les P3 n’aident pas les Canadiens. Tout ce qu’ils font, c’est de verser des milliards de dollars directement dans les poches de riches investisseurs privés.

Ici en Ontario, nous savons exactement pourquoi les P3 et les projets de privatisation sont malavisés. Il suffit de lire dans le rapport 2014 de la vérificatrice générale que nous avons déjà dépensé un excédent de plus de 8 milliards de dollars pour financer des profits privés dans le cadre de projets publics sous forme de P3. Et il nous suffit de regarder l’Autoroute 407 et ses taux de péage montés en flèche ou encore les travailleurs chez Waypoint mis en danger chaque jour en raison des défauts de conception de ce lamentable fiasco (un autre P3) pour voir à quel point le public doit payer le prix chaque fois que le secteur privé s’implique.

Ce n’est pas sorcier! En fait, ce sont des calculs tout simples, qu’un ministre des Finances devrait savoir faire. Les obligations d’État, que nous utilisions autrefois pour payer des choses comme les infrastructures, sont aujourd’hui à des niveaux historiquement bas. Actuellement, le gouvernement fédéral accorde des taux d’intérêt d'environ 0,7 pour cent sur une obligation de cinq ans. De leur côté, les riches investisseurs parlent déjà d’un rendement de 7 à 9 pour cent avec ce nouveau stratagème.

Ce n'est pas difficile de comprendre pourquoi les riches investisseurs se réjouissent à l’idée de ce projet… Ils s’attendent à gagner dix fois plus! On parle ici de milliards de dollars de plus, chaque année. Ma question est la suivante, pourquoi notre ministre des Finances voudrait-il payer tous ces milliards?

Si les riches sont si désespérés d'investir dans les infrastructures, pourquoi n’achètent-ils pas des Obligations d'épargne du Canada? Au lieu de cela, avec un tel stratagème, ce sont les Canadiens qui devront payer les milliards de dollars de profits des investisseurs, qu’ils soient directement prélevés sous forme d’impôts ou qu’ils le soient sous forme de frais d’utilisateurs et d’augmentations des tarifs pour ceux et celles qui utilisent les services.

Je me demande pourquoi le ministre des Finances semble tellement emballé par ce projet?

En écoutant les nouvelles, j’ai l’estomac qui se noue et je sais pourquoi. Et c’est parce que partout où va Monsieur Morneau, il tient des rencontres à huis clos avec ses anciens potes, des PDG et des lobbyistes d’entreprise, entre autres. On dirait bien que quand on est branché et quand on peut payer le prix du couvert, on bénéficie d’un accès tout spécial au ministre des Finances pour lui remettre notre liste de souhaits.

Et ses décisions les plus récentes, qui sont en fait la feuille de route des libéraux tant au fédéral qu’au provincial, semblent bien vouloir donner suite à ces listes de souhaits.

J’espère me tromper bien sûr. J’espère qu’il n’a tout simplement pas encore examiné ces chiffres de près et que quand il s’apercevra du prix que coûtera ce projet public-privé (P3) aux Canadiens, il changera d’avis.

Mais s’il ne change pas d’avis, et s’il oublie qu’il travaille pour tous les Canadiens, pas simplement pour ceux et celles qui ont les moyens de payer le « prix d’entrée », nous devrons le lui rappeler.

Les dollars qu’il gère sont des deniers publics. Ils sont à moi, ils sont à vous, ils sont à nous. Et ils sont là pour répondre aux besoins du public, pas pour remplir des poches privées.

Solidairement,

Eduardo (Eddy) Almeida
Premier vice-président/trésorier, Syndicat des employés de la fonction publique de l'Ontario

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