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Prendre à l'un pour donner à l'autre

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Dans mes six années au poste de premier vice-président/trésorier du SEFPO, j’ai appris une ou deux choses à propos des placements et des dépenses. Il arrive que de petits investissements soient très avantageux dans le long terme.

Et c’est ce que de nouvelles recherches démontrent sur l’investissement dans les services sociaux.

Réitérant ce que les membres des services sociaux du SEFPO disent depuis des années, une recherche effectuée par des professeurs de l’Université de Calgary révèle que si nous investissons même un petit peu plus dans les services sociaux, nous serons tous et toutes en meilleure santé et vivrons plus longtemps.

Je suis tout à fait d’accord avec ça, et je suis heureux de voir qu’une partie de cette recherche retienne autant l'attention.

Malheureusement, cette recherche ne fait bien que la moitié du travail!

Après avoir dit aux gouvernements d’investir davantage dans les services sociaux, ce qui est superbe,  les chercheurs leur recommandent de réduire l’investissement dans les soins de santé.

Quoi?!!

Les auteurs n’ont de toute évidence pas eu l’occasion de visiter un hôpital récemment. Parce que s’ils l’avaient fait, ils auraient remarqué que nous investissons déjà bien trop peu dans notre système des soins de santé. Réduire cet investissement est impensable.

Notre système des soins de santé est étiré à l'extrême limite.

Ici en Ontario, nous avons de longues listes d’attente pour les soins de longue durée et les soins à domicile. Et nos hôpitaux débordent, avec des patients restant plusieurs jours sur des couchettes dans les corridors. Le surpeuplement dans certains hôpitaux est si grave que les ambulanciers ne peuvent même pas y décharger leurs patients.

Les membres du SEFPO aux premières lignes des soins de santé se battent depuis des années pour faire en sorte que notre système des soins de santé reçoive l’investissement dont il a besoin. Et si nous ne faisons pas cet investissement, nous en souffrirons tous et toutes à long terme.

Ainsi, la dernière chose dont nous avons besoin, ce sont des suggestions de réduction de l’investissement dans les soins de santé. Ce serait prendre à l’un pour donner à l’autre.

Si l’on retourne à l'essentiel de cette recherche, quelles conclusions les chercheurs ont-ils tiré d’une augmentation même d’un faible pourcentage de l’investissement dans les services sociaux?

Ils ont découvert que nous en bénéficierions tous et toutes : tandis que les décès évitables pourraient baisser de jusqu’à trois pour cent, notre espérance de vie moyenne augmenterait de jusqu’à cinq pour cent.

Et tandis que les chercheurs ne se sont pas penchés spécifiquement sur notre système correctionnel, je suis certain qu’en investissant davantage dans les services sociaux, nous contribuerions à atténuer la crise dans nos établissements pénitentiaires.

Je suis agent correctionnel de métier et je ne peux vous dire combien de fois j’ai quitté un détenu sans penser que s’il avait eu un peu d’aide et de soutien, sa vie aurait pu être très différente, peut-être même bien meilleure.

Ainsi, je suis heureux que cette étude plaide en faveur d’une augmentation de l’investissement dans les services sociaux. Nous vivrons tous et toutes plus longtemps et en meilleure santé.

Toutefois, nous devons nous élever contre la suggestion de ces mêmes chercheurs de réduire notre investissement dans les soins de santé. C’est un discours d’austérité absurde qui ne fera qu’aggraver notre situation.

Solidairement,

Eduardo (Eddy) Almeida
Premier vice-président/trésorier, Syndicat des employés de la fonction publique de l'Ontario

@OPSEUEddy

https://www.facebook.com/OPSEUEddy/