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C'est la fête du Travail, défendons les ouvriers agricoles temporaires

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Comme tout le monde, j’aime mettre du ketchup sur mon hotdog. Mais quand je songe aux conditions dans lesquelles vivent les ouvriers temporaires étrangers qui produisent les tomates qui sont dans mon ketchup, un goût désagréable s’installe dans ma bouche.

Ces hommes et ces femmes qui participent au Programme des travailleurs agricoles saisonniers (PTAS) ajoutent 45 000 travailleurs à la main-d'œuvre canadienne chaque année. On les conduit au Canada, beaucoup en Ontario, pour quatre à neuf mois à la fois, puis on les renvoie chez eux, au Mexique ou dans les Caraïbes. Ils font un travail éreintant dans les champs canadiens et nous servent une grande partie de nos fruits et légumes du pays. Mais en dépit de leur rôle crucial, ils ne sont protégés par aucune loi véritable. Ils ne bénéficient d’aucun des droits de base qu’un bon nombre d’entre nous prenons pour acquis. Ils travaillent souvent six jours par semaine et 10 heures par jour. Ils sont entassés dans des logements insalubres et la loi les empêche de se syndicaliser (ce qui pourrait les aider à se battre pour leurs droits). Pire encore, s’ils tombent malade ou se blessent au travail, leur employeur peut résilier leur contrat et les renvoyer chez eux où les soins de santé sont souvent loin d’égaler nos propres soins de santé. Des travailleurs ont perdu la vie en raison de cette politique.

Il est temps qu’on leur fasse justice. 2016 marque le cinquantième anniversaire du Programme des travailleurs agricoles saisonniers, qui a permis à des centaines de milliers de travailleurs du Mexique et des Caraïbes de trimer dans les champs canadiens. C’était censé être une solution temporaire pour répondre à un besoin du marché du travail de l’époque. Cinquante ans… c'est loin d’être temporaire! C’est égal combien de fois un travailleur vient au Canada pour travailler dans un champ. Les travailleurs viennent pour jusqu’à neuf mois par année, dans certains cas pendant 15 années. En dépit de cela, on ne les a jamais invités à rester ici, pas plus qu’on ne leur en a donné le droit. Et ils ne peuvent pas faire venir leurs familles. Nous prenons leur main-d'œuvre, et nous en avons apparemment besoin, mais nous ne leur donnons rien en retour, si ce n’est un salaire de misère.

J’ai grandi dans une ferme avec mes parents et mes trois frères. Le travail était pénible. Tandis que nos amis se baignaient dans le lac, allaient danser, faisaient ce que les jeunes font habituellement, nous quatre garçons travaillions dans les champs de notre père et parfois dans les champs de nos voisins. Mes parents n’embauchaient pas de travailleurs temporaires étrangers, mais certains de nos voisins le faisaient. Nous travaillions à leurs côtés. Cela semble faire une éternité de cela. Et ces travailleurs ne jouissent toujours pas même d’un minimum de droits du travail. C’est scandaleux!

Il est grand temps de prendre leur défense.

Je me souviens de notre frère Cesar Chavez, un ouvrier agricole latin transformé en militant pour les droits de l’homme pendant les années 1960, aux États-Unis. Il s’est battu avec acharnement contre les injustices faites aux ouvriers agricoles et a organisé avec succès des milliers de travailleurs, réussissant, en fin de compte, à apporter quelques améliorations aux conditions de travail. De nombreux travailleurs aujourd’hui font face aux mêmes difficultés que ces ouvriers agricoles avaient dans les années 1960.

Certains de nos frères et sœurs prennent des mesures ce mois-ci. La marche Harvesting Freedom (Récolte de la liberté), organisée par Justicia for Migrant Workers (J4MW), est une marche de 800 km, qui commence à Windsor le 4 septembre et s’arrête à Ottawa, avec des arrêts prévus à travers la province. Ils demanderont le statut d’immigrant permanent pour nos ouvriers agricoles étrangers. Il est à peu près temps que le gouvernement cesse d’essayer de réparer ce système discriminatoire qui refuse aux ouvriers agricoles étrangers leurs droits fondamentaux en tant que travailleurs.

Au SEFPO, nous sommes avec les marcheurs. En cette journée de la fête du Travail, rappelons-nous tous les travailleurs, y compris ceux et celles qui sont depuis trop longtemps temporaires, et tenons-nous aux côtés de ceux que le gouvernement et les employeurs ont empêchés de jouir des droits qui leur sont dus.

Solidairement,

Eddy Almeida
Vice-président/trésorier, SEFPO

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