Skip to content

Nous sommes des citoyens, pas juste des consommateurs

OPSEU Vice President Eddy Almeida
Share on facebook
Share on twitter
Share on email

La campagne électorale fédérale est officiellement lancée et tandis que les grands discours s’empilent, les Ontariens naviguent dans un océan de messages.

Il est facile de souscrire à l’individualisme égoïste qui se dissimule dans les messages électoraux. Plus d’argent dans vos poches peut vouloir dire que vous pourriez acheter davantage de choses, mais définitivement pas que vous pourriez améliorer votre qualité de vie. Les politiciens qui promettent quelques sous de plus essaient en fait de nous distraire de la réalité, qui se traduit par d’énormes réductions d’impôts pour les sociétés et par des coupures dévastatrices au niveau des services publics.

C’est comme le dit la chanson de Stompin’ Tom : « les consommateurs, qu’ils nous appellent, nous sommes les gens qui achètent » (traduction libre).

C’est exactement ainsi qu’Andrew Scheer et ses cousins provinciaux, comme Doug Ford, nous considèrent. Avant d’être des citoyens, nous sommes de simples consommateurs. Ils pensent pouvoir acheter nos votes en nous promettant quelques sous de plus et ils nous disent que réduire les impôts, les dépenses et la rémunération à la fonction publique, c’est bon pour nous, que ça stimulera la croissance économique.

Je crois qu’il est clair que l’expérience a raté. Nous perdons plus que nous gagnons.

Cela fait près de 20 ans que nous réduisons l’impôt des sociétés au Canada. Nous avons les taux d’impôts des sociétés parmi les plus faibles des pays du G8, même encore plus bas que la moyenne de l’OCDE. Nous avons aussi été témoins d’un quart de siècle de profondes coupures et de privatisations dans le secteur public.

Et qu’avons-nous obtenu pour? Certainement pas de investissements accrus et une croissance économique soutenue. Nous n’aurons pas plus parce que la vie devient plus abordable et équitable pour tous.

Et en même temps, nous observons des excédents de trésorerie de 700 milliards pour les sociétés. Contrairement à la propagande populaire, cet argent ne contribue ni à créer des emplois ni à stimuler l’économie, il reste simplement là à rien faire au sommet ou dans des comptes de banque étrangers, comme « argent mort ».

Et avec l’élection de Doug Ford, c’est un peu plus de la même chose en Ontario. Dans son premier budget, il a accordé 3,8 milliards de dollars de plus aux sociétés sous forme de réductions d’impôts. Ça se traduit par des revenus encore plus élevés pour les plus riches et par des réductions au niveau des services et des salaires pour le reste d’entre nous.

Mais éviscérer les services publics pour permettre aux sociétés d’engranger des millions de dollars ne vaut pas les miettes qu’on nous promet. Comme Stompin’ Tom l’a dit, « quelques déductions fiscales plus tard et nous finissons malgré tout dans le trou » (traduction libre).

« Nous nous faisons voler et nous en avons marre des gouvernements et soi-disant « groupes de réflexion » complices de cette escroquerie. Prenez l’Institut Fraser, par exemple, il est financé par des intérêts corporatifs afin de promouvoir des politiques publiques qui engraissent de richissimes donateurs.  C’est une mentalité de course à l’abîme en ce qui concerne les impôts, les dépenses et la rémunération des fonctionnaires, qui oppose la croissance économique à l’intérêt public.

Nous n’avons pas besoin d’une économie de confrontation (« nous c. eux »). Les travailleurs du secteur public ne vivent pas dans un univers économique différent. Ils forment souvent leur famille avec des travailleurs du secteur privé. Et lorsque les travailleurs et les familles gagnent plus, ils dépensent plus. Ce sont les bons emplois et non pas les réductions d’impôts qui soutiennent la croissance économique de notre province.

Les réductions d’impôts ne rendent pas la vie plus abordable et nous ne sommes pas juste des consommateurs qui cherchons à gagner quelques dollars supplémentaires. Nous sommes des citoyens qui voulons bâtir une économie et une société meilleures. Mais pour le faire, nous devons renverser le discours politique actuel.

L’Ontario n’est pas l’enfer fiscal qu’ils essaient de nous faire croire, et il est temps d’inverser les rôles de ceux qui demandent des réductions d’impôts, de dépenses et de salaires dans le secteur public. Il est temps d’accepter que les expériences réalisées au Canada avec des sociétés parasites et des services publics affamés ont échoué.

La solution consiste à taxer les gens de façon équitable et à faire des investissements judicieux. Notre économie prospère lorsque les gens ont de bons emplois et peuvent accéder à des services publics comme l’éducation et les soins de santé. Notre société prospère lorsque les gens sont traités comme de vrais citoyens plutôt que comme de simples consommateurs.

Nous avons un choix à faire; choisissons une vision solide pour un avenir meilleur, pas plus de la même chose.

Solidairement,

Eduardo (Eddy) Almeida
Premier vice-président/trésorier
Syndicat des employés de la fonction publique de l’Ontario
@OPSEUEddy

Afficher tous les messages du vice-président : de 2011 à aujourd’hui